Très vite, son talent a contraint Roberto Martínez à compter par douze. Parce que dans l'esprit du sélectionneur, Youri Tielemans est rapidement devenu trop grand pour n'être qu'un remplaçant, même si sa montée en puissance force le Catalan à mettre un titulaire sur le banc. Jamais sorti des raisonnements de Martínez, même quand il semblait s'être échoué sur le Rocher monégasque, le milieu de terrain change de dimension internationale quand sa trajectoire l'emmène sur la pelouse du King Power Stadium de Leicester.
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Très vite, son talent a contraint Roberto Martínez à compter par douze. Parce que dans l'esprit du sélectionneur, Youri Tielemans est rapidement devenu trop grand pour n'être qu'un remplaçant, même si sa montée en puissance force le Catalan à mettre un titulaire sur le banc. Jamais sorti des raisonnements de Martínez, même quand il semblait s'être échoué sur le Rocher monégasque, le milieu de terrain change de dimension internationale quand sa trajectoire l'emmène sur la pelouse du King Power Stadium de Leicester. En Angleterre, Youri Tielemans trouve un football à sa mesure. Loin des blocs fermés français, où l'espace entre les lignes est aussi rare que les prises de risques, la Premier League et son jeu supersonique ouvrent des brèches gigantesques à ceux qui ont encore le cerveau bien rempli quand les poumons sont vides. Le Belge est de ceux-là, et son association avec un Wilfred Ndidi, qui nettoie le rond central et lui rend des ballons propres, fait très vite des ravages dans le jeu imaginé par Brendan Rodgers. La position de Tielemans est un exercice d'équilibriste. Pas trop près du but adverse, parce que les espaces y sont plus rares et son manque de dribble y devient trop lisible. Pas trop loin non plus, parce que plein axe et à une vingtaine de mètres des filets, rares sont ceux qui ont plus de chances que lui de trouver la cible. Devenu le patron du jeu de Leicester, Youri Tielemans accroît aussi son importance dans celui des Diables. Souvent, il envoie Kevin De Bruyne un cran plus haut pour que le playmaker des Citizens puisse faire parler sa faculté hors normes à être décisif. Alors, Youri devient l'architecte. Plus bas quand il est associé à un Leander Dendoncker capable comme personne de faire le ménage entre les lignes, dans un costume plus offensif quand la protection de la défense et la première passe sont confiées à Axel Witsel. Tielemans est devenu l'arme parfaite de Roberto Martínez quand la Belgique assume le ballon en même temps que son football conquérant. Parce que dans le camp adverse, ses coups de pression sur la relance adverse sont de ceux qui font très souvent mouche. En bon enfant de l'école anderlechtoise, le Babyface Playmaker est bien plus à l'aise quand le jeu se déroule plus près du but adverse que du sien. Joueur le plus fréquemment éliminé par match chez les Foxes, le Diable rouge tire rarement son épingle du jeu dans les périodes où la Belgique subit l'audace adverse. En République tchèque comme face à l'Angleterre, Youri s'est parfois éteint quand la nation avait plusieurs incendies à contrôler aux abords de sa propre surface. Le propre d'un joueur taillé pour dominer. Ça tombe bien, ses Diables le font presque mieux que personne.