On se doutait que tu n'allais pas rester longtemps en Algérie, mais là, tu as fait fort : à peine trois mois. Et pour finir, tu as toi-même démissionné ou c'est la fédé qui t'a démissionné ?
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On se doutait que tu n'allais pas rester longtemps en Algérie, mais là, tu as fait fort : à peine trois mois. Et pour finir, tu as toi-même démissionné ou c'est la fédé qui t'a démissionné ?Que ce soir clair : j'ai décidé de partir. Et cette décision, je l'ai prise avant même le début de la Coupe d'Afrique. Dès que j'ai appris que le président de la Fédération ne se représenterait pas à l'élection, je savais que je ne resterais pas non plus. Le résultat de l'Algérie dans le tournoi n'aurait eu aucune incidence sur mes plans. Oui, en Belgique, on a écrit que j'avais été mis dehors. Ce serait plus simple de poser la question à la fédé algérienne ou à la presse là-bas. Le C4 de Georges Leekens, personne ne l'a vu parce qu'il n'existe pas !Tu avais peut-être le meilleur noyau de la CAN, mais au final, le héros blanc du tournoi, c'est Hugo Broos. Comment tu l'as vécu ?Le succès, ça se prépare ! Je suis arrivé à la tête d'une équipe en pleine reconstruction, il y avait eu plusieurs départs importants après la Coupe du monde au Brésil. Et justement, vu que l'Algérie avait fait un bon Mondial, les attentes étaient fortes. Mais je pourrais rappeler l'état de l'équipe et ses derniers résultats au moment où je l'ai reprise. Ce n'était pas du tout folichon, hein ! Et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils avaient décidé de changer d'entraîneur. On nous a bombardés favoris avant la CAN, et franchement, je ne comprenais pas. J'aurais dû fabriquer une machine de guerre en deux mois ? Je répète ce que j'ai dit lors de ma conférence de presse de présentation : je ne suis pas un magicien. La Coupe d'Afrique, tout le monde veut la gagner mais tout le monde ne la gagne pas ! Mon équipe n'était tout simplement pas prête. Hugo Broos a fait un super travail avec le Cameroun mais lui, il a eu du temps. Et je rappelle que c'est moi qui l'avais renseigné à la Fédération camerounaise... Ils m'avaient contacté mais j'estimais que je ne pouvais pas quitter Lokeren à ce moment-là.Tu seras encore en vie le jour où un pays africain jouera une finale de Coupe du monde ?C'est fort possible parce qu'ils font des progrès spectaculaires. J'ai travaillé trois fois en Afrique à des périodes différentes et je constate une évolution continue. Pour résumer, tout est de mieux en mieux organisé. Les influences extérieures qui minaient traditionnellement les sélections s'estompent petit à petit et l'encadrement progresse à tous les niveaux : scouting, médical, staffs,...Dès ton départ d'Algérie, on a écrit que c'était probablement la fin de ta carrière. Tu confirmes ?Absolument pas. Georges Leekens a encore faim, écris-le ! Je ne peux pas laisser les médias décider à ma place. Ça ferait sans doute plaisir à certaines personnes que ce soit fini pour moi, je vise ici quelques journalistes flamands. Mais non, j'en veux encore. Et ça fait longtemps que je ne tiens plus compte de toutes les choses ridicules qu'on écrit sur moi. J'avance, je prends mes décisions, j'en ai pris une vingtaine depuis que j'entraîne et il n'y en a qu'une ou deux que je regrette, comme celle d'avoir quitté les Diables pour retourner à Bruges. Ça représente un taux d'erreur d'à peine 10%, je trouve que ce n'est pas mal.Dans la presse de la semaine passée, tu as donné des conseils à Marc Wilmots pour qu'il réussisse en Côte d'Ivoire. Il y en a qui ont bien rigolé...Mais non ! Je ne me suis pas permis de lui donner des conseils. Simplement, on m'a demandé de commenter son choix et j'ai dit qu'il avait bien fait d'accepter. C'est un pays francophone et un chouette défi. Je peux me permettre de le dire, quand même ?... Il envisage de prendre contact avec Yaya Touré pour le ramener en sélection, là-dessus aussi, je peux m'exprimer ?... Moi aussi j'ai rappelé des anciens en équipe nationale et ça a très bien marché. Je pense à Franky Van der Elst et à Timmy Simons. Tu te souviens ?Par Pierre Danvoye