Le feuilleton s'est étalé tout au long du dernier été. Il a finalement abouti, le 21 août et après un 7/12 initial, à l'arrivée en prêt de Christian Kouamé. Le dévoreur de profondeur ivoirien est évalué à 8,5 millions d'euros sur Transfermarkt. Soit un demi-million de plus que Joshua Zirkzee, le Néerlandais du Bayern qui a posé ses valises à Neerpede un peu moins de trois semaines plus tôt. Des chiffres qui privent Anderlecht de toute possibilité d'envisager un transfert définitif. Comme avec Lukas Nmecha un an plus tôt, les Mauves se sont donc résolus à travailler "pour les autres", en augmentant la valeur marchande d'un joueur dont ils ne tireront pas d'autre profit que sa plus-value sportive momentanée.

Contrairement à la saison précédente, pourtant, le plan initial était différent. Depuis les premiers rayons de l'été, Peter Verbeke avait fait passer le mot à son réseau d'agents de confiance: Anderlecht disposait d'une enveloppe de cinq millions d'euros pour trouver son nouveau numéro 9. Très vite, des pistes nationales se développent. Elles mènent à Yuma Suzuki, séduit par Vincent Kompany mais désireux de changer de territoire, ou à un Thomas Henry que le coach mauve juge insuffisant. À l'étranger, il y a encore Janis Antiste, jeune talent français de Toulouse qui prend finalement la direction du Calcio. Tous ont en commun de ne pas complètement convaincre le coach du Sporting, qu'on dit alors particulièrement pointilleux sur la spécificité des profils recherchés. Avec des exigences minimales qui dépassent, parfois allégrement, les ressources maximales du portefeuille mauve.

En récupérant le fauteuil de CEO, siège particulièrement éjectable ces dernières années, Peter Verbeke tire la sonnette d'alarme en brandissant les chiffres rouges: plus de 60 millions de pertes cumulées sur les trois derniers exercices comptables. Si la générosité de Marc Coucke maintient le navire à flots, hors de question pour le nouveau management bruxellois de compter sur de telles injections récurrentes venues du propriétaire. La ligne de conduite est claire. "Dans le football, on ne doit jamais dépenser de l'argent qu'on n'a pas", résume Peter Verbeke dans nos colonnes en février dernier. Une maxime simple, mais souvent battue en brèche par des présidents qui font sauter la banque en misant sur un retour sur investissement incertain, comme un transfert sortant ou une qualification européenne. Cet été encore, la barre aurait donc été fixée à cinq millions pour le gros transfert offensif du mercato.

Réaliste dans les bureaux, cette évolution d'Anderlecht se met à ressembler à une bride pour un Vincent Kompany de plus en plus ambitieux. Le discours de l'entraîneur change, passant des compliments répétés pour le modèle mauve et l'évolution des jeunes à des plaintes sur le manque de moyens pour lutter face à la concurrence de Bruges ou de l'Antwerp. Le coach qui réclamait sans cesse de la patience aurait fini par perdre la sienne.

Est-ce pour autant la fin de la remontée mauve ? Le focus vers Neerpede, lancé par Marc Coucke lors de sa grande foire aux contrats quand onze jeunes joueurs avaient signé au printemps 2018, devrait se poursuivre par la suite. Un coup d'oeil vers les chiffres apprend d'ailleurs qu'en trois saisons, Kompany a lancé treize joueurs formés à Anderlecht dans le grand bain professionnel, dont quatre qui ne comptent qu'une apparition (Sadiki et Duranville lors de son dernier match, El Kababri et Lutonda pour son premier). En quatorze mois, Hein Vanhaezebrouck en avait fait débuter dix, avec le seul Azevedo limité à une apparition.

Tout est toujours une question de point de vue. Celui de Kompany était peut-être que le Sporting ne grandissait pas assez vite à son goût. Patience et ambition ne font pas toujours bon ménage.

Le feuilleton s'est étalé tout au long du dernier été. Il a finalement abouti, le 21 août et après un 7/12 initial, à l'arrivée en prêt de Christian Kouamé. Le dévoreur de profondeur ivoirien est évalué à 8,5 millions d'euros sur Transfermarkt. Soit un demi-million de plus que Joshua Zirkzee, le Néerlandais du Bayern qui a posé ses valises à Neerpede un peu moins de trois semaines plus tôt. Des chiffres qui privent Anderlecht de toute possibilité d'envisager un transfert définitif. Comme avec Lukas Nmecha un an plus tôt, les Mauves se sont donc résolus à travailler "pour les autres", en augmentant la valeur marchande d'un joueur dont ils ne tireront pas d'autre profit que sa plus-value sportive momentanée.Contrairement à la saison précédente, pourtant, le plan initial était différent. Depuis les premiers rayons de l'été, Peter Verbeke avait fait passer le mot à son réseau d'agents de confiance: Anderlecht disposait d'une enveloppe de cinq millions d'euros pour trouver son nouveau numéro 9. Très vite, des pistes nationales se développent. Elles mènent à Yuma Suzuki, séduit par Vincent Kompany mais désireux de changer de territoire, ou à un Thomas Henry que le coach mauve juge insuffisant. À l'étranger, il y a encore Janis Antiste, jeune talent français de Toulouse qui prend finalement la direction du Calcio. Tous ont en commun de ne pas complètement convaincre le coach du Sporting, qu'on dit alors particulièrement pointilleux sur la spécificité des profils recherchés. Avec des exigences minimales qui dépassent, parfois allégrement, les ressources maximales du portefeuille mauve.En récupérant le fauteuil de CEO, siège particulièrement éjectable ces dernières années, Peter Verbeke tire la sonnette d'alarme en brandissant les chiffres rouges: plus de 60 millions de pertes cumulées sur les trois derniers exercices comptables. Si la générosité de Marc Coucke maintient le navire à flots, hors de question pour le nouveau management bruxellois de compter sur de telles injections récurrentes venues du propriétaire. La ligne de conduite est claire. "Dans le football, on ne doit jamais dépenser de l'argent qu'on n'a pas", résume Peter Verbeke dans nos colonnes en février dernier. Une maxime simple, mais souvent battue en brèche par des présidents qui font sauter la banque en misant sur un retour sur investissement incertain, comme un transfert sortant ou une qualification européenne. Cet été encore, la barre aurait donc été fixée à cinq millions pour le gros transfert offensif du mercato.Réaliste dans les bureaux, cette évolution d'Anderlecht se met à ressembler à une bride pour un Vincent Kompany de plus en plus ambitieux. Le discours de l'entraîneur change, passant des compliments répétés pour le modèle mauve et l'évolution des jeunes à des plaintes sur le manque de moyens pour lutter face à la concurrence de Bruges ou de l'Antwerp. Le coach qui réclamait sans cesse de la patience aurait fini par perdre la sienne.Est-ce pour autant la fin de la remontée mauve ? Le focus vers Neerpede, lancé par Marc Coucke lors de sa grande foire aux contrats quand onze jeunes joueurs avaient signé au printemps 2018, devrait se poursuivre par la suite. Un coup d'oeil vers les chiffres apprend d'ailleurs qu'en trois saisons, Kompany a lancé treize joueurs formés à Anderlecht dans le grand bain professionnel, dont quatre qui ne comptent qu'une apparition (Sadiki et Duranville lors de son dernier match, El Kababri et Lutonda pour son premier). En quatorze mois, Hein Vanhaezebrouck en avait fait débuter dix, avec le seul Azevedo limité à une apparition. Tout est toujours une question de point de vue. Celui de Kompany était peut-être que le Sporting ne grandissait pas assez vite à son goût. Patience et ambition ne font pas toujours bon ménage.