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Estimes-tu avoir réussi à l'Ajax?

VIKTOR FISCHER: Oui. Je me rappelle de tous les bons moments. On me dit souvent que j'ai été décevant et dans ce cas, on ne peut trouver de grand club. Du point de vue de l'Ajax, on n'est bon que si on est un Wesley Sneijder ou un Frenkie de Jong mais moi, j'appréhende les choses d'un point de vue humain et sept ans plus tard, je suis beaucoup plus mûr. J'ai appris à gérer une blessure qui a traîné quatorze mois. C'est long, à 19 ans. Je me suis beaucoup entraîné à la gym mais le football se joue dehors, sur le terrain. Cette période m'a obligé à évoluer.

As-tu été en proie au doute?

FISCHER: Oui, un moment donné. J'ai vécu au jour le jour. Penser au mois suivant n'avait pas de sens puisque je n'aurais pas pu jouer. J'étais sans doute trop jeune pour avoir une blessure comme ça mais si elle s'était produite à trente ans, je ne serais peut-être jamais revenu.

Retourner à Copenhague à 24 ans a dû être décevant ?

FISCHER: C'est à la fois le choix le plus difficile et le plus beau. En signant à l'Ajax, j'avais cru ne plus jamais rejouer au Danemark mais à ce moment, je n'avais quasiment plus joué depuis un an. L'entraîneur m'a convaincu et a tenu parole. Puis je me suis blessé à la cheville. Six mois à l'infirmerie et à mon retour, je n'étais pas en forme. J'avais le choix: jouer en souffrant ou ne pas jouer en ayant quand même mal. J'ai décidé de jouer mais il m'a fallu beaucoup de temps pour redevenir moi-même. Ce fut la pire période de ma vie.

Eden Hazard vit la même chose au Real Madrid.

FISCHER: Je ne peux pas me comparer à Eden Hazard mais un footballeur créatif qui veut faire la différence doit se sentir libre de faire ce qu'il aime, sans devoir réfléchir. Or, dans cette situation, on réfléchit à tout: je ne peux pas pivoter à gauche, ça fait mal. Donc on va toujours à droite mais on devient prévisible. Je ne parvenais plus à pivoter, je ne pouvais plus contrôler le ballon avec un homme dans mon dos. C'était horrible.

Parce qu'on te juge sur tes aptitudes sans savoir que tu es diminué ?

FISCHER: Les gens comprennent que tu as été blessé pendant deux semaines, pas plus. Je l'ai expérimenté à Copenhague. J'étais bon mais pas assez. L'entraîneur, lui, a cru à moi jusqu'à son départ, mais les doutes des autres m'ont miné, même si j'ai évité de lire les journaux et les sites. Quand les gens parlent de ton ancien niveau, il vaut mieux que tu te taises et que tu travailles.

Eden Hazard en est à ce stade.

FISCHER: Tout qui connaît le football sait qu'il n'est pas à 100% mais il va retrouver son niveau. Au Real ou ailleurs, où il aura subitement un tout autre sentiment, comme moi à l'Antwerp. Je sens que je suis assez bon. Parfois, on est pris dans une spirale si longtemps qu'on n'en sort plus. Même si je marquais deux buts à Copenhague, on parlait de mon ancien niveau.

Estimes-tu avoir réussi à l'Ajax? VIKTOR FISCHER: Oui. Je me rappelle de tous les bons moments. On me dit souvent que j'ai été décevant et dans ce cas, on ne peut trouver de grand club. Du point de vue de l'Ajax, on n'est bon que si on est un Wesley Sneijder ou un Frenkie de Jong mais moi, j'appréhende les choses d'un point de vue humain et sept ans plus tard, je suis beaucoup plus mûr. J'ai appris à gérer une blessure qui a traîné quatorze mois. C'est long, à 19 ans. Je me suis beaucoup entraîné à la gym mais le football se joue dehors, sur le terrain. Cette période m'a obligé à évoluer. As-tu été en proie au doute?FISCHER: Oui, un moment donné. J'ai vécu au jour le jour. Penser au mois suivant n'avait pas de sens puisque je n'aurais pas pu jouer. J'étais sans doute trop jeune pour avoir une blessure comme ça mais si elle s'était produite à trente ans, je ne serais peut-être jamais revenu. Retourner à Copenhague à 24 ans a dû être décevant ?FISCHER: C'est à la fois le choix le plus difficile et le plus beau. En signant à l'Ajax, j'avais cru ne plus jamais rejouer au Danemark mais à ce moment, je n'avais quasiment plus joué depuis un an. L'entraîneur m'a convaincu et a tenu parole. Puis je me suis blessé à la cheville. Six mois à l'infirmerie et à mon retour, je n'étais pas en forme. J'avais le choix: jouer en souffrant ou ne pas jouer en ayant quand même mal. J'ai décidé de jouer mais il m'a fallu beaucoup de temps pour redevenir moi-même. Ce fut la pire période de ma vie. Eden Hazard vit la même chose au Real Madrid. FISCHER: Je ne peux pas me comparer à Eden Hazard mais un footballeur créatif qui veut faire la différence doit se sentir libre de faire ce qu'il aime, sans devoir réfléchir. Or, dans cette situation, on réfléchit à tout: je ne peux pas pivoter à gauche, ça fait mal. Donc on va toujours à droite mais on devient prévisible. Je ne parvenais plus à pivoter, je ne pouvais plus contrôler le ballon avec un homme dans mon dos. C'était horrible. Parce qu'on te juge sur tes aptitudes sans savoir que tu es diminué ?FISCHER: Les gens comprennent que tu as été blessé pendant deux semaines, pas plus. Je l'ai expérimenté à Copenhague. J'étais bon mais pas assez. L'entraîneur, lui, a cru à moi jusqu'à son départ, mais les doutes des autres m'ont miné, même si j'ai évité de lire les journaux et les sites. Quand les gens parlent de ton ancien niveau, il vaut mieux que tu te taises et que tu travailles.Eden Hazard en est à ce stade. FISCHER: Tout qui connaît le football sait qu'il n'est pas à 100% mais il va retrouver son niveau. Au Real ou ailleurs, où il aura subitement un tout autre sentiment, comme moi à l'Antwerp. Je sens que je suis assez bon. Parfois, on est pris dans une spirale si longtemps qu'on n'en sort plus. Même si je marquais deux buts à Copenhague, on parlait de mon ancien niveau.