Tu penses encore souvent à la saison 2014-2015, à Mouscron-Péruwelz, quand tu étais prêté avec Zinho Gano par le Club Bruges et que vous ne jouiez pas ? Depuis, tu es devenu international et ton ancien coéquipier est champion avec Genk.
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Tu penses encore souvent à la saison 2014-2015, à Mouscron-Péruwelz, quand tu étais prêté avec Zinho Gano par le Club Bruges et que vous ne jouiez pas ? Depuis, tu es devenu international et ton ancien coéquipier est champion avec Genk. Oui. Je réalise à quelle vitesse tout peut changer en football. Il ne faut jamais renoncer. C'est la leçon que j'ai tirée de la chose. Ça m'a ouvert les yeux. Je me farcissais des trajets de 120 kilomètres en voiture tout en sachant que je ne jouerais pas. On passe très vite d'un extrême à l'autre. Je vais bientôt me produire en Bundesliga et Zinho va découvrir la Ligue des Champions. Fantastique, hein ! Le manager général Michel Louwagie a déclaré avoir tenté à plusieurs reprises de te convaincre de rempiler, en vain. Michel ne m'a jamais contacté ni téléphoné personnellement pour discuter d'une prolongation ou d'une adaptation de contrat. Tout a traîné en longueur. Beaucoup trop. J'étais Diable Rouge, je jouais bien mais je ne recevais aucune proposition. Ça m'a déçu. J'espérais un signe mais il n'est jamais venu. En janvier, j'ai passé un mois sur le banc. J'ai pris ma décision. Ce transfert profite à toutes les parties : La Gantoise a reçu une jolie somme et je vais de l'avant sportivement et financièrement. Je n'ai reçu de signaux pour rester que quand l'intérêt de Cologne est devenu concret et que Watford ainsi que quelques équipes françaises m'ont suivi. Le quotidien Bild a annoncé que tu coûtais trois millions. Il s'attend à ce qu'avec ton énergie et en tant que Billig-Belgier (belge bon marché), tu maintiennes le club en Bundesliga. C'est la mission principale ? Oui. J'ai eu trois entretiens avec le directeur sportif Armin Veh et autant avec l'entraîneur, Achim Beierlorzer. Ils m'ont clairement signifié ce qu'ils attendaient de moi et ce qu'ils me trouvaient. Ça a été décisif car je voulais tout savoir à l'avance. Naturellement, on ne va pas lutter pour une place parmi les cinq premiers. On va devoir se battre pour assurer le maintien. Ils me voient plutôt comme un huit que comme un six qui ne joue que devant la défense. Ils voudraient que je surgisse plus souvent dans le rectangle. Veh me considère comme un joueur intelligent, dynamique, robuste, doté d'un bon passing. Il espère que je puisse apporter quelque chose pendant la totalité des matches, grâce à ma rage de vaincre. Ça me plaît. Un jeu soigné, des tirs précis. Je dois être prêt pour le football allemand, très exigeant physiquement. Je peux courir et j'aime les duels. Ça va être fantastique. Je me réjouis déjà. L'évolution positive de Benito Raman est un exemple à suivre pour toi ? Le Gantois de 24 ans va probablement quitter le Fortuna Düsseldorf, monté il y a un an, pour Schalke 04. Ce serait fantastique. Il est excellent. Mais je ne veux pas brûler les étapes. J'espère pouvoir manifester en Bundesliga mon principal atout, ma saine agressivité. Revenir en équipe nationale grâce à Cologne ne constitue pas une obsession, même si j'en ai envie. La Bundesliga va être un meilleur baromètre que le championnat de Belgique pour le sélectionneur. Avec tout mon respect. Tes mollets s'ornent de nombreux tatouages, qui symbolisent ta vie. Quelle en est la signification ? Il y en a un de ma grand-mère, décédée il y a huit ans. Elle me conduisait partout. Elle rêvait de me voir évoluer en D1 mais elle n'a pas vécu assez longtemps pour ça. Avec ce tatouage, je l'emmène aussi en Bundesliga. La famille est l'essentiel. C'est pour ça que j'ai fait tatouer le portrait de ma soeur. Enfin, à côté de ma date de naissance, j'ai laissé une place à Ostende, ma ville natale. Toutes ces choses ont un sens profond pour moi.