Où en est votre équipe? Elle entame un nouveau chapitre?

VANHAEZEBROUCK: Nouveau, c'est un grand mot car pas mal de gars sont toujours là, certains étaient même là au tout début. Il faut essayer d'intégrer les nouveaux. Le nouveau défi consiste à rester dans le groupe de tête sans les trois internationaux belges mais je m'y attendais, je ne suis jamais parti du principe qu'un seul d'entre eux resterait, même si la chance que Sven Kumsreste s'est présentée car il n'y avait pas beaucoup de mouvement.

Vous n'avez pas réussi à le convaincre?

VANHAEZEBROUCK: Je pouvais difficilement le retenir. J'ai tellement bien travaillé avec lui et il m'a tellement apporté que je ne pouvais pas lui refuser cette chance. Il avait le sentiment que c'était sa dernière chance. Moi, je me disais qu'il pouvait rester encore un an et qu'il aurait peut-être l'occasion d'aller ailleurs.

Lequel des trois a été le plus facile à remplacer?

VANHAEZEBROUCK: C'est très difficile à dire. En dehors de la personnalité et de la place du joueur qui s'en va, on est toujours dépendant des arrivées. Nous devions trouver un gardien pour remplacer Matz Sels et ce ne fut pas facile. Yannick Thoelen a progressé mais il n'est pas encore prêt à jouer une saison complète. C'était peut-être le plus grand risque car à ce poste, on ne peut pas se tromper. Pour Laurent Depoitre, nous avions une solution. Nous savions que nous pouvions compter sur Kalifa Coulibaly mais aussi que nous ne pouvions pas le laisser se débrouiller seul en pointe pendant un an. Le plus difficile à remplacer fut peut-être Sven. Nous avions deux jeunes mais ils n'étaient pas encore tout à fait prêts. C'est pourquoi nous avons transféré deux joueurs, d'autant que nous cherchions depuis longtemps une alternative pour le cas où nous devrions nous passer de Neto. Mais il n'était pas facile de trouver un joueur qui réunisse autant de qualités que Sven: un capitaine, un leader sur le terrain, un chef d'orchestre, un récupérateur, un joueur qui porte l'équipe et qui ne se cache pas dans les moments difficiles... Nous avons des jeunes qui possèdent certaines de ces qualités, un gars comme Anderson Esiti est très fort à la récupération. Reste à voir s'il pourra le faire lors de chaque match, deux fois par semaine comme Sven le faisait. Ibrahim Rabiu nous apporte de la créativité, il demande beaucoup de ballons. Mais il faudra que d'autres joueurs se révèlent car on ne peut pas attendre de Rob Schoofs, Hannes Van Der Bruggen, Rabiu ou Esiti qu'ils remplacent Kums à eux seuls. Ce n'est pas possible. A nous, dès lors, de faire les bons choix en fonction des rencontres. Les joueurs qui les entourent devront reprendre une partie des tâches de Sven: secouer l'équipe, prendre l'initiative. Je compte sur Nana Asare, Danijel Milicevic, Rami Gershon, Stefan Mitrovic. Des gars d'expérience. Car nous n'avons pas de véritable leader. Nous n'en avons jamais eu. Même Sven était plutôt du genre silencieux.

Après le titre, vous aviez conservé votre équipe-type. Comment vous y êtes-vous pris pour éviter une décompression identique à celle que connaît actuellement le Club Bruges?

VANHAEZEBROUCK: C'est un point que j'ai évoqué dès la première journée. J'ai ramené tout le monde les pieds sur terre de façon assez brutale. Ils étaient tous mes amis, je leur étais reconnaissant de m'avoir offert le titre mais c'était du passé. Nous avons commencé très fort, j'ai parlé de renouvellement. Physiquement, nous avons travaillé encore plus dur que l'année précédente. J'en avais parlé avec le préparateur mental. Les coaches de basket qui ont réussi disent toujours que le plus dur est de reprendre après un titre. Le moindre laisser-aller peut être fatal. Je dois féliciter le groupe qui a suivi le mouvement. Je leur ai dit qu'il n'avait pas encore atteint le sommet et cela s'est avéré exact car, en Champions League, ils ont encore haussé leur niveau. La Ligue des Champions est un incentive, elle permet d'être encore plus exigeant envers les gens mais il faut veiller à ce que les matches qui précèdent et qui suivent soient bons aussi.

Selon les médias, Weiler est un entraîneur plus audacieux. C'est bon qu'un étranger fasse souffler un vent nouveau?

VANHAEZEBROUCK: J'ai déjà réagi lorsque les Espagnols ont envahi notre football et l'ont réinventé. Je ne suis pas immédiatement le mouvement. Un coach prometteur mais sans palmarès débarque du jour au lendemain dans le plus grand club du pays. J'ai beaucoup de respect pour chacun mais de là à en faire tout un plat... Un Belge pourrait faire aussi bien. J'espère pour Anderlecht qu'il a fait le bon choix mais je ne vois pas pourquoi nos coaches devraient faire un complexe. Je pense qu'on apprécie trop peu notre travail en Belgique. Nous avons atteint une fois les huitièmes de finale de la Ligue des Champions et j'ai senti tout de suite que, dans d'autres pays, on voulait en savoir plus sur moi et sur notre football.

Par Frédéric Vanheule et Peter T'Kint

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Hein Vanhaezebrouck dans votre Sport/Foot Magazine

Où en est votre équipe? Elle entame un nouveau chapitre?VANHAEZEBROUCK: Nouveau, c'est un grand mot car pas mal de gars sont toujours là, certains étaient même là au tout début. Il faut essayer d'intégrer les nouveaux. Le nouveau défi consiste à rester dans le groupe de tête sans les trois internationaux belges mais je m'y attendais, je ne suis jamais parti du principe qu'un seul d'entre eux resterait, même si la chance que Sven Kumsreste s'est présentée car il n'y avait pas beaucoup de mouvement.Vous n'avez pas réussi à le convaincre?VANHAEZEBROUCK: Je pouvais difficilement le retenir. J'ai tellement bien travaillé avec lui et il m'a tellement apporté que je ne pouvais pas lui refuser cette chance. Il avait le sentiment que c'était sa dernière chance. Moi, je me disais qu'il pouvait rester encore un an et qu'il aurait peut-être l'occasion d'aller ailleurs.Lequel des trois a été le plus facile à remplacer?VANHAEZEBROUCK: C'est très difficile à dire. En dehors de la personnalité et de la place du joueur qui s'en va, on est toujours dépendant des arrivées. Nous devions trouver un gardien pour remplacer Matz Sels et ce ne fut pas facile. Yannick Thoelen a progressé mais il n'est pas encore prêt à jouer une saison complète. C'était peut-être le plus grand risque car à ce poste, on ne peut pas se tromper. Pour Laurent Depoitre, nous avions une solution. Nous savions que nous pouvions compter sur Kalifa Coulibaly mais aussi que nous ne pouvions pas le laisser se débrouiller seul en pointe pendant un an. Le plus difficile à remplacer fut peut-être Sven. Nous avions deux jeunes mais ils n'étaient pas encore tout à fait prêts. C'est pourquoi nous avons transféré deux joueurs, d'autant que nous cherchions depuis longtemps une alternative pour le cas où nous devrions nous passer de Neto. Mais il n'était pas facile de trouver un joueur qui réunisse autant de qualités que Sven: un capitaine, un leader sur le terrain, un chef d'orchestre, un récupérateur, un joueur qui porte l'équipe et qui ne se cache pas dans les moments difficiles... Nous avons des jeunes qui possèdent certaines de ces qualités, un gars comme Anderson Esiti est très fort à la récupération. Reste à voir s'il pourra le faire lors de chaque match, deux fois par semaine comme Sven le faisait. Ibrahim Rabiu nous apporte de la créativité, il demande beaucoup de ballons. Mais il faudra que d'autres joueurs se révèlent car on ne peut pas attendre de Rob Schoofs, Hannes Van Der Bruggen, Rabiu ou Esiti qu'ils remplacent Kums à eux seuls. Ce n'est pas possible. A nous, dès lors, de faire les bons choix en fonction des rencontres. Les joueurs qui les entourent devront reprendre une partie des tâches de Sven: secouer l'équipe, prendre l'initiative. Je compte sur Nana Asare, Danijel Milicevic, Rami Gershon, Stefan Mitrovic. Des gars d'expérience. Car nous n'avons pas de véritable leader. Nous n'en avons jamais eu. Même Sven était plutôt du genre silencieux.Après le titre, vous aviez conservé votre équipe-type. Comment vous y êtes-vous pris pour éviter une décompression identique à celle que connaît actuellement le Club Bruges?VANHAEZEBROUCK: C'est un point que j'ai évoqué dès la première journée. J'ai ramené tout le monde les pieds sur terre de façon assez brutale. Ils étaient tous mes amis, je leur étais reconnaissant de m'avoir offert le titre mais c'était du passé. Nous avons commencé très fort, j'ai parlé de renouvellement. Physiquement, nous avons travaillé encore plus dur que l'année précédente. J'en avais parlé avec le préparateur mental. Les coaches de basket qui ont réussi disent toujours que le plus dur est de reprendre après un titre. Le moindre laisser-aller peut être fatal. Je dois féliciter le groupe qui a suivi le mouvement. Je leur ai dit qu'il n'avait pas encore atteint le sommet et cela s'est avéré exact car, en Champions League, ils ont encore haussé leur niveau. La Ligue des Champions est un incentive, elle permet d'être encore plus exigeant envers les gens mais il faut veiller à ce que les matches qui précèdent et qui suivent soient bons aussi.Selon les médias, Weiler est un entraîneur plus audacieux. C'est bon qu'un étranger fasse souffler un vent nouveau?VANHAEZEBROUCK: J'ai déjà réagi lorsque les Espagnols ont envahi notre football et l'ont réinventé. Je ne suis pas immédiatement le mouvement. Un coach prometteur mais sans palmarès débarque du jour au lendemain dans le plus grand club du pays. J'ai beaucoup de respect pour chacun mais de là à en faire tout un plat... Un Belge pourrait faire aussi bien. J'espère pour Anderlecht qu'il a fait le bon choix mais je ne vois pas pourquoi nos coaches devraient faire un complexe. Je pense qu'on apprécie trop peu notre travail en Belgique. Nous avons atteint une fois les huitièmes de finale de la Ligue des Champions et j'ai senti tout de suite que, dans d'autres pays, on voulait en savoir plus sur moi et sur notre football.Par Frédéric Vanheule et Peter T'KintRetrouvez l'intégralité de l'interview de Hein Vanhaezebrouck dans votre Sport/Foot Magazine