Ruud Vormer, régulier toute une année et en forme olympique en novembre comme en décembre, personnifie le slogan du Club : No sweat, No glory. Sans sa blessure au pied, le Néerlandais serait même devenu international. La semaine passée, on a aussi parlé d' Anthony Limbombe, entré au jeu pour la Belgique, et de Dion Cools, le capitaine des U21 qui ont battu les Pays-Bas en match amical et la Hongrie pour l'EURO. L'un avait déjà reconduit son contrat, l'autre l'a imité vendredi. Tous se sont illustrés ces derniers mois.
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Ruud Vormer, régulier toute une année et en forme olympique en novembre comme en décembre, personnifie le slogan du Club : No sweat, No glory. Sans sa blessure au pied, le Néerlandais serait même devenu international. La semaine passée, on a aussi parlé d' Anthony Limbombe, entré au jeu pour la Belgique, et de Dion Cools, le capitaine des U21 qui ont battu les Pays-Bas en match amical et la Hongrie pour l'EURO. L'un avait déjà reconduit son contrat, l'autre l'a imité vendredi. Tous se sont illustrés ces derniers mois. Pourtant, c'est Hans Vanaken que Marc Degryse met en exergue. A 25 ans, le Limbourgeois effectue sa meilleure saison sous le maillot brugeois. Il peut en être récompensé par le titre et des points au premier tour du Soulier d'Or qu'il pourrait enlever s'il reste dans la Venise du Nord. Il n'est pas interdit de penser non plus qu'il pourrait entrer en ligne de compte chez les Diables si d'aventure l'un ou l'autre médian renonçait à l'équipe nationale, à l'issue du Mondial. Le Club est en tout cas convaincu que Vanaken est capable de rivaliser avec Kevin De Bruyne ou Axel Witsel, pour autant qu'il revoie ses ambitions. Aux yeux de Degryse, Vanaken est un des rares joueurs du championnat à mériter un gros transfert cet été. " A condition d'émerger en PO1 ", dit-il. A 25 ans, Vanaken ajoute volume, vista, expérience et puissance à la technique qu'il maîtrisait déjà. Il a déjà prouvé qu'il pouvait être performant en PO1. Lors du titre 2016, il a délivré quatre buts et autant d'assists lors de cette mini-compétition. La saison passée, il a inscrit trois buts durant la même période. Au total, il a déjà trouvé le chemin des filets à trois reprises contre Gand en PO1, deux fois contre Genk et une fois contre Anderlecht. Son entourage tente de relativiser ses statistiques, brillantes cette saison. Au début des PO1, Vanaken en était à neuf buts, dont deux sur penalty, et à neuf assists, alors que le danger surgit de partout au Club. La saison passée, PO compris, il avait inscrit neuf buts et dix la saison précédente. Les assists ? Respectivement quatre et neuf. Les chiffres sont un reflet de la forme mais ne veulent pas tout dire : on peut être médiocre et avoir du bol ou l'inverse. Malgré tout, ils montrent l'impact croissant de Vanaken sur le jeu brugeois, même s'il la joue modeste. Même ceux qui le côtoient au quotidien ont du mal à le percer mais une fois sur le terrain, il se métamorphose. Il proteste auprès de l'arbitre, il râle quand il est marqué de trop près. Il affiche ses sentiments. Son rôle dans l'équipe d' Ivan Leko a évolué. Il a entamé les deux premiers matches sur le banc. A Lokeren, les deux autres révélations de la saison, Limbombe et Cools, n'étaient même pas repris. Contre Eupen, Limbombe était assis à côté de Vanaken sur le banc. Cools s'est manifesté lors de la quatrième journée. Ça montre le trajet effectué par le Club et la quête d'équilibre de Leko. L'organisation de la défense a été sa tâche la plus ardue. A la fin de la préparation, le Croate a opté pour trois défenseurs et deux médians défensifs. Il n'avait pas de place pour un numéro dix. Lior Refaelov, en décrochage, était un des trois éléments offensifs. Il a changé de cap après son élimination en coupe d'Europe contre l'AEK Athènes, passant du 3-4-3 au 3-5-2, avec Vanaken. Le Standard a été la première victime de ce changement (4-0). Plus tard, il a infligé un 5-0 à Anderlecht. Ce jour-là, Vanaken a amené un but et en a inscrit un autre. Quand le Club a survolé le championnat, les tâches de l'entrejeu étaient clairement déterminées. L'équipe reculait un peu en perte de balle, comptant sur l'abattage du six ( Nakamba), du huit (Vormer) et du dix (Vanaken). Les statistiques révèlent qu'il a récupéré le ballon plus bas : il y a deux ans, il le reprenait à concurrence de 57,8 % dans le camp adverse, contre 64,8 % l'année passée. Cette saison, il est " seulement " à 50,7 %. Sa position plus en retrait explique que jusque début décembre, il n'a réussi que deux buts et cinq assists, moins que Vormer, qui évoluait plus haut et se chargeait de toutes les phases arrêtées. Leko avait commenté : " Si j'avais confié cette tâche à Hans, il présenterait de meilleurs chiffres. " Il faut donc relativiser les statistiques, d'autant que d'autres chiffres révèlent qu'il a été bon. Vanaken est dans le top trois du nombre de sprints par match, des kilomètres abattus, il n'a jamais été blessé et son passing est très précis. Les longs ballons ? 60 % de réussite (64 % la saison passée, 54,8 il y a deux ans). Les passes transversales ? 46,8 % (contre 25,3 % et 33,7%). Depuis trois ans, il dépasse les 85 % dans la précision de ses passes. Il constitue donc une garantie en possession du ballon et en attaque. A partir de décembre, il est subitement devenu plus décisif. Leko, qui avait aligné quasiment la même équipe pendant des mois, a craint de devenir trop prévisible et il a cherché un autre style de jeu. La connexion entre Limbombe et Vanaken à gauche a trouvé sa pareille à droite avec Vormer et Cools. Le Club n'a plus procédé avec un huit et un dix mais avec un double huit offensif. Vormer a écarté son jeu et a été plus en profondeur que Vanaken. A droite, Cools a saisi sa chance et dès que le flanc droit a délivré plus de ballons, Vanaken a pu s'infiltrer sans ballon. Il a pu exploiter ses atouts, une technique de frappe parfaite et le sens du but. Résultat, de décembre à mars : sept buts et quatre assists en douze matches de championnat. Plus trois buts en coupe contre Charleroi et le Standard. Vanaken n'a plus eu à se préoccuper de la distribution du jeu : il a obtenu plus de liberté. Son jeu est devenu de plus en plus imprévisible. Le Club et les observateurs attendent donc beaucoup de lui pendant ces PO1. Le Club estime qu'il peut encore mieux s'il place la barre plus haut. Il dispose encore d'une large marge physique, puisqu'il n'évolue en D1 que depuis cinq ans. Malgré sa taille et son timing, il ne gagne encore que 51,8 % de ses duels aériens. La saison passée, il en était à 56,7 % mais en 2016, il n'atteignait pas le cap des 50 %. Il a déjà gagné en puissance mais le Club estime qu'il peut encore progresser de 10 %. Vanaken a en lui ce qu'ont Witsel ou De Bruyne. A condition martèle le Club, qu'il soit plus ambitieux. A l'entraînement, surtout. Ivan Leko part du principe qu'on joue comme on s'entraîne. Et là, manifestement, il y a encore de la marge. Par Peter T'Kint