Longtemps, il a presque semblé s'excuser d'être là. Certains parlaient alors d'une scène trop grande pour ses talents, d'autres se rappelaient que le système en 3-4-2-1 avait été sacrifié par Ivan Leko lors de ses débuts brugeois au profit d'un 3-5-2 qui convenait bien mieux aux qualités de Hans Vanaken. Dans le plan de jeu des Diables, on voyait donc plus souvent ses carences que ses vertus. Pas assez bon dans la transition défensive pour s'installer dans le duo devant la défense, pas assez dynamique entre les lignes pour prendre place dans celui derrière Romelu Lukaku. Finalement, depuis le début des éliminatoires et face à des adversaires bien différents, l'homme aux deux Souliers d'Or a brillé dan...

Longtemps, il a presque semblé s'excuser d'être là. Certains parlaient alors d'une scène trop grande pour ses talents, d'autres se rappelaient que le système en 3-4-2-1 avait été sacrifié par Ivan Leko lors de ses débuts brugeois au profit d'un 3-5-2 qui convenait bien mieux aux qualités de Hans Vanaken. Dans le plan de jeu des Diables, on voyait donc plus souvent ses carences que ses vertus. Pas assez bon dans la transition défensive pour s'installer dans le duo devant la défense, pas assez dynamique entre les lignes pour prendre place dans celui derrière Romelu Lukaku. Finalement, depuis le début des éliminatoires et face à des adversaires bien différents, l'homme aux deux Souliers d'Or a brillé dans les deux registres. Associé à Axel Witsel dans le double pivot contre l'Estonie, Vanaken trouve le chemin des filets. Encore, parce que c'est déjà la troisième fois dans ces éliminatoires après son doublé contre la Biélorussie. Avec une constante déjà observée par les habitués des travées du stade Jan Breydel: un centre venu de la droite, la zone de prédilection de Ruud Vormer chez les Blauw en Zwart, et une conclusion sans trembler dans la surface ou à son entrée, toujours avec l'aisance des gens de talent et la liberté de ceux qui ont un don pour se retrouver seuls dans une parcelle du terrain où les corps s'accumulent. Le principal talent de Hans Vanaken, où qu'il se situe sur le terrain, est indéniablement celui-là: être seul. Un atout développé lors d'une jeunesse passée dans un corps frêle, presque allergique aux contacts, qui l'obligeait à se démarquer pour exister. Pas de coup de rein suffisant pour s'en sortir, ni de pointe de vitesse pour gagner du temps. Vanaken doit penser plus vite pour se donner une chance d'être important. "C'est un joueur intelligent", résume en toute simplicité Roberto Martínez. Un cran plus haut contre les Tchèques, dans un costume d'équilibriste qui lui permet d'aider le milieu en perte de balle et de servir l'attaque une fois la possession retrouvée, le Brugeois profite des nombreuses transitions du jeu adverse pour trouver des espaces. Dès que le ballon est récupéré, Hans Vanaken est libre et jouable. À la huitième minute de jeu, Youri Tielemans n'a plus qu'à lui glisser le ballon pour lui permettre de regarder le but et l'appel de Lukaku, servi avec cette qualité de passe qui ressemble à celle d'un moniteur de tennis. Une de ces balles qui sont données pour être faciles à jouer. Parce qu'il a vite compris qu'il ne courrait jamais vite, le double Soulier d'Or s'est mis à apprendre comment exploiter la vitesse des autres.