Une blessure au pied, une pubalgie, un pandémie mondiale... Quand elle a quitté Anderlecht direction l'Inter dans la foulée d'un deuxième titre de championne de Belgique avec son trophée de Joueuse de l'année sous le bras, Ella Van Kerkhoven ne s'attendait sans doute pas à vivre une telle galère. Et pourtant, l'expérience de l'attaquante des Red Flames (sept buts en treize caps) en Lombardie a tourné court, la faute à un corps qui lâche et un temps de jeu forcément réduit.

Un an et demi après avoir quitté le Royaume et un come-back sans cesse reporté, la Louvaniste de 27 ans est de retour sur le pré. Et tant pis si les Buffalos se sont inclinées ce vendredi à domicile face à Louvain en Super League (0-1). Pour Van Kerkhoven, l'essentiel était de redevenir officiellement joueuse de foot.

Qu'as-tu ressenti au moment de refouler la pelouse pour la première fois ?

ELLA VAN KERKHOVEN : C'est vraiment indescriptible après autant de mois sans foot. On a certes perdu, mais pour moi, c'était une victoire personnelle, car jouer vingt minutes, même en perdant, c'est plus que ce que j'ai pu retirer du foot depuis un bon bout de temps.

Quel est ton objectif personnel ?

VAN KERKHOVEN : Dans un premier temps, c'est d'être réaliste. Je reviens de loin et je sais qu'un long chemin m'attends avant de retrouver ma forme d'avant. Je veux surtout revenir dans le coup, sans me mettre trop la pression, et aider là où je peux.

"La compétition pour jouer l'EURO va être très dure. Mais je m'en réjouis."

Ella Van Kerkhoven

Maintenant, ton ambition, c'est aussi de retrouver ta place parmi les Red Flames ?

VAN KERKHOVEN : Évidemment. C'est normal de toujours regarder vers des objectifs plus lointains. Il y a encore un an et demi d'ici l'EURO, mais c'est ce que je vise. La qualif' était un gros événement, et la compétition pour figurer dans le groupe va être très dure. Mais je m'en réjouis. J'avance pas à pas. La première étape se fera au niveau national, histoire de gratter des minutes pour aider La Gantoise et ensuite, les choses arriveront pour la sélection.

Tu as signé à Gand en octobre après une expérience d'un an à l'Inter. Pourquoi être revenue en Belgique ?

VAN KERKHOVEN : Tout simplement parce que je me suis blessée. Je ne pouvais pas encore jouer et j'avais donc besoin de gens qui connaissent mes qualités. C'est dur de trouver des gens prêts à vous accorder une chance quand on est sur la touche.

Quand as-tu pris cette décision de revenir ?

VAN KERKHOVEN : Ça a été une année très difficile en Italie. Je me suis rapidement blessée. D'abord au pied en octobre 2019, puis les choses se sont enchaînées, avec encore un autre bobo en février. C'est devenu de plus en plus dur de montrer mon meilleur niveau. Quand tout s'est arrêté à cause du coronavirus, vu que j'étais out, j'ai décidé de revenir en Belgique afin de remettre tout cela en place, et j'ai été opérée en avril. À ce moment-là, c'était mieux de faire un pas en arrière, pour ensuite rebondir.

Van Kerkhoven : "Ça a été une année très difficile en Italie. Mais d'un point de vue footballistique, j'ai beaucoup appris.", SIPAUSACOLLECTIONS
Van Kerkhoven : "Ça a été une année très difficile en Italie. Mais d'un point de vue footballistique, j'ai beaucoup appris." © SIPAUSACOLLECTIONS

Quel bilan tires-tu de ton passage à l'Inter ?

VAN KERKHOVEN : D'un point de vue footballistique, j'ai beaucoup appris. Car c'est un tout autre style comparé à que j'avais connu en Belgique. Très défensif. La conservation du ballon est très importante. En Belgique, c'est plus la vitesse de jeu qui compte et détermine le style. Physiquement, c'était la préparation la plus intense de toute ma vie. Les Italiens savent courir ! Quand j'ai annoncé mon départ en là-bas, on m'avait prévenue : "Fais attention, car là-bas, ils sont fous !" J'ai sans doute sous-estimé cette partie de l'aventure. Mais simplement dans la capacité à recréer de gros efforts de course, j'ai plus d'expérience. Au niveau offensif, mon jeu de tête était vraiment utile, car ce n'est pas forcément un compartiment du jeu qui ressort particulièrement là-bas. C'était aussi une expérience humaine, parce que j'ai dû apprivoiser de nouvelles personnes, comprendre où elles allaient jouer avant qu'elles ne produisent leur action. La langue rendait parfois les choses difficiles. J'ai aussi appris à déterminer plus rapidement quelles étaient les options qui s'offraient à moi si on ne me passait pas la balle, et à être plus rapide avec le ballon.

Mentalement, tu en sors plus forte également ?

VAN KERKHOVEN : Oui, clairement, car j'ai subi ma première grosse blessure. Je n'avais jamais vécu un tel coup dur. Forcément, ça te transforme un peu en tant que personne. J'ai dû apprendre à me passer de foot. En février, j'étais un peu cassée, mais au final, je suis plus forte que quand j'ai quitté la Belgique. Parfois, dans la vie, quand tout va trop bien, il faut subir un coup dur pour savoir où on veut aller, se retrouver dans ses derniers retranchements, et ce afin de s'endurcir.

"Je n'aime pas trop l'étiquette de leader."

Ella Van Kerkhoven

Pourquoi avoir choisi Gand ?

Quand je suis revenue en Belgique, j'ai vite su que je voulais y rester. Mais avec le flou entourant ma forme physique suite à mon opération, je ne cherchais pas vraiment d'équipe. Je suis quelqu'un d'honnête et je ne voulais pas promettre quelque chose que je ne pourrais pas tenir ensuite. Anderlecht et Bruges étaient des options plus tôt dans l'année, sans que cela n'aboutisse. Puis Gand m'est venu à l'esprit. Car c'est un club qui se professionnalise, qui s'investit dans le foot féminin et travaille beaucoup. Le niveau est très bon, également. L'erreur que j'ai commise en partant à l'étranger, c'est de ne pas m'entraîner suffisamment avant de rejoindre un club où on a jusqu'à neuf séances par semaine. Je devais donc trouver une équipe qui ne lésine pas sur l'entraînement, avec des séances quotidiennes,voire deux fois par jour. Gand a un gros potentiel, avec plein de jeunes joueuses. Mais il faut créer une dynamique. Je peux contribuer à cela. Je n'aime pas trop l'étiquette de leader. Dès que je suis censée l'être, quelque chose foire ! Mais je peux pousser les autres dans la bonne direction pour les rendre meilleures.

Une blessure au pied, une pubalgie, un pandémie mondiale... Quand elle a quitté Anderlecht direction l'Inter dans la foulée d'un deuxième titre de championne de Belgique avec son trophée de Joueuse de l'année sous le bras, Ella Van Kerkhoven ne s'attendait sans doute pas à vivre une telle galère. Et pourtant, l'expérience de l'attaquante des Red Flames (sept buts en treize caps) en Lombardie a tourné court, la faute à un corps qui lâche et un temps de jeu forcément réduit.Un an et demi après avoir quitté le Royaume et un come-back sans cesse reporté, la Louvaniste de 27 ans est de retour sur le pré. Et tant pis si les Buffalos se sont inclinées ce vendredi à domicile face à Louvain en Super League (0-1). Pour Van Kerkhoven, l'essentiel était de redevenir officiellement joueuse de foot.Qu'as-tu ressenti au moment de refouler la pelouse pour la première fois ?ELLA VAN KERKHOVEN : C'est vraiment indescriptible après autant de mois sans foot. On a certes perdu, mais pour moi, c'était une victoire personnelle, car jouer vingt minutes, même en perdant, c'est plus que ce que j'ai pu retirer du foot depuis un bon bout de temps.Quel est ton objectif personnel ?VAN KERKHOVEN : Dans un premier temps, c'est d'être réaliste. Je reviens de loin et je sais qu'un long chemin m'attends avant de retrouver ma forme d'avant. Je veux surtout revenir dans le coup, sans me mettre trop la pression, et aider là où je peux.Maintenant, ton ambition, c'est aussi de retrouver ta place parmi les Red Flames ?VAN KERKHOVEN : Évidemment. C'est normal de toujours regarder vers des objectifs plus lointains. Il y a encore un an et demi d'ici l'EURO, mais c'est ce que je vise. La qualif' était un gros événement, et la compétition pour figurer dans le groupe va être très dure. Mais je m'en réjouis. J'avance pas à pas. La première étape se fera au niveau national, histoire de gratter des minutes pour aider La Gantoise et ensuite, les choses arriveront pour la sélection. Tu as signé à Gand en octobre après une expérience d'un an à l'Inter. Pourquoi être revenue en Belgique ?VAN KERKHOVEN : Tout simplement parce que je me suis blessée. Je ne pouvais pas encore jouer et j'avais donc besoin de gens qui connaissent mes qualités. C'est dur de trouver des gens prêts à vous accorder une chance quand on est sur la touche.Quand as-tu pris cette décision de revenir ?VAN KERKHOVEN : Ça a été une année très difficile en Italie. Je me suis rapidement blessée. D'abord au pied en octobre 2019, puis les choses se sont enchaînées, avec encore un autre bobo en février. C'est devenu de plus en plus dur de montrer mon meilleur niveau. Quand tout s'est arrêté à cause du coronavirus, vu que j'étais out, j'ai décidé de revenir en Belgique afin de remettre tout cela en place, et j'ai été opérée en avril. À ce moment-là, c'était mieux de faire un pas en arrière, pour ensuite rebondir.Quel bilan tires-tu de ton passage à l'Inter ?VAN KERKHOVEN : D'un point de vue footballistique, j'ai beaucoup appris. Car c'est un tout autre style comparé à que j'avais connu en Belgique. Très défensif. La conservation du ballon est très importante. En Belgique, c'est plus la vitesse de jeu qui compte et détermine le style. Physiquement, c'était la préparation la plus intense de toute ma vie. Les Italiens savent courir ! Quand j'ai annoncé mon départ en là-bas, on m'avait prévenue : "Fais attention, car là-bas, ils sont fous !" J'ai sans doute sous-estimé cette partie de l'aventure. Mais simplement dans la capacité à recréer de gros efforts de course, j'ai plus d'expérience. Au niveau offensif, mon jeu de tête était vraiment utile, car ce n'est pas forcément un compartiment du jeu qui ressort particulièrement là-bas. C'était aussi une expérience humaine, parce que j'ai dû apprivoiser de nouvelles personnes, comprendre où elles allaient jouer avant qu'elles ne produisent leur action. La langue rendait parfois les choses difficiles. J'ai aussi appris à déterminer plus rapidement quelles étaient les options qui s'offraient à moi si on ne me passait pas la balle, et à être plus rapide avec le ballon.Mentalement, tu en sors plus forte également ?VAN KERKHOVEN : Oui, clairement, car j'ai subi ma première grosse blessure. Je n'avais jamais vécu un tel coup dur. Forcément, ça te transforme un peu en tant que personne. J'ai dû apprendre à me passer de foot. En février, j'étais un peu cassée, mais au final, je suis plus forte que quand j'ai quitté la Belgique. Parfois, dans la vie, quand tout va trop bien, il faut subir un coup dur pour savoir où on veut aller, se retrouver dans ses derniers retranchements, et ce afin de s'endurcir. Pourquoi avoir choisi Gand ?Quand je suis revenue en Belgique, j'ai vite su que je voulais y rester. Mais avec le flou entourant ma forme physique suite à mon opération, je ne cherchais pas vraiment d'équipe. Je suis quelqu'un d'honnête et je ne voulais pas promettre quelque chose que je ne pourrais pas tenir ensuite. Anderlecht et Bruges étaient des options plus tôt dans l'année, sans que cela n'aboutisse. Puis Gand m'est venu à l'esprit. Car c'est un club qui se professionnalise, qui s'investit dans le foot féminin et travaille beaucoup. Le niveau est très bon, également. L'erreur que j'ai commise en partant à l'étranger, c'est de ne pas m'entraîner suffisamment avant de rejoindre un club où on a jusqu'à neuf séances par semaine. Je devais donc trouver une équipe qui ne lésine pas sur l'entraînement, avec des séances quotidiennes,voire deux fois par jour. Gand a un gros potentiel, avec plein de jeunes joueuses. Mais il faut créer une dynamique. Je peux contribuer à cela. Je n'aime pas trop l'étiquette de leader. Dès que je suis censée l'être, quelque chose foire ! Mais je peux pousser les autres dans la bonne direction pour les rendre meilleures.