Avoir dû quitter le Standard alors que tu étais sur le point de percer, c'est toujours resté une cicatrice ?

Je ne parlerais pas de cicatrice mais je n'ai jamais digéré que tout se soit passé au-dessus de ma tête, sans que j'aie le contrôle de mon parcours. J'avais 18 ans, j'étais arrivé dans le noyau professionnel, on me disait que le club voulait sortir un gardien de son centre de formation et que ça allait être moi. Mais il y a eu subitement un changement radical au Standard, Roland Duchâtelet l'a racheté à Luciano D'Onofrio et on m'a foutu dehors. Duchâtelet a viré pas mal de monde à ce moment-là et je faisais partie des joueurs sur lesquels il ne comptait pas. On m'a dit que Laurent Henkinet arrivait de Saint-Trond et que je n'avais qu'à faire le trajet inverse. Ce qui a laissé des traces, ce n'est pas tellement le fait d'avoir dû échanger le Standard pour Saint-Trond mais la manière dont tout ça a été réglé dans mon dos.

Aujourd'hui, tu rêves de devenir une icône d'Anderlecht, un gardien dont on parlera encore après son départ, comme Silvio Proto ?

Je ne pense pas si loin. Dans notre situation, ce serait irrespectueux, même égoïste de penser à mes propres rêves. Je vis au jour le jour, match après match, je verrai plus tard ce que je fais de ma carrière. Je ne veux pas brûler les étapes, je dois simplement les boucler une par une. J'avais un plan à Eupen : être un jour transféré dans un grand club. C'est fait. Aujourd'hui, je suis bien loin de réfléchir à la trace que je pourrais laisser à Anderlecht.

C'est quoi, les grandes différences entre ta vie quotidienne à Eupen et ta vie à Anderlecht ? Et tu n'aurais pas mieux fait de passer par une étape intermédiaire avant de signer dans le club le plus titré ?

Il y a deux trucs qui ont fort changé : le temps passé dans ma voiture et l'intérêt médiatique. J'habite entre Louvain et Diest, je me retrouve sur le ring de Bruxelles avant chaque entraînement, c'est une catastrophe. Et pour ce qui est de l'intérêt des médias, j'ai compris dès mon premier jour ici. Il y avait plusieurs journalistes devant l'entrée du centre d'entraînement et ça ne s'est jamais arrêté. Je dois dire qu'à Eupen, sur ce plan-là, on était relativement tranquilles... Il n'y avait pour ainsi dire jamais personne, en fait. Non, je ne regrette pas d'avoir fait le grand écart entre Eupen et Anderlecht. Qu'est-ce que ça m'aurait apporté de passer d'abord par un club plus anonyme ?

Passer de la philosophie de Vincent Kompany à la philosophie de Franky Vercauteren, c'est comme échanger les principes de Jordi Condom pour le football beaucoup plus réaliste de Claude Makélélé. Comment on gère un changement pareil en pleine saison ?

Je t'avoue que je suis surpris qu'on continue à insister autant sur les différences d'idées entre Kompany et Vercauteren. Au lieu de se focaliser sur ce qui les sépare, on devrait regarder ce qui les rassemble. Ils ont des points communs, et il y en a un gros pour commencer : ils ont tous les deux l'ADN d'Anderlecht. Et ils travaillent main dans la main pour remettre l'équipe sur pied.

Comment tu as fait pour construire une relation aussi forte avec un homme aussi difficile à cerner que Claude Makélélé ? Et comment tu gérais ses humeurs changeantes ?

Des humeurs changeantes, oui, il fallait faire l'autruche pour ne pas les voir... Mais je ne m'en suis jamais préoccupé, je me concentrais sur mes entraînements et mes matches. Tout ce qu'il y avait sur le côté, ce n'était pas ma priorité. J'ai le même principe depuis longtemps : je ne mets pas beaucoup d'énergie dans des choses que je ne contrôle pas. Et là, je ne contrôlais pas les humeurs de mon coach ! On a réussi à construire une relation forte. De tous les entraîneurs que j'ai eus, Makélélé a été celui avec lequel j'avais le plus de contacts. On avait beaucoup de discussions sur la vie et le fonctionnement du groupe. Il réunissait régulièrement ses patrons pour avoir des infos et ajuster éventuellement certaines choses. Il y avait Luis Garcia, Siebe Blondelle et moi. Il était toujours à l'écoute, il nous laissait toujours nous exprimer jusqu'au bout, même quand il n'était pas d'accord.

Avoir dû quitter le Standard alors que tu étais sur le point de percer, c'est toujours resté une cicatrice ? Je ne parlerais pas de cicatrice mais je n'ai jamais digéré que tout se soit passé au-dessus de ma tête, sans que j'aie le contrôle de mon parcours. J'avais 18 ans, j'étais arrivé dans le noyau professionnel, on me disait que le club voulait sortir un gardien de son centre de formation et que ça allait être moi. Mais il y a eu subitement un changement radical au Standard, Roland Duchâtelet l'a racheté à Luciano D'Onofrio et on m'a foutu dehors. Duchâtelet a viré pas mal de monde à ce moment-là et je faisais partie des joueurs sur lesquels il ne comptait pas. On m'a dit que Laurent Henkinet arrivait de Saint-Trond et que je n'avais qu'à faire le trajet inverse. Ce qui a laissé des traces, ce n'est pas tellement le fait d'avoir dû échanger le Standard pour Saint-Trond mais la manière dont tout ça a été réglé dans mon dos. Aujourd'hui, tu rêves de devenir une icône d'Anderlecht, un gardien dont on parlera encore après son départ, comme Silvio Proto ? Je ne pense pas si loin. Dans notre situation, ce serait irrespectueux, même égoïste de penser à mes propres rêves. Je vis au jour le jour, match après match, je verrai plus tard ce que je fais de ma carrière. Je ne veux pas brûler les étapes, je dois simplement les boucler une par une. J'avais un plan à Eupen : être un jour transféré dans un grand club. C'est fait. Aujourd'hui, je suis bien loin de réfléchir à la trace que je pourrais laisser à Anderlecht. C'est quoi, les grandes différences entre ta vie quotidienne à Eupen et ta vie à Anderlecht ? Et tu n'aurais pas mieux fait de passer par une étape intermédiaire avant de signer dans le club le plus titré ? Il y a deux trucs qui ont fort changé : le temps passé dans ma voiture et l'intérêt médiatique. J'habite entre Louvain et Diest, je me retrouve sur le ring de Bruxelles avant chaque entraînement, c'est une catastrophe. Et pour ce qui est de l'intérêt des médias, j'ai compris dès mon premier jour ici. Il y avait plusieurs journalistes devant l'entrée du centre d'entraînement et ça ne s'est jamais arrêté. Je dois dire qu'à Eupen, sur ce plan-là, on était relativement tranquilles... Il n'y avait pour ainsi dire jamais personne, en fait. Non, je ne regrette pas d'avoir fait le grand écart entre Eupen et Anderlecht. Qu'est-ce que ça m'aurait apporté de passer d'abord par un club plus anonyme ? Passer de la philosophie de Vincent Kompany à la philosophie de Franky Vercauteren, c'est comme échanger les principes de Jordi Condom pour le football beaucoup plus réaliste de Claude Makélélé. Comment on gère un changement pareil en pleine saison ? Je t'avoue que je suis surpris qu'on continue à insister autant sur les différences d'idées entre Kompany et Vercauteren. Au lieu de se focaliser sur ce qui les sépare, on devrait regarder ce qui les rassemble. Ils ont des points communs, et il y en a un gros pour commencer : ils ont tous les deux l'ADN d'Anderlecht. Et ils travaillent main dans la main pour remettre l'équipe sur pied. Comment tu as fait pour construire une relation aussi forte avec un homme aussi difficile à cerner que Claude Makélélé ? Et comment tu gérais ses humeurs changeantes ? Des humeurs changeantes, oui, il fallait faire l'autruche pour ne pas les voir... Mais je ne m'en suis jamais préoccupé, je me concentrais sur mes entraînements et mes matches. Tout ce qu'il y avait sur le côté, ce n'était pas ma priorité. J'ai le même principe depuis longtemps : je ne mets pas beaucoup d'énergie dans des choses que je ne contrôle pas. Et là, je ne contrôlais pas les humeurs de mon coach ! On a réussi à construire une relation forte. De tous les entraîneurs que j'ai eus, Makélélé a été celui avec lequel j'avais le plus de contacts. On avait beaucoup de discussions sur la vie et le fonctionnement du groupe. Il réunissait régulièrement ses patrons pour avoir des infos et ajuster éventuellement certaines choses. Il y avait Luis Garcia, Siebe Blondelle et moi. Il était toujours à l'écoute, il nous laissait toujours nous exprimer jusqu'au bout, même quand il n'était pas d'accord.