Différente jusqu'à ce statut de Principauté qu'elle ne manque jamais de rappeler, Liège aime cultiver son originalité. Lieu de tempête permanente, Sclessin semble désormais couler des jours pénibles, en quête de cette fameuse stabilité qui sonne pourtant comme un virus au sein de la bouillante hémoglobine rouche.

Pour la première fois depuis Guy Luzon, un coach du Standard entamera une deuxième saison consécutive sur le banc de touche liégeois. Michel Preud'homme n'est encore qu'à l'embryon de son projet, et son duo avec Emilio Ferrera peaufine déjà les plans d'un deuxième exercice voulu plus ambitieux.

Un paradoxe sauce principautaire, puisque le banc de Sclessin est l'un des deux seuls, parmi ceux qui ont fini la phase classique dans le top 10, à ne pas composer la saison prochaine avec le spectre d'un changement de visage en haut du costume de T1.

Du côté de Courtrai, le retour d'Yves Vanderhaeghe tourne actuellement à la réussite, et il serait surprenant de ne pas voir l'ancien milieu défensif des Diables Rouges entamer l'été 2019 sur le banc du stade des Éperons d'Or.

Partout ailleurs, l'heure est au point d'interrogation. Parce que le coach actuel ne donne pas entièrement satisfaction, ou parce que son travail pourrait lui ouvrir des portes plus prestigieuses. Les esprits ont beau être majoritairement focalisés sur le terrain, certains dirigeants cultivent l'art de la prévoyance et ont déjà entrouvert, avec plus ou moins de vigueur, la porte de leur staff de demain.

CLEMENT POUR REMPLACER LEKO À BRUGES ?

Quelques kilomètres derrière des sables finalement devenus mouvants pour Gert Verheyen, le jeu de chaises musicales prend sa source à Bruges. Si Laurent Guyot devrait conserver la confiance des dirigeants monégasques du Cercle, le sort d'Ivan Leko semble déjà scellé du côté bleu de la Venise du Nord.

Le Croate, pourtant en lice pour un second titre de rang à la tête des Gazelles et auteur d'une campagne réussie en Ligue des Champions, n'est jamais parvenu à faire l'unanimité au stade Jan Breydel. Dans les bureaux, certains n'ont pas hésité à octroyer à son prédécesseur Michel Preud'homme l'essentiel des mérites du titre de l'an dernier, arguant que les points décisifs avaient été pris en début de saison, quand le groupe était encore marqué par les préceptes de MPH.

Leko a pourtant transformé l'équipe de façon spectaculaire sur le tableau noir, mais d'aucuns le disent encore trop défensif, comme s'ils cherchaient déjà des prétextes à son éviction. La garde à vue du Croate dans le cadre de la tristement célèbre " Opération Mains Propres " et les mises à l'écart provisoires d'Hans Vanaken ou Ruud Vormer à des moments-clés depuis le début de son mandat, compléteront probablement la liste des arguments justifiant son départ (probablement vers l'étranger), même en cas de premier doublé brugeois depuis quarante ans.

Dans les yeux brugeois, Philippe Clement semble être le successeur idéal pour Ivan Leko.

Si certains, dans les rangs des Blauw en Zwart, ont imaginé Timmy Simons en successeur de Leko, voyant son installation dans le staff en début de saison comme une manière de le préparer à la fonction, l'ancien capitaine emblématique du Club ne semble pas avoir le feu sacré nécessaire pour se jeter corps et âme dans le costume de coach.

La seule piste nationale envisagée dans les travées du Jan Breydel mène donc à un ancien de la maison, passé à côté de la fonction voici deux ans. Dans les yeux brugeois, Philippe Clement semble être le successeur idéal pour Ivan Leko. S'il avait été déçu de voir le Croate finalement nommé à la succession de Preud'homme, alors que la direction l'avait évincé de la liste des candidats en disant qu'elle souhaitait privilégier des pistes plus expérimentées et en redoutant la trop grande proximité entre Clement et les joueurs, l'actuel coach de Genk ne verrait pas d'un mauvais oeil un retour à ses amours brugeoises.

A Bruges, l'avenir flou d'Ivan Leko contraste avec un Philippe Clement en pleine lumière., BELGAIMAGE
A Bruges, l'avenir flou d'Ivan Leko contraste avec un Philippe Clement en pleine lumière. © BELGAIMAGE

REGARD TOURNÉ VERS LES PAYS-BAS À GENK ?

Lors de son départ de Waasland-Beveren pour Genk, l'actuel coach du Racing avait évoqué en privé ses craintes de voir un Freethiel démantelé, annonçant en quelque sorte la difficile saison qu'allaient vivre ses anciennes couleurs suite à d'importants départs non compensés par un scouting trop aléatoire.

Si la structure limbourgeoise est plus solide, la crainte d'un exode est réelle lors du prochain été à la Luminus Arena, où des joueurs comme Ally Samatta, Sander Berge, Ruslan Malinovski, Leandro Trossard voire Joakim Maehle pourraient être tentés d'aller poursuivre leur carrière ailleurs.

Une perspective qui pourrait inciter Clement à opter pour l'éventuelle offre brugeoise, même en cas de titre chez les Genkies. Après tout, Frank Vercauteren avait également quitté le Limbourg suite à son sacre en 2011, le dernier en date pour le club.

Afin d'éviter un tel scénario, Genk envisagerait d'offrir un nouveau contrat à Clement, à durée déterminée, pour mettre un terme au CDI actuel qui permet au coach d'opter plus facilement pour un nouveau challenge.

Si tel était finalement le cas, le Racing devrait se mettre en quête d'un autre mentor. Une perle rare puisée à l'étranger ? Le club n'a jamais hésité à se tourner vers les Pays-Bas, y trouvant souvent des coaches à la philosophie de jeu offensive et au goût prononcé pour la post-formation, poursuivant l'idéal qui veut faire de l'entité limbourgeoise une sorte de version belge de l'Ajax.

UNE DANISH CONNECTION À ANDERLECHT ET GAND ?

De rêve ajacide, il est également question dans la capitale. Et malgré son passeport batave, Fred Rutten ne semble pas remplir toutes les cases d'un football à l'amstellodamoise. S'il a honoré la première partie de son contrat en qualifiant les Mauves pour les play-offs 1, le Néerlandais devra réaliser des miracles pour convaincre la direction de lui offrir un bail prolongé à la tête du club le plus titré du pays. Pas franchement apprécié par une partie du vestiaire, Rutten ne fait pas non plus rêver les tribunes. En privé, les dirigeants confieraient déjà à certains joueurs que la prochaine saison se déroulera avec un autre coach. Piste prioritaire en janvier, très proche d'apposer sa signature en bas d'un contrat mauve, Kasper Hjulmand semble favori pour revenir dans le parcours.

Bloqué par son club de Nordsjaelland l'hiver dernier, il a démissionné dès l'arrivée du printemps et pourrait très bien s'installer sur le banc du stade Constant Vanden Stock lors de la reprise. Le Scandinave serait tenu en haute estime par son compatriote, Frank Arnesen.

La Danish Connection nationale pourrait-elle s'agrandir ? L'avenir de Jess Thorup, qui s'écrivait plutôt en pointillés après des premiers mois en dents de scie, pourrait bien s'éclaircir dans le sprint final. Si le coach danois suscitait des doutes au bout de l'hiver, sa qualification pour les play-offs 1 et la présence des Buffalos en finale de la Coupe pourraient rebattre les cartes de son futur.

Thorup pourrait ainsi connaître un scénario comparable à celui vécu par Vanderhaeghe quelques mois plus tôt, sauvant sur l'autel des résultats une méthode qui n'a pas toujours fait l'unanimité au sein du club.

En cas de chute du mentor des Gantois, le banc de touche de la Ghelamco Arena suscitera forcément des convoitises. Le nom d'Hein Vanhaezebrouck, toujours tenu en haute estime par le président Ivan De Witte pour son titre et son parcours historique en Ligue des Champions, devrait inévitablement circuler chez les Buffalos.

Tout comme celui de Felice Mazzù, jamais avare de compliments envers le club lorsqu'il rend visite aux Gantois en championnat et contacté - par l'intermédiaire de Roger Henrotay - pour prendre la température quant à un éventuel déménagement vers Gand suite au licenciement de Vanderhaeghe en début de saison.

MAZZU CÉDERA-T-IL LA PLACE À ELSNER AU MAMBOUR ?

Pour la première fois depuis son arrivée au Mambour, un départ de Mazzù semble réellement probable au terme de la saison. Le coach des Zèbres a contesté avec une véhémence inédite les départs de Kaveh Rezaei et de Cristian Benavente, qui ont plombé une saison finalement bouclée à une anonyme et décevante neuvième place.

Ses récentes sorties médiatiques ont clairement ouvert la porte à un nouveau défi, qui se dessinerait plus sous la forme d'un départ que sous celle d'un renouvellement en profondeur d'un noyau qui a déjà énormément changé ces derniers mois.

Charleroi prend d'ailleurs ses précautions, entendant sans doute les murmures qui affirment que Mazzù serait prêt à prendre une année sabbatique si nécessaire, avant de se relancer sur un autre banc. Des contacts ont déjà été noués avec Luka Elsner, coach à succès de l'Union Saint-Gilloise, en vue d'une éventuelle arrivée sur le banc zébré dans un futur plus ou moins proche.

DES OUTSIDERS AMBITIEUX

Reste que la cote de Mazzù a pâli, suite à ces derniers mois teintés de déception. Au sommet de la hype nationale, l'entraîneur sambrien a dû laisser sa place à l'élégance de Marc Brys et au génie tactique de Bernd Storck. Difficile d'imaginer les deux hommes conserver leur place à l'ombre la saison prochaine, pour des raisons bien différentes.

Du côté du Stayen, malgré les résultats qui ont permis de croire jusqu'au bout à une qualification pour les play-offs 1 près de dix ans après la première (et unique) fois des Canaris dans le top 6, on entend gronder certains joueurs importants du noyau.

Au jour le jour, les méthodes de Brys seraient très contraignantes, avec des doubles séances quasiment quotidiennes et surtout très longues, qui entraînent une grande lassitude chez des joueurs conscients qu'ils sont soumis à un régime bien plus spartiate que la plupart de leurs condisciples de l'élite.

Brys pourrait donc être poussé vers la sortie par les dirigeants japonais, et profiter de sa cote revue à la hausse en Belgique pour accéder à un banc de prestige. À moins de suivre les traces de Tom Van den Abbeele, directeur général des sports du STVV, récemment parti à Breda, où le NAC prépare déjà avec ambition son retour rapide parmi l'élite suite à une relégation quasiment actée.

À Mouscron, où l'avenir sportif du club s'écrit comme toujours au conditionnel, la série folle des hommes de Bernd Storck ne passe pas inaperçue. À l'inverse de plusieurs de ses confrères, qui aiment se plaindre off the record du manque de qualité de leur noyau pour justifier des résultats insuffisants ou un fonds de jeu lymphatique, l'Allemand tire la quintessence d'un groupe moyen, faisant planer la plupart de ses joueurs bien au-delà de leur niveau réel.

Les Hurlus feront évidemment tout pour garder leur mentor à succès, mais les convoitises risquent de débarquer sur le téléphone d'un coach que certains imaginent déjà à la tête de l'une des écuries les plus prestigieuses du pays. Storck n'aura probablement que l'embarras du choix, et se retrouvera certainement dans la short-list de nombreux clubs pré-cités, en quête d'un nouveau capitaine pour emmener leur navire vers le futur.

LA QUESTION ANVERSOISE

Pour compléter le jeu de chaises musicales des hautes sphères, un détour vers la métropole anversoise s'impose. S'il lui reste encore un an de contrat au Bosuil, Laszlo Bölöni ne fait pas l'unanimité dans les bureaux du Great Old. Certains s'affirment déçus par le football produit par ses troupes, bien trop minimaliste malgré d'évidentes qualités dans le noyau, mais la qualification précoce pour les play-offs 1 plaide malgré tout en faveur du Roumain, bien moins contesté qu'un an plus tôt quand la majorité du club espérait son départ.

Pour la première fois depuis son arrivée au Mambour, un départ de Felice Mazzù semble réellement probable au terme de la saison.

Lucien D'Onofrio avait alors maintenu sa confiance en son coach fétiche, affirmant ainsi son autorité au sein du matricule 1. Au sein d'un club encore jeune, l'ancien agent de Zinédine Zidane estimait que la reconstruction nécessitait une personnalité forte sur le pont, et faisait confiance à Bölöni en sachant qu'il ne céderait pas aux nombreuses influences extérieures qui accompagnent nécessairement chaque pas de géant d'un club ambitieux.

Un an plus tard, si les résultats lui ont donné raison, le discours est moins catégorique quant à l'avenir du Roumain. Une séparation pourrait être envisagée, et les résultats acquis lors des play-offs devraient avoir leur influence sur le futur du Great Old. La tension a baissé de plusieurs crans en l'espace de douze mois, et voir Bölöni prolonger son bail n'est malgré tout pas une utopie.

Son successeur, s'il a lieu d'être trouvé dans les prochaines semaines, ne viendra en tout cas pas de son banc. Wim De Decker, artisan de la montée, se satisfait de son rôle dans l'ombre. L'ancien milieu de terrain verrait plutôt son futur comme directeur sportif que comme entraîneur, craignant probablement les errances d'une trajectoire que d'autres comme Bob Peeters ou Glen De Boeck ont déjà connue, passant du statut de coming man du coaching national à celui qui doit se contenter du moindre banc qu'on lui offre au sein de l'élite.

Pour Fred Rutten, il est peut-être l'heure de songer à l'après-Anderlecht., BELGAIMAGE
Pour Fred Rutten, il est peut-être l'heure de songer à l'après-Anderlecht. © BELGAIMAGE

Ces noms-là ne sortiront pas du chapeau toujours étonnant de Lucien D'Onofrio à l'heure de débusquer un éventuel successeur pour Laszlo Bölöni. Une seule chose est sûre : une séparation entre le Great Old et le Roumain ferait tourner encore plus vite le carrousel des bancs de touche de l'élite. Quand la musique s'arrêtera, il faudra se dépêcher de trouver une nouvelle place. Dans le cas contraire, il faudra attendre la chute d'un malheureux pour remonter en selle.

Claude Makelele et Laszlo Bölöni : toujours en selle à Eupen et l'Antwerp la saison prochaine ?, BELGAIMAGE
Claude Makelele et Laszlo Bölöni : toujours en selle à Eupen et l'Antwerp la saison prochaine ? © BELGAIMAGE

Et les autres ?

Si les résultats du début de saison avaient fragilisé sa position, Francky Dury a, comme toujours, fini par redresser la barre et devrait entamer un nouvel exercice sur le banc du stade arc-en-ciel, où sa silhouette doit désormais être moulée dans le fauteuil dévolu au T1.

Dans les cantons de l'Est, les proches de Claude Makelele affirment que le Français vit ses dernières semaines à la tête des Pandas, désirant relever un défi plus ambitieux pour les saisons à venir. Une rumeur qui reste au conditionnel, étant donné que c'était déjà à la surprise générale que l'ancien du Real Madrid avait entamé la saison actuelle sur le banc d'Eupen, alors que tous le voyaient quitter le club au bout de sa mission sauvetage réussie.

Difficile de lire les cartes de l'imprévisible Waasland-Beveren, mais les points récoltés par Adnan Custovic avec l'un des effectifs les plus faibles de l'élite devraient lui permettre de recevoir pour la première fois la chance d'entamer une saison à la tête d'un club de première division.

Son ancien club, Ostende, devra par contre trouver un successeur à Gert Verheyen, au terme de l'interim actuellement assuré par Hugo Broos. Rares sont aujourd'hui les clubs et les coaches de l'élite qui peuvent parler de la saison prochaine sans recourir à l'usage du conditionnel. Le mercato des coaches s'annonce plus agité que jamais.

Stop ou encore pour Felice Mazzù au Mambour ?, BELGAIMAGE
Stop ou encore pour Felice Mazzù au Mambour ? © BELGAIMAGE
Différente jusqu'à ce statut de Principauté qu'elle ne manque jamais de rappeler, Liège aime cultiver son originalité. Lieu de tempête permanente, Sclessin semble désormais couler des jours pénibles, en quête de cette fameuse stabilité qui sonne pourtant comme un virus au sein de la bouillante hémoglobine rouche. Pour la première fois depuis Guy Luzon, un coach du Standard entamera une deuxième saison consécutive sur le banc de touche liégeois. Michel Preud'homme n'est encore qu'à l'embryon de son projet, et son duo avec Emilio Ferrera peaufine déjà les plans d'un deuxième exercice voulu plus ambitieux. Un paradoxe sauce principautaire, puisque le banc de Sclessin est l'un des deux seuls, parmi ceux qui ont fini la phase classique dans le top 10, à ne pas composer la saison prochaine avec le spectre d'un changement de visage en haut du costume de T1. Du côté de Courtrai, le retour d'Yves Vanderhaeghe tourne actuellement à la réussite, et il serait surprenant de ne pas voir l'ancien milieu défensif des Diables Rouges entamer l'été 2019 sur le banc du stade des Éperons d'Or. Partout ailleurs, l'heure est au point d'interrogation. Parce que le coach actuel ne donne pas entièrement satisfaction, ou parce que son travail pourrait lui ouvrir des portes plus prestigieuses. Les esprits ont beau être majoritairement focalisés sur le terrain, certains dirigeants cultivent l'art de la prévoyance et ont déjà entrouvert, avec plus ou moins de vigueur, la porte de leur staff de demain. Quelques kilomètres derrière des sables finalement devenus mouvants pour Gert Verheyen, le jeu de chaises musicales prend sa source à Bruges. Si Laurent Guyot devrait conserver la confiance des dirigeants monégasques du Cercle, le sort d'Ivan Leko semble déjà scellé du côté bleu de la Venise du Nord. Le Croate, pourtant en lice pour un second titre de rang à la tête des Gazelles et auteur d'une campagne réussie en Ligue des Champions, n'est jamais parvenu à faire l'unanimité au stade Jan Breydel. Dans les bureaux, certains n'ont pas hésité à octroyer à son prédécesseur Michel Preud'homme l'essentiel des mérites du titre de l'an dernier, arguant que les points décisifs avaient été pris en début de saison, quand le groupe était encore marqué par les préceptes de MPH. Leko a pourtant transformé l'équipe de façon spectaculaire sur le tableau noir, mais d'aucuns le disent encore trop défensif, comme s'ils cherchaient déjà des prétextes à son éviction. La garde à vue du Croate dans le cadre de la tristement célèbre " Opération Mains Propres " et les mises à l'écart provisoires d'Hans Vanaken ou Ruud Vormer à des moments-clés depuis le début de son mandat, compléteront probablement la liste des arguments justifiant son départ (probablement vers l'étranger), même en cas de premier doublé brugeois depuis quarante ans. Si certains, dans les rangs des Blauw en Zwart, ont imaginé Timmy Simons en successeur de Leko, voyant son installation dans le staff en début de saison comme une manière de le préparer à la fonction, l'ancien capitaine emblématique du Club ne semble pas avoir le feu sacré nécessaire pour se jeter corps et âme dans le costume de coach. La seule piste nationale envisagée dans les travées du Jan Breydel mène donc à un ancien de la maison, passé à côté de la fonction voici deux ans. Dans les yeux brugeois, Philippe Clement semble être le successeur idéal pour Ivan Leko. S'il avait été déçu de voir le Croate finalement nommé à la succession de Preud'homme, alors que la direction l'avait évincé de la liste des candidats en disant qu'elle souhaitait privilégier des pistes plus expérimentées et en redoutant la trop grande proximité entre Clement et les joueurs, l'actuel coach de Genk ne verrait pas d'un mauvais oeil un retour à ses amours brugeoises. Lors de son départ de Waasland-Beveren pour Genk, l'actuel coach du Racing avait évoqué en privé ses craintes de voir un Freethiel démantelé, annonçant en quelque sorte la difficile saison qu'allaient vivre ses anciennes couleurs suite à d'importants départs non compensés par un scouting trop aléatoire. Si la structure limbourgeoise est plus solide, la crainte d'un exode est réelle lors du prochain été à la Luminus Arena, où des joueurs comme Ally Samatta, Sander Berge, Ruslan Malinovski, Leandro Trossard voire Joakim Maehle pourraient être tentés d'aller poursuivre leur carrière ailleurs. Une perspective qui pourrait inciter Clement à opter pour l'éventuelle offre brugeoise, même en cas de titre chez les Genkies. Après tout, Frank Vercauteren avait également quitté le Limbourg suite à son sacre en 2011, le dernier en date pour le club. Afin d'éviter un tel scénario, Genk envisagerait d'offrir un nouveau contrat à Clement, à durée déterminée, pour mettre un terme au CDI actuel qui permet au coach d'opter plus facilement pour un nouveau challenge. Si tel était finalement le cas, le Racing devrait se mettre en quête d'un autre mentor. Une perle rare puisée à l'étranger ? Le club n'a jamais hésité à se tourner vers les Pays-Bas, y trouvant souvent des coaches à la philosophie de jeu offensive et au goût prononcé pour la post-formation, poursuivant l'idéal qui veut faire de l'entité limbourgeoise une sorte de version belge de l'Ajax. De rêve ajacide, il est également question dans la capitale. Et malgré son passeport batave, Fred Rutten ne semble pas remplir toutes les cases d'un football à l'amstellodamoise. S'il a honoré la première partie de son contrat en qualifiant les Mauves pour les play-offs 1, le Néerlandais devra réaliser des miracles pour convaincre la direction de lui offrir un bail prolongé à la tête du club le plus titré du pays. Pas franchement apprécié par une partie du vestiaire, Rutten ne fait pas non plus rêver les tribunes. En privé, les dirigeants confieraient déjà à certains joueurs que la prochaine saison se déroulera avec un autre coach. Piste prioritaire en janvier, très proche d'apposer sa signature en bas d'un contrat mauve, Kasper Hjulmand semble favori pour revenir dans le parcours. Bloqué par son club de Nordsjaelland l'hiver dernier, il a démissionné dès l'arrivée du printemps et pourrait très bien s'installer sur le banc du stade Constant Vanden Stock lors de la reprise. Le Scandinave serait tenu en haute estime par son compatriote, Frank Arnesen. La Danish Connection nationale pourrait-elle s'agrandir ? L'avenir de Jess Thorup, qui s'écrivait plutôt en pointillés après des premiers mois en dents de scie, pourrait bien s'éclaircir dans le sprint final. Si le coach danois suscitait des doutes au bout de l'hiver, sa qualification pour les play-offs 1 et la présence des Buffalos en finale de la Coupe pourraient rebattre les cartes de son futur. Thorup pourrait ainsi connaître un scénario comparable à celui vécu par Vanderhaeghe quelques mois plus tôt, sauvant sur l'autel des résultats une méthode qui n'a pas toujours fait l'unanimité au sein du club. En cas de chute du mentor des Gantois, le banc de touche de la Ghelamco Arena suscitera forcément des convoitises. Le nom d'Hein Vanhaezebrouck, toujours tenu en haute estime par le président Ivan De Witte pour son titre et son parcours historique en Ligue des Champions, devrait inévitablement circuler chez les Buffalos. Tout comme celui de Felice Mazzù, jamais avare de compliments envers le club lorsqu'il rend visite aux Gantois en championnat et contacté - par l'intermédiaire de Roger Henrotay - pour prendre la température quant à un éventuel déménagement vers Gand suite au licenciement de Vanderhaeghe en début de saison. Pour la première fois depuis son arrivée au Mambour, un départ de Mazzù semble réellement probable au terme de la saison. Le coach des Zèbres a contesté avec une véhémence inédite les départs de Kaveh Rezaei et de Cristian Benavente, qui ont plombé une saison finalement bouclée à une anonyme et décevante neuvième place. Ses récentes sorties médiatiques ont clairement ouvert la porte à un nouveau défi, qui se dessinerait plus sous la forme d'un départ que sous celle d'un renouvellement en profondeur d'un noyau qui a déjà énormément changé ces derniers mois. Charleroi prend d'ailleurs ses précautions, entendant sans doute les murmures qui affirment que Mazzù serait prêt à prendre une année sabbatique si nécessaire, avant de se relancer sur un autre banc. Des contacts ont déjà été noués avec Luka Elsner, coach à succès de l'Union Saint-Gilloise, en vue d'une éventuelle arrivée sur le banc zébré dans un futur plus ou moins proche. Reste que la cote de Mazzù a pâli, suite à ces derniers mois teintés de déception. Au sommet de la hype nationale, l'entraîneur sambrien a dû laisser sa place à l'élégance de Marc Brys et au génie tactique de Bernd Storck. Difficile d'imaginer les deux hommes conserver leur place à l'ombre la saison prochaine, pour des raisons bien différentes. Du côté du Stayen, malgré les résultats qui ont permis de croire jusqu'au bout à une qualification pour les play-offs 1 près de dix ans après la première (et unique) fois des Canaris dans le top 6, on entend gronder certains joueurs importants du noyau. Au jour le jour, les méthodes de Brys seraient très contraignantes, avec des doubles séances quasiment quotidiennes et surtout très longues, qui entraînent une grande lassitude chez des joueurs conscients qu'ils sont soumis à un régime bien plus spartiate que la plupart de leurs condisciples de l'élite. Brys pourrait donc être poussé vers la sortie par les dirigeants japonais, et profiter de sa cote revue à la hausse en Belgique pour accéder à un banc de prestige. À moins de suivre les traces de Tom Van den Abbeele, directeur général des sports du STVV, récemment parti à Breda, où le NAC prépare déjà avec ambition son retour rapide parmi l'élite suite à une relégation quasiment actée. À Mouscron, où l'avenir sportif du club s'écrit comme toujours au conditionnel, la série folle des hommes de Bernd Storck ne passe pas inaperçue. À l'inverse de plusieurs de ses confrères, qui aiment se plaindre off the record du manque de qualité de leur noyau pour justifier des résultats insuffisants ou un fonds de jeu lymphatique, l'Allemand tire la quintessence d'un groupe moyen, faisant planer la plupart de ses joueurs bien au-delà de leur niveau réel. Les Hurlus feront évidemment tout pour garder leur mentor à succès, mais les convoitises risquent de débarquer sur le téléphone d'un coach que certains imaginent déjà à la tête de l'une des écuries les plus prestigieuses du pays. Storck n'aura probablement que l'embarras du choix, et se retrouvera certainement dans la short-list de nombreux clubs pré-cités, en quête d'un nouveau capitaine pour emmener leur navire vers le futur. Pour compléter le jeu de chaises musicales des hautes sphères, un détour vers la métropole anversoise s'impose. S'il lui reste encore un an de contrat au Bosuil, Laszlo Bölöni ne fait pas l'unanimité dans les bureaux du Great Old. Certains s'affirment déçus par le football produit par ses troupes, bien trop minimaliste malgré d'évidentes qualités dans le noyau, mais la qualification précoce pour les play-offs 1 plaide malgré tout en faveur du Roumain, bien moins contesté qu'un an plus tôt quand la majorité du club espérait son départ. Lucien D'Onofrio avait alors maintenu sa confiance en son coach fétiche, affirmant ainsi son autorité au sein du matricule 1. Au sein d'un club encore jeune, l'ancien agent de Zinédine Zidane estimait que la reconstruction nécessitait une personnalité forte sur le pont, et faisait confiance à Bölöni en sachant qu'il ne céderait pas aux nombreuses influences extérieures qui accompagnent nécessairement chaque pas de géant d'un club ambitieux. Un an plus tard, si les résultats lui ont donné raison, le discours est moins catégorique quant à l'avenir du Roumain. Une séparation pourrait être envisagée, et les résultats acquis lors des play-offs devraient avoir leur influence sur le futur du Great Old. La tension a baissé de plusieurs crans en l'espace de douze mois, et voir Bölöni prolonger son bail n'est malgré tout pas une utopie. Son successeur, s'il a lieu d'être trouvé dans les prochaines semaines, ne viendra en tout cas pas de son banc. Wim De Decker, artisan de la montée, se satisfait de son rôle dans l'ombre. L'ancien milieu de terrain verrait plutôt son futur comme directeur sportif que comme entraîneur, craignant probablement les errances d'une trajectoire que d'autres comme Bob Peeters ou Glen De Boeck ont déjà connue, passant du statut de coming man du coaching national à celui qui doit se contenter du moindre banc qu'on lui offre au sein de l'élite. Ces noms-là ne sortiront pas du chapeau toujours étonnant de Lucien D'Onofrio à l'heure de débusquer un éventuel successeur pour Laszlo Bölöni. Une seule chose est sûre : une séparation entre le Great Old et le Roumain ferait tourner encore plus vite le carrousel des bancs de touche de l'élite. Quand la musique s'arrêtera, il faudra se dépêcher de trouver une nouvelle place. Dans le cas contraire, il faudra attendre la chute d'un malheureux pour remonter en selle.