Vendredi à lundi: championnats nationaux. Mardi à jeudi: poules européennes, retard à rattraper. Avalanche de foot-télé, ce qui aide les footeux confinés at home à encaisser ce corona recrudescent, qui les importune d'autant plus qu'on leur a supprimé le foot amateur. Si nos pros continuent à pouvoir footballer, c'est donc que leur activité est jugée essentielle par nos gouvernants, gardiens de nos santés. Et si nos amateurs doivent stopper, c'est que leurs tripotages de ballon sont décrétés non-essentiels.
...

Vendredi à lundi: championnats nationaux. Mardi à jeudi: poules européennes, retard à rattraper. Avalanche de foot-télé, ce qui aide les footeux confinés at home à encaisser ce corona recrudescent, qui les importune d'autant plus qu'on leur a supprimé le foot amateur. Si nos pros continuent à pouvoir footballer, c'est donc que leur activité est jugée essentielle par nos gouvernants, gardiens de nos santés. Et si nos amateurs doivent stopper, c'est que leurs tripotages de ballon sont décrétés non-essentiels. Distinguo horripilant, c'est encore le coup du p'tit qu'on spotche. Je râle, comme râle l'Horeca fermé sur les grands magasins ouverts. Car si la promiscuité qu'implique un match de foot est source de propagation potentielle, la logique veut qu'on interdise TOUTE pratique, point-barre. Eh bien non, faut croire que les contacts dans notre sport sont moindres que ceux du café ou du resto, qui sont deux sports d'intérieur: notre promiscuité est tolérée, mais seulement pour nos dribbleurs de la Haute, car ce qui différerait, dit-on, c'est le contexte des matches des uns, mais pas des autres. Mouais... Les pros, paraît-il testés sans cesse, sont garantis vierges de Covid dès qu'ils entrent, non-masqués, sur un terrain. Y'en a d'ailleurs qui, covidés, restent parfois sur la touche. Mais avec les rescapés en pleine santé, il reste du blé à se faire: par le biais des droits télé, et sans la dangerosité de spectateurs agglutinés! Nos protagonistes du top se sont donc déjà habitués aux gradins inoccupés, un temps honnis, au début si bizarres. Stars qu'ils sont, ils se savent regardés, même si c'est à distance et via petit écran! Et nous aussi, devant nos télés et interdits de stade, nous nous sommes faits à ces assistances clairsemées ou absentes: nous ne les voyons plus guère, le foot en soi est plus fort que tout, les réalisations télé nous dorent habilement la pilule. Le spectacle-pro tempère nos frustrations d'amateurs... Qui sait si le foot du top n'est pas en train de muter: demain sur place, quelques magnats dans de coquets bungalows aseptisés, champignons de luxe épars, érigés plic-ploc au sein du stade déserté. Et la masse des prolos devant leur téloche, évidemment en pay-TV... Pas de droits télé en amateurs, donc pas de tests systématiques, donc pas de matches. Et pas de vestiaires ni douches, vu qu'y rôderait l'horreur des contaminations! C'est con parce qu'en temps normal, le nombre de spectateurs ne provoque pas files et foules comme au top: la distanciation sociale exigée pour cinquante à 200 rwétants dûment masqués et de bonne volonté, ça paraissait réalisable. Mais c'est oublier les buvettes... Un, exact, elles nous ramènent à la promiscuité: si tu es en train de boire ta chope, tu n'es pas en train de porter un masque. Et si tu bois cinq ou dix chopes, faut pas faire un dessin... Au passage, ne me suggérez pas des masques percés d'un trou pour boire à la paille, c'est une mauvaise idée: paille rime avec ripaille, ça serait bonjour guindaille, les uns contre les autres... Deux, les buvettes sont un lieu d'échange, de chaleur humaine, de sociabilité. Encore exact, c'est partie intégrante des charmes du foot de base. N'empêche que mieux vaut un match sans buvette que pas de match du tout: on peut se passer de la troisième mi-temps si l'on raffole des deux premières... Trois, but not least, je lis partout que "les buvettes sont un élément indispensable à la survie financière des petits clubs". Là, non, taclons pas bobonne: le fric des buvettes est surtout nécessaire pour défrayer (euphémisme) les pratiquants amateurs! Eh bien, le Covid-19 est une merveilleuse occasion pour ces amateurs de prouver qu'ils le sont: "Si j'aime le foot et que le pognon manque, je me déplace à mes frais, et je taquine la balle pour pas un balle!" Et les pros manqués pas d'accord, ou ceux qui auront peur de s'en retourner dans leur bagnole un peu crottés, on s'en passera. Na. En fait, je voudrais quoi? Jouer tout? Loin de là, faut pas déconner! Mais un front footeux face au Covid. Au sein de notre pyramide footeuse, que les man'dayes de la base ne se laissent pas dézinguer, et que les mecs du sommet ne laissent pas dézinguer la base. Que les amateurs jouent les insoumis en boycottant le foot à la télé. Ou mieux, que les pros refusent de jouer par solidarité avec la base. Arrêt total au lieu du bordel! Qu'on pleure tous ensemble sur le manque, en attendant les jours meilleurs. Je sais, ça n'arrivera pas.