C'est l'image de l'année en couverture de ce numéro de Noël de Sport / Foot Magazine: les buteurs Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku unis dans le triomphe après la victoire 2-1 des Diables Rouges sur les Etats-Unis, en Coupe du Monde. L'équipe était qualifiée pour les quarts de finale et le pays était plongé dans une extase inédite, après avoir déjà maintes fois sombré dans le délire avant même le périple brésilien. Après un début de compétition pataud, cette équipe encensée de toutes parts a placé la Belgique sur la carte mondiale. Chacun a plongé dans un univers onirique, rêvant déjà à une finale.

Ces jours-ci, on voit un peu partout des images de ce bel été footballistique. Nous rappelons ces moments au fil de ce numéro, le dernier de l'année, par le biais d'une série de témoignages. Ce sont de beaux souvenirs. Peu de gens ont nuancé ces moments, même si l'euphorie suscitée n'était manifestement pas en rapport avec la qualité du jeu de l'équipe. A l'issue des quarts de finale perdus contre l'Argentine, même Marc Wilmots, habituellement le réalisme personnifié, a proclamé que la Belgique avait fait jeu égal avec son adversaire.

Pourtant, durant ce match, l'équipe avait justement été confrontée à des limites et n'avait notamment pas été capable de trouver des solutions au manque d'espaces. Déjà, on avait constaté que les Diables Rouges devaient encore progresser sur le plan tactique, qu'ils possédaient trop peu d'automatismes offensifs, de schémas sur lesquels s'appuyer. Tout a été passé à la trappe de l'oubli, trop vite. L'événement avait été beau, il était question d'une certaine décompression et une nouvelle compétition s'annonçait.

Six mois plus tard, il ne reste plus grand-chose du rêve brésilien. L'équipe ne progresse plus, même si plusieurs Diables Rouges restent impressionnants à l'étranger : Thibaut Courtois mais aussi Eden Hazard ou Kevin De Bruyne, qui s'est mué en architecte du surprenant VfL Wolfsbourg et qui conserve sans problème sa forme dans un championnat où on est impitoyablement balayé si on ne possède pas un physique suffisant.

"Wilmots risque de tomber dans le même piège que ses prédécesseurs."

Marc Wilmots sent les doutes grandir autour de lui. Il se défend dans cette ambiance de scepticisme croissant. A l'occasion du programme TV Karakters, il a déclaré que certains journalistes voulaient qu'il parte. Ce n'est pas une déclaration intelligente.

Wilmots risque de tomber dans le même piège que ses prédécesseurs, qui se sont cherché un ennemi, de préférence la presse. Wilmots, qui a laissé entendre qu'il n'honorerait peut-être pas son contrat jusqu'à son terme, il y a un mois, et qui a eu une offre de Schalke 04, a cette fois déclaré qu'il ne partirait pas avant 2018, ajoutant que plus certains journalistes voudraient qu'il s'en aille, plus il serait enclin à rester.

Un faux-pas malheureux. Une guerre avec la presse ne servirait personne et elle ne s'intègre certainement pas dans la stratégie de la Fédération qui, dans l'ombre des succès des Diables Rouges, s'est muée, quittant son habit de ministère rigide pour devenir une entreprise contemporaine, qui veut se présenter comme telle au monde extérieur.

Beaucoup d'entraîneurs belges ont du mal à encaisser les critiques. C'est d'autant plus étrange que la presse belge est généralement plutôt tendre. Son sens critique n'est rien en comparaison avec l'étranger. La clef du succès réside dans la connaissance qu'on a de soi. On cherche trop facilement des excuses pour camoufler ses manquements. Le phénomène se répète après chaque journée de championnat.

Cette fin d'année est propice à la réflexion. De la part des dirigeants, des entraîneurs et des footballeurs. Et de Marc Wilmots, qui avait évoqué, après la Coupe du Monde, les nouveaux accents à placer. Jusqu'à présent, on n'en a pas vu grand-chose, sans même parler d'une nouvelle étape dans le développement de l'équipe. Il appartient aux médias de le signaler. Les entraîneurs doivent être au-dessus de ça. Ils doivent pouvoir encaisser. Ils doivent travailler, pas râler ni se plaindre. Comme le faisait Wilmots quand il est devenu sélectionneur.

C'est l'image de l'année en couverture de ce numéro de Noël de Sport / Foot Magazine: les buteurs Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku unis dans le triomphe après la victoire 2-1 des Diables Rouges sur les Etats-Unis, en Coupe du Monde. L'équipe était qualifiée pour les quarts de finale et le pays était plongé dans une extase inédite, après avoir déjà maintes fois sombré dans le délire avant même le périple brésilien. Après un début de compétition pataud, cette équipe encensée de toutes parts a placé la Belgique sur la carte mondiale. Chacun a plongé dans un univers onirique, rêvant déjà à une finale.Ces jours-ci, on voit un peu partout des images de ce bel été footballistique. Nous rappelons ces moments au fil de ce numéro, le dernier de l'année, par le biais d'une série de témoignages. Ce sont de beaux souvenirs. Peu de gens ont nuancé ces moments, même si l'euphorie suscitée n'était manifestement pas en rapport avec la qualité du jeu de l'équipe. A l'issue des quarts de finale perdus contre l'Argentine, même Marc Wilmots, habituellement le réalisme personnifié, a proclamé que la Belgique avait fait jeu égal avec son adversaire.Pourtant, durant ce match, l'équipe avait justement été confrontée à des limites et n'avait notamment pas été capable de trouver des solutions au manque d'espaces. Déjà, on avait constaté que les Diables Rouges devaient encore progresser sur le plan tactique, qu'ils possédaient trop peu d'automatismes offensifs, de schémas sur lesquels s'appuyer. Tout a été passé à la trappe de l'oubli, trop vite. L'événement avait été beau, il était question d'une certaine décompression et une nouvelle compétition s'annonçait.Six mois plus tard, il ne reste plus grand-chose du rêve brésilien. L'équipe ne progresse plus, même si plusieurs Diables Rouges restent impressionnants à l'étranger : Thibaut Courtois mais aussi Eden Hazard ou Kevin De Bruyne, qui s'est mué en architecte du surprenant VfL Wolfsbourg et qui conserve sans problème sa forme dans un championnat où on est impitoyablement balayé si on ne possède pas un physique suffisant.Marc Wilmots sent les doutes grandir autour de lui. Il se défend dans cette ambiance de scepticisme croissant. A l'occasion du programme TV Karakters, il a déclaré que certains journalistes voulaient qu'il parte. Ce n'est pas une déclaration intelligente.Wilmots risque de tomber dans le même piège que ses prédécesseurs, qui se sont cherché un ennemi, de préférence la presse. Wilmots, qui a laissé entendre qu'il n'honorerait peut-être pas son contrat jusqu'à son terme, il y a un mois, et qui a eu une offre de Schalke 04, a cette fois déclaré qu'il ne partirait pas avant 2018, ajoutant que plus certains journalistes voudraient qu'il s'en aille, plus il serait enclin à rester.Un faux-pas malheureux. Une guerre avec la presse ne servirait personne et elle ne s'intègre certainement pas dans la stratégie de la Fédération qui, dans l'ombre des succès des Diables Rouges, s'est muée, quittant son habit de ministère rigide pour devenir une entreprise contemporaine, qui veut se présenter comme telle au monde extérieur. Beaucoup d'entraîneurs belges ont du mal à encaisser les critiques. C'est d'autant plus étrange que la presse belge est généralement plutôt tendre. Son sens critique n'est rien en comparaison avec l'étranger. La clef du succès réside dans la connaissance qu'on a de soi. On cherche trop facilement des excuses pour camoufler ses manquements. Le phénomène se répète après chaque journée de championnat.Cette fin d'année est propice à la réflexion. De la part des dirigeants, des entraîneurs et des footballeurs. Et de Marc Wilmots, qui avait évoqué, après la Coupe du Monde, les nouveaux accents à placer. Jusqu'à présent, on n'en a pas vu grand-chose, sans même parler d'une nouvelle étape dans le développement de l'équipe. Il appartient aux médias de le signaler. Les entraîneurs doivent être au-dessus de ça. Ils doivent pouvoir encaisser. Ils doivent travailler, pas râler ni se plaindre. Comme le faisait Wilmots quand il est devenu sélectionneur.