Combien de chances avons-nous de te voir encore en championnat de Belgique la saison prochaine?

La réalité, c'est que les places de gardiens sont chères en Belgique. À moins qu'Ochoa ne quitte le Standard, le Club est sans doute le seul à chercher un nouveau portier. Si je suis réaliste, je dois donc chercher à l'étranger. Il y a des options, des clubs qui se sont manifestés il y a des mois, et j'ai un accord avec Eupen, auquel je suis encore lié une saison.

Tout le monde connaît donc ma situation. Je n'exclus aucune compétition mais mon but est de rejoindre un club plus important, de progresser. Le championnat néerlandais n'est pas mieux coté que le belge mais des clubs comme l'Ajax, Feyenoord et le PSV constituent de beaux défis. De même que des clubs moyens d'Italie, d'Espagne et l'Allemagne.

Les PO2 ont-ils été un peu amusants?

Ils ne sont pas attrayants, si ce n'est pour Saint-Trond, Courtrai et Charleroi, les clubs qui visaient la première place, ainsi que pour les formations de D1B et quelques jeunes qui ont ainsi eu du temps de jeu. Il n'y a plus de plaisir dès qu'on n'est plus en lice pour la première place. Or, après trois journées, on savait où on en était. À partir de ce moment, il faut se rabattre sur d'autres objectifs.

Ainsi, je me suis répété qu'on ne peut jamais savoir qui est présent au stade pour m'observer, bien que lors des derniers matches à domicile, j'aurais pu compter les spectateurs. J'ai eu du mal à rester concentré : j'atteins mon meilleur niveau quand je suis un peu sous pression.

Tu étais une révélation il y a trois ans, tu as confirmé la saison suivante. Tu as encore appris quelque chose cette saison ou c'est une année perdue, durant laquelle tu as regretté de n'avoir pas rejoint Sassuolo en été?

J'ai appris à transformer mes frustrations personnelles en motivation supplémentaire. Je me suis vidé la tête et fixé d'autres objectifs. À certains moments, je me suis énervé, comme quand j'ai encaissé un but évitable ou en voyant certains retomber sans cesse dans les mêmes erreurs, malgré toutes les mises en garde. Cette année, j'ai appris qu'il était temps de me chercher un nouveau projet.

Il est parfois préférable de monter dans le train trop tôt que trop tard. Il n'y a pas que l'aspect sportif. Les côtés personnel et familial jouent un rôle. Disons que je suis maintenant prêt à franchir un palier, à tous points de vue, parce que je suis tombé dans une certaine routine et que ce n'est pas bon. J'ai pris conscience de devoir quitter ma zone de confort.

Tu as le sentiment de jouir d'assez de reconnaissance en Belgique ou on doute encore trop de tes moyens?

J'ai discuté avec Vincent Mannaert, ce qui veut quand même dire que le Club Bruges apprécie mon niveau. Peut-être quelques grands clubs belges ont-ils été effrayés par le prix demandé par Eupen. Au début, il est aussi plus facile de se distinguer dans le bon sens. Cette année, côté gardiens, ce sont Nardi et Butez qui ont attiré l'attention.

Les nouveaux joueurs sont toujours tendance, puis le soufflé retombe. Il n'est tout simplement pas facile de défendre les buts d'Eupen après quelques années. Je dois trouver un club où on attend beaucoup plus de moi.

En suivant la fantastique campagne de l'Ajax, tu as pensé que tu aurais pu y participer? Il y a deux ans, tu pouvais y signer comme deuxième gardien mais tu as préféré d'abord faire tes preuves en Belgique.

Naturellement, j'ai parfois pensé que j'aurais pu faire partie du noyau mais je ne sais pas ce qui se serait passé pendant ces deux années si j'avais sauté le pas. Serais-je resté réserve, serais-je devenu premier gardien ou l'Ajax m'aurait-il revendu? En fait, j'ai surtout savouré les matches de l'Ajax.

Par Geert Foutré