Le trophée Larry O'Brien va rejoindre pour la première fois le Canada, le pays où est né l'inventeur du basket, James Naismith. Ce retour aux sources est le résultat d'une incroyable et improbable saison de Toronto qui, 24 ans après son apparition en NBA, s'est offert son premier titre. Les Raptors ne faisaient pas partie des favoris, ou même des outsiders, en début de saison après avoir décidé de limoger Dwane Casey, élu pourtant quelques semaines plus tôt meilleur entraîneur de NBA, et de le remplacer par un débutant à ce niveau, Nick Nurse, adjoint chez les Raptors les cinq saisons précédentes, et qui a coaché ... Ostende lors de la saison 1997-98. Mais ce pari, celui aussi de recruter Kawhi Leonard qui sortait d'une saison quasi-blanche, ont été payants. Tout comme l'arrivée de l'expérimenté pivot espgnol Marc Gasol en cours de saison. Leonard et ses coéquipiers n'ont jamais fait de complexe face à l'ogre californien qui sur papier était intouchable à l'aube du championnat. "Je voulais marquer l'histoire", s'est justifié "The Klaw", principal artisan de ce sacre, même s'il n'a marqué "que" 22 points jeudi. "L'été dernier, c'était difficile pour moi et j'ai continué à travailler dur et à croire en moi en me disant qu'on pouvait viser ce titre. C'est pour gagner ce trophée que je joue au basket et que je m'entraîne d'arrache pied", a insisté l'ailier, sacré meilleur joueur (MVP) de la finale 2019, comme en 2014 après son premier titre conquis avec San Antonio. Leonard était arrivé, sans enthousiasme, dans la grande métropole canadienne à l'entre-saison à la suite d'un échange avec DeMar DeRozan parti à San Antonio. Le meneur des Raptors Kyle Lowry a été le "Canadien" le plus précieux jeudi. Il a marqué 26 points, dont 21 avant la pause, donné 10 passes décisives et récupéré 7 rebonds. Il a été épaulé par deux joueurs que personne n'attendait à ce niveau en début de saison, le Camerounais Pascal Siakam (26 pts) qui dispute seulement sa deuxième saison pleine en NBA, et le meneur américain Fred VanVleet (22 pts) qu'aucune équipe n'avait drafté à sa sortie d'université. Dans un match longtemps indécis, Toronto a dû attendre les deux dernières minutes pour prendre l'ascendant en s'offrant six points d'avance (102-108). Mais Golden State, décimé par les blessures, s'est battu jusqu'au bout. Son meneur-vedette Stephen Curry aurait pu donner la victoire à son équipe et arracher un septième et dernier match, mais il a trop forcé sa tentative de shoot à trois points à dix secondes de la fin du temps réglementaire (108-109). Golden State, déjà privé de son meilleur marqueur Kevin Durant, victime d'une rupture du tendon d'Achille lundi pour son premier match depuis un mois, n'a pas été ménagé par la malchance. Les Warriors ont perdu durant le 3e quart-temps Klay Thompson, qui s'est blessé au genou gauche après avoir été déséquilibré par Danny Green qui tentait de le contrer. Sans Thompson (30 pts en 32 minutes) et avec Curry en panne de réussite (21 pts, 6 sur 17 au tir), ils ont craqué dans le final. L'esprit revanchard des Warriors n'a pas disparu. "Je ne parierai pas contre nous la saison prochaine", a prévenu Stephen Curry. (Belga)