À l'évocation des Jeux Olympiques qui l'attendent, Lize Broekx, 29 ans, ne peut dissimuler un grand sourire. Dévouée totalement à son sport depuis la fin de ses études en biochimie, elle est totalement tournée vers Tokyo, où elle concourra seule (K1), et surtout avec Hermien Peters (K2).
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À l'évocation des Jeux Olympiques qui l'attendent, Lize Broekx, 29 ans, ne peut dissimuler un grand sourire. Dévouée totalement à son sport depuis la fin de ses études en biochimie, elle est totalement tournée vers Tokyo, où elle concourra seule (K1), et surtout avec Hermien Peters (K2). Quand avez-vous commencé à participer aux compétitions avec Hermien Peters? LIZE BROEKX: Nous avons fait notre première course ensemble en 2012 lors de la sélection pour les JO de Londres. On savait qu'on ne pouvait pas se qualifier, mais comme nous étions très jeunes, on nous a proposé de le faire pour acquérir de l'expérience. Depuis, nous participons à des compétitions ensemble chaque année. Pas toutes, mais beaucoup. Avez-vous essayé de vous qualifier pour Rio aussi? BROEKX: Oui, mais aux championnats du monde de 2015, on a fini à la treizième place alors que seuls les huit premiers duos se qualifiaient. En 2016, on a de nouveau tenté notre chance aux qualifications olympiques, mais on a échoué à la première place des non-qualifiées. C'était une déception? BROEKX: Oui parce que nous avions fait notre maximum pour y arriver, mais non parce que nous savions que nous pourrions faire mieux par la suite. On ne s'entraînait pas à 100% à cause de nos études, donc on pouvait encore beaucoup progresser. On ne pouvait pas aller aux camps d'entraînement, surtout ensemble, donc on n'était pas prêtes. Est-ce facile de toujours travailler à deux? BROEKX: Heureusement, on a beaucoup d'autres coéquipiers dans notre club avec qui nous pouvons nous entraîner. Et en camp à l'étranger, nous invitons souvent d'autres nations à venir avec nous. Donc nous sommes toujours toutes les deux, mais il y a souvent d'autres kayakistes avec nous, ce qui est toujours sympa. Qu'est-ce qui fait le succès de votre duo? BROEKX: Nous sommes les deux seules filles de ce niveau en Belgique, donc on sait qu'on a besoin l'une de l'autre pour progresser et faire de bons résultats. Et on a vraiment envie de le faire ensemble, ce qui crée un lien très fort. On a une grande confiance en l'autre et on se pousse mutuellement pour être les meilleures. En plus, il y a une petite bagarre entre nous pour essayer d'être meilleure que l'autre, ce qui nous motive et nous fait progresser énormément. La qualification olympique, c'était votre principal objectif ces dernières années? BROEKX: Oui, c'était clairement l'objectif numéro 1. Depuis que nous avons raté la sélection pour Rio, on avait ce rêve en tête et on y a travaillé pendant trois ans, jusqu'en 2019 et notre ticket obtenu aux championnats du monde. Comment avez-vous vécu le report en 2020? BROEKX: J'étais plutôt heureuse parce que le monde était dans un tel chaos que c'était impossible de justifier la tenue de cet événement. Mais j'étais contente que ce soit postposé et pas supprimé. Si les JO avaient été annulés, ça aurait été beaucoup plus dur à vivre parce qu'une grosse partie de notre travail aurait été inutile. Quels sont vos objectifs au Japon? BROEKX: On veut d'abord faire du mieux qu'on peut. Mais pour le K2, nous avons clairement la finale dans notre viseur, ce qui signifierait un top 8. Les courses sont extrêmement serrées à ce niveau-là, donc ça va se jouer à peu de choses et on peut espérer aller encore plus haut. Mais le principal objectif, c'est la finale, puis on verra ce qu'on pourra obtenir. En K1, il y aura énormément de filles très fortes. D'habitude, il n'y a qu'une athlète par pays dans la compétition mais ici, pour la première fois, il peut y en avoir deux. Pour nous, c'est bien parce qu'Hermien et moi pouvons toutes les deux concourir, mais ça signifie que beaucoup de filles très rapides d'autres pays pourront aussi participer. Ce sera très amusant et j'espère aller en finale aussi, mais ce sera certainement plus compliqué. Dans un sport comme le vôtre, qui n'est pas très exposé dans les médias, quelle est l'importance des Jeux Olympiques? BROEKX: C'est vrai que notre sport n'est pas beaucoup médiatisé, ce qui fait qu'on n'a pas beaucoup d'argent. Ce n'est pas important pour les athlètes, je n'ai pas besoin de plus d'argent, j'en ai grâce à mon contrat avec Sport Vlaanderen. Mais pour la fédération, ce sont de grosses rentrées qui permettent d'organiser des meilleures compétitions et c'est positif pour nous pour la suite. Est-ce votre seul objectif de l'année? BROEKX: C'est le principal, mais peut-être pas le seul. Il y a aussi un championnat du monde en septembre, mais on n'est pas encore sûres d'y participer. Ça dépendra de notre forme physique et mentale après les JO. Avant, il y a les manches de Coupe du monde et les championnats d'Europe, mais c'est plus une préparation pour les Jeux Olympiques. Les championnats d'Europe sont seulement une préparation pour vous? BROEKX: Oui parce que si on atteint notre pic de forme là-bas, ce sera trop court pour en avoir un autre à Tokyo. Donc on préfère les prendre comme une préparation. On fera notre maximum, mais notre forme ne sera sûrement pas top. Surtout qu'ils sont organisés entre les manches de Coupe du monde et les Jeux, nos deux pics annuels, donc c'est compliqué. Qu'attendez-vous de ces Jeux Olympiques? BROEKX: Le plus important, c'est de faire une bonne compétition. Je ne veux pas y aller pour voir comment ça se passe, je veux y aller pour obtenir un bon résultat et faire la meilleure performance possible. En plus, les Jeux seront bien différents que lors des éditions précédentes parce que nous ne pourrons probablement pas assister aux autres compétitions. Il sera d'autant plus important de se concentrer sur sa propre course.