"Contre les Pays-Bas, on a toutes réalisé le chemin qu'il reste à parcourir. Ça doit aussi venir des joueuses, qui en font cependant déjà beaucoup et tentent de s'entraîner plus. Mais on se rend compte qu'il faut encore aller plus loin." Les mots sont issus de notre numéro de ce mercredi, et de la bouche de Justine Vanhaevermaet, l'une des quelques Red Flames à être 100% pro au sein du noyau belge. Ils font suite aux défaites encaissées par ses équipières face aux Pays-Bas et l'Allemagne. Deux soufflantes qui ont fait cruellement apparaître ce qui sépare la Belgique du top européen. Franchir un cap à ce niveau passera par une seule chose : la professionnalisation de la compétition belge, des clubs et donc des joueuses.

Faute de temps devant elle, Tine De Caigny, 23 ans, a décidé de quitter le Royaume qui l'a chaussée d'or en janvier dernier pour lier son destin dès le mois de juin 2021 (jusqu'en 2023) à celui d'Hoffenheim, actuellement troisième de Bundesliga féminine, derrière les intouchables Bayern et Wolfsburg. "Les deux matches qu'on a disputés contre les Pays-Bas et l'Allemagne (défaites 1-6 et 2-0, ndlr) m'ont ouvert les yeux", explique l'attaquante d'Anderlecht. "Cela m'a prouvé qu'on doit grandir en tant que joueuses, moi y compris. À Anderlecht, c'était top, ils m'ont aidée à me développer durant cinq belles années, mais il me fallait plus. Il était temps pour moi d'ouvrir un nouveau chapitre. Je suis très impatiente. À la fois de savoir où j'en suis, mais aussi de devenir meilleure."

En effet, vu la façon dont le Sporting domine outrageusement la Super League belge, avec quatorze victoires en autant de journées et une moyenne de six pions claqués par rencontre, on voit mal ce que De Caigny, qui se dirige tranquillement vers un quatrième titre de rang sous le maillot mauve avec déjà 21 buts inscrits, aurait encore pu apprendre de plus sur elle et ses propres limites. Ce nouveau palier se situait donc forcément à l'étranger. "Ça a toujours été mon ambition de quitter la Belgique, mais j'ai toujours dit que je ne partirais que si l'ensemble du projet qu'on me proposait me convenait. Et je pense que c'était le cas avec Hoffenheim. C'est l'endroit parfait pour moi vu où j'en suis dans ma carrière", poursuit la Soulier d'Or 2020.

À Hoffenheim, je vais m'entraîner en journée, avoir mes soirées pour me reposer et pouvoir me concentrer à 100% sur le foot. Ça ne peut que me pousser à me développer."

Tine De Caigny

Replacée en attaque durant l'année 2019 à la fois en club et chez les Red Flames, celle qui est à la base une véritable box-to-box a vu sa carrière connaître un sérieux coup de boost suite à ses prestations internationales durant les qualifs pour l'EURO 2022 (contre une opposition pas toujours dingue, il est vrai...). C'est d'ailleurs dans la foulée de son doublé planté à la Suisse le 1er décembre dernier, qui qualifiait les Belges pour l'Angleterre, que les contacts se sont noués avec Hoffenheim. "On m'a embauchée pour évoluer devant, dans un rôle similaire à celui que je remplis avec l'équipe nationale. Mais cela pourra arriver que je redescende un peu sur le terrain, en fonction des matches et de ce que je montre", indique la Beverenoise, dont la polyvalence est l'un des atouts, en plus de sa taille (1,80 mètre).

Retour à l'étranger

Une joueuse qui va découvrir le championnat classé deuxième au coefficient UEFA, mais surtout retrouver les joies du professionnalisme. Une condition sine qua non pour franchir un cap dans une carrière entamée en 2013 déjà. "Cela va me changer de ma vie d'aujourd'hui, où je dois travailler (elle bosse dans un magasin de sport à Termonde trois jours par semaine entre 10 heures et 18h30, ndlr) et m'entraîner jusque tard dans la soirée", souffle-t-elle. "Ici, je vais m'entraîner en journée, avoir mes soirées pour me reposer et pouvoir me concentrer à 100% sur le foot. Voire m'offrir des extras au niveau entrainement. Ça ne peut que me pousser à me développer."

L'étranger, De Caigny y avait déjà goûté durant quelques mois en 2016, lorsqu'elle avait quitté la Belgique à l'aube de sa vie d'adulte, direction la Norvège et Valerenga (Oslo). Une expérience qui avait tourné court à l'époque. "Il y a une grande différence, c'est que j'ai grandi !", affirme l'Anderlechtoise. "À ce moment-là, je n'étais pas prête. Je suis plus expérimentée aujourd'hui et je me sens prête à partir. Bien sûr que ma famille et mes amis vont me manquer, mais je me sens suffisamment armée mentalement pour atteindre mon objectif."

Dans l'immédiat, celui-ci sera de conquérir un quatrième sacre en quatre ans, qui tend déjà les bras aux Mauves à quatre journées des play-offs. Avant de passer la frontière, direction l'Allemagne pour montrer ce qu'elle a dans le bide. Une jauge idéale à douze mois d'un EURO où les ambitions sont bel et bien présentes, côté belge. "Je n'ai pas peur de perdre ma place en sélection", conclut la future numéro 6 d'Hoffenheim. "Car même si je ne joue pas tout en club, je sais que je m'améliorerai rien qu'aux entraînements, rien qu'en côtoyant des joueuses de ce calibre, qui pour certaines sont internationales allemandes. C'est aussi ça qui me réjouit dans ce transfert : pouvoir aider l'équipe au maximum et me montrer contre les grands clubs."

Ou l'art de savoir se mettre en danger.

"Contre les Pays-Bas, on a toutes réalisé le chemin qu'il reste à parcourir. Ça doit aussi venir des joueuses, qui en font cependant déjà beaucoup et tentent de s'entraîner plus. Mais on se rend compte qu'il faut encore aller plus loin." Les mots sont issus de notre numéro de ce mercredi, et de la bouche de Justine Vanhaevermaet, l'une des quelques Red Flames à être 100% pro au sein du noyau belge. Ils font suite aux défaites encaissées par ses équipières face aux Pays-Bas et l'Allemagne. Deux soufflantes qui ont fait cruellement apparaître ce qui sépare la Belgique du top européen. Franchir un cap à ce niveau passera par une seule chose : la professionnalisation de la compétition belge, des clubs et donc des joueuses.Faute de temps devant elle, Tine De Caigny, 23 ans, a décidé de quitter le Royaume qui l'a chaussée d'or en janvier dernier pour lier son destin dès le mois de juin 2021 (jusqu'en 2023) à celui d'Hoffenheim, actuellement troisième de Bundesliga féminine, derrière les intouchables Bayern et Wolfsburg. "Les deux matches qu'on a disputés contre les Pays-Bas et l'Allemagne (défaites 1-6 et 2-0, ndlr) m'ont ouvert les yeux", explique l'attaquante d'Anderlecht. "Cela m'a prouvé qu'on doit grandir en tant que joueuses, moi y compris. À Anderlecht, c'était top, ils m'ont aidée à me développer durant cinq belles années, mais il me fallait plus. Il était temps pour moi d'ouvrir un nouveau chapitre. Je suis très impatiente. À la fois de savoir où j'en suis, mais aussi de devenir meilleure."En effet, vu la façon dont le Sporting domine outrageusement la Super League belge, avec quatorze victoires en autant de journées et une moyenne de six pions claqués par rencontre, on voit mal ce que De Caigny, qui se dirige tranquillement vers un quatrième titre de rang sous le maillot mauve avec déjà 21 buts inscrits, aurait encore pu apprendre de plus sur elle et ses propres limites. Ce nouveau palier se situait donc forcément à l'étranger. "Ça a toujours été mon ambition de quitter la Belgique, mais j'ai toujours dit que je ne partirais que si l'ensemble du projet qu'on me proposait me convenait. Et je pense que c'était le cas avec Hoffenheim. C'est l'endroit parfait pour moi vu où j'en suis dans ma carrière", poursuit la Soulier d'Or 2020.Replacée en attaque durant l'année 2019 à la fois en club et chez les Red Flames, celle qui est à la base une véritable box-to-box a vu sa carrière connaître un sérieux coup de boost suite à ses prestations internationales durant les qualifs pour l'EURO 2022 (contre une opposition pas toujours dingue, il est vrai...). C'est d'ailleurs dans la foulée de son doublé planté à la Suisse le 1er décembre dernier, qui qualifiait les Belges pour l'Angleterre, que les contacts se sont noués avec Hoffenheim. "On m'a embauchée pour évoluer devant, dans un rôle similaire à celui que je remplis avec l'équipe nationale. Mais cela pourra arriver que je redescende un peu sur le terrain, en fonction des matches et de ce que je montre", indique la Beverenoise, dont la polyvalence est l'un des atouts, en plus de sa taille (1,80 mètre).Une joueuse qui va découvrir le championnat classé deuxième au coefficient UEFA, mais surtout retrouver les joies du professionnalisme. Une condition sine qua non pour franchir un cap dans une carrière entamée en 2013 déjà. "Cela va me changer de ma vie d'aujourd'hui, où je dois travailler (elle bosse dans un magasin de sport à Termonde trois jours par semaine entre 10 heures et 18h30, ndlr) et m'entraîner jusque tard dans la soirée", souffle-t-elle. "Ici, je vais m'entraîner en journée, avoir mes soirées pour me reposer et pouvoir me concentrer à 100% sur le foot. Voire m'offrir des extras au niveau entrainement. Ça ne peut que me pousser à me développer."L'étranger, De Caigny y avait déjà goûté durant quelques mois en 2016, lorsqu'elle avait quitté la Belgique à l'aube de sa vie d'adulte, direction la Norvège et Valerenga (Oslo). Une expérience qui avait tourné court à l'époque. "Il y a une grande différence, c'est que j'ai grandi !", affirme l'Anderlechtoise. "À ce moment-là, je n'étais pas prête. Je suis plus expérimentée aujourd'hui et je me sens prête à partir. Bien sûr que ma famille et mes amis vont me manquer, mais je me sens suffisamment armée mentalement pour atteindre mon objectif."Dans l'immédiat, celui-ci sera de conquérir un quatrième sacre en quatre ans, qui tend déjà les bras aux Mauves à quatre journées des play-offs. Avant de passer la frontière, direction l'Allemagne pour montrer ce qu'elle a dans le bide. Une jauge idéale à douze mois d'un EURO où les ambitions sont bel et bien présentes, côté belge. "Je n'ai pas peur de perdre ma place en sélection", conclut la future numéro 6 d'Hoffenheim. "Car même si je ne joue pas tout en club, je sais que je m'améliorerai rien qu'aux entraînements, rien qu'en côtoyant des joueuses de ce calibre, qui pour certaines sont internationales allemandes. C'est aussi ça qui me réjouit dans ce transfert : pouvoir aider l'équipe au maximum et me montrer contre les grands clubs."Ou l'art de savoir se mettre en danger.