Parlons de Joachim Löw, le patron sportif de l'équipe allemande. Une équipe qui vient de se prendre une raclée mémorable contre l'Espagne.
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Parlons de Joachim Löw, le patron sportif de l'équipe allemande. Une équipe qui vient de se prendre une raclée mémorable contre l'Espagne. On a aujourd'hui l'impression que Löw est le plus incapable des incapables dans cette corporation. En tout cas, après quatorze ans à ce poste, il semble bien avoir perdu le contrôle de son groupe. On l'a vu en Espagne, où son système s'est effondré après le premier but espagnol. Löw en a lui-même fait le constat en conférence de presse d'après-match. Comme si ça pouvait lui servir d'excuse, d'argument pour se défendre. Il est fréquent que des entraîneurs tiennent des raisonnements étonnants dans des moments pareils. On se souvient qu'en début de carrière, Franky Vercauteren pouvait affirmer que ses consignes n'avaient pas été appliquées. Mais il ne se demandait pas si ses instructions étaient lisibles pour ses joueurs, ou s'il avait réussi à bien faire passer son message. Il est impossible que Joachim Löw ne remarque pas que le courant ne passe plus entre son groupe et lui. Le coach qui a une vraie personnalité propose alors à son employeur de mettre fin au contrat qui les lie. Mais il y a toujours la question financière. Löw gagne trois millions d'euros par an. Il est financièrement indépendant depuis longtemps, mais on ne laisse pas facilement tomber des montants pareils. Et que ferait l'homme s'il quittait son poste de sa propre initiative? Les entraîneurs sont comme les footballeurs, ils sont focus à fond sur leur sport, et à part ça, il n'y a généralement pas grand-chose dans leur vie. Ça explique pourquoi autant de sportifs se sentent très mal en cette période de pandémie. Une étude menée par l'Université de Stanford, en Californie, révèle qu'un sportif sur quatre ressent des craintes qui risquent de virer à la dépression parce que leur vie n'est plus remplie comme avant. Mais très peu de ces sportifs ont envie d'en parler. L'art des bons dirigeants consiste à donner à un entraîneur le bon contrat au bon moment. Sans tenir compte des émotions passagères. Ils doivent regarder plus loin que le bout de leur nez. On peut prendre l'exemple de Marc Wilmots, dont le contrat avait été (trop vite) prolongé après la qualification des Diables rouges pour la Coupe du monde au Brésil. Même chose pour Löw après le titre mondial de l'Allemagne dans le même tournoi, et notamment la fameuse victoire 7-1 contre la Seleção en demi-finale. En Belgique, aucun club n'accorde autant de confiance à son entraîneur que Zulte Waregem. En 2013, il a pu signer un contrat de dix ans qui a entre-temps été prolongé d'une saison, soit jusqu'en 2024. Francky Dury a évidemment ses mérites, mais dans l'intervalle, son club a quand même traversé plusieurs périodes difficiles. L'homme est suffisamment malin pour savoir qu'après autant d'années, c'est devenu compliqué pour lui d'encore surprendre ses joueurs. Même s'il y a chaque saison un grand nombre d'opérations qui permettent de renouveler le noyau en continu. En tout cas, avec ce contrat de très longue durée, Dury est tranquille. C'est son assurance. Et on ne l'imagine certainement pas y mettre fin anticipativement. Souvent, on a trop vite tendance à porter les entraîneurs de foot très haut. On n'a pas trop l'habitude de tout analyser. Aujourd'hui, les dirigeants du Beerschot envisageraient de proposer un très long contrat à Hernán Losada, dans la foulée du très bon début de saison. Dans une interview accordée la semaine dernière, Marc Degryse a dit qu'il voyait en l'Argentin un futur très grand coach. Bien sûr, Losada mérite des félicitations pour le foot attractif qu'il prône à Anvers, mais comment sera-t-il jugé quand son équipe tournera moins bien? Le plus important est d'essayer de voir si la philosophie d'un entraîneur colle bien aux caractéristiques du club. Une fois cet examen réalisé, on peut prolonger un contrat, même quand l'équipe est un peu dans le dur. C'est ce que Manchester City a fait avec Pep Guardiola.