"J'ai toujours eu le coeur mauve. Avant d'être joueur, j'étais supporter", nous expliquait Youri Tielemans l'an dernier. "C'est plutôt rare quelqu'un qui débute à 4 ans dans un club et qui rejoint son équipe première. J'ai donc toujours joué à Anderlecht et je vis pour ce club, tout simplement..."

S'il représente l'archétype du footballeur du RSCA par son assurance, sa conduite de balle menton levé, Tielemans n'a toujours pas subi les foudres, et ne les subira sans doute jamais, d'un Sclessin quelque peu moribond ce 2 octobre dernier après les départs du provocateur Silvio Proto, de Steven "Judas" Defour ou d'Anthony Vanden Borre. Placé sur le banc, Olivier Deschacht n'est venu que quelques minutes réchauffer l'atmosphère.

Pour le supporter rouche, même le plus obtus, Tielemans ne porte pas en lui tous les maux, hormis celui, bien sûr, d'être recouvert de la vareuse de l'ennemi historique. Du haut de ses 19 ans, il ne semble pas non plus suivre la trajectoire de ces ados-stars qui multiplient les sorties de route. Son histoire ne date pas d'hier pourtant et remonte déjà au 28 juillet 2013 lors de la réception de Lokeren.

Quelques coups de patte renversants avaient suffi à faire fondre l'assemblée anderlechtoise. L'emballement fut quasi sans précédent, matérialisé par une énième punchline signée Jan Mulder: " Tielemans vaut 100 millions, il faut mettre ça sur papier et faire authentifier chez un bon notaire. "

Le parallèle avec Vincent Kompany était évident : Bruxellois, métis, bilingue et de l'or dans les pieds. " En voyant jouer Youri à 16 ans, je le trouve plus que fort que Vincent et moi au même âge. Je sais que c'est un gros compliment, mais c'est juste la vérité ", avait même envoyé Anthony Vanden Borre.

Quelques mois plus tard, le dernier joyau mauve décrochait son premier titre au bout de sa première saison et des plays-offs où son jeu long avait fait fureur aux côtés du grand échalas Cheikhou Kouyaté. Mais, depuis deux ans, il a pu irriter par son inconstance, balançant entre coups d'éclairs et pertes de balle grossières.

Le vrai capitaine

"Le voir avec le brassard de capitaine comme en fin de match au Standard, ça lui va tellement bien", trouve Mo Ouahbi qui l'a connu de longues années chez les jeunes. " L'an passé déjà, il était pour moi le vrai capitaine. Bien plus que Proto, Deschacht, Defour. Je l'ai vécu dans le vestiaire, c'est lui qui motivait les troupes, c'est lui qui poussait ses équipiers lors des échauffements. Mais je comprends très bien aussi que par rapport aux plus anciens, on ne lui ait pas donné ce brassard. Mais en tout cas, il a toujours eu les qualités pour être le patron."

Désormais équipiers chez les U21, Charly Musonda Jr, autre pépite de Neerpede, mais qui a choisi de parfaire son écolage dans la prestigieuse académie de Chelsea, confirme : "Youri était une catégorie en dessous de moi mais j'ai joué avec lui quelques tournois, quelques petits matches. Oui, il a une grosse personnalité car quand tu joues contre le Standard, contre Molenbeek, ce sont des matches couperets.

On est de Bruxelles, on est issus d'Anderlecht et tu savais que pour gagner les matches, il fallait être un peu hautain, sûr de soi, dire qu'on allait gagner. Aujourd'hui, Anderlecht a changé, c'est un peu plus flamand, un peu plus mixte mais à l'époque, il n'y avait quasiment que des Bruxellois, et Youri a grandi à travers cette mentalité. Tous ceux qui sont de Bruxelles peuvent être capitaines. Et donc Youri peut l'être. C'est un joueur exemplaire pour l'équipe."

Par Thomas Bricmont

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à Youri Tielemans dans votre Sport/Foot Magazine

"J'ai toujours eu le coeur mauve. Avant d'être joueur, j'étais supporter", nous expliquait Youri Tielemans l'an dernier. "C'est plutôt rare quelqu'un qui débute à 4 ans dans un club et qui rejoint son équipe première. J'ai donc toujours joué à Anderlecht et je vis pour ce club, tout simplement..."S'il représente l'archétype du footballeur du RSCA par son assurance, sa conduite de balle menton levé, Tielemans n'a toujours pas subi les foudres, et ne les subira sans doute jamais, d'un Sclessin quelque peu moribond ce 2 octobre dernier après les départs du provocateur Silvio Proto, de Steven "Judas" Defour ou d'Anthony Vanden Borre. Placé sur le banc, Olivier Deschacht n'est venu que quelques minutes réchauffer l'atmosphère. Pour le supporter rouche, même le plus obtus, Tielemans ne porte pas en lui tous les maux, hormis celui, bien sûr, d'être recouvert de la vareuse de l'ennemi historique. Du haut de ses 19 ans, il ne semble pas non plus suivre la trajectoire de ces ados-stars qui multiplient les sorties de route. Son histoire ne date pas d'hier pourtant et remonte déjà au 28 juillet 2013 lors de la réception de Lokeren. Quelques coups de patte renversants avaient suffi à faire fondre l'assemblée anderlechtoise. L'emballement fut quasi sans précédent, matérialisé par une énième punchline signée Jan Mulder: " Tielemans vaut 100 millions, il faut mettre ça sur papier et faire authentifier chez un bon notaire. "Le parallèle avec Vincent Kompany était évident : Bruxellois, métis, bilingue et de l'or dans les pieds. " En voyant jouer Youri à 16 ans, je le trouve plus que fort que Vincent et moi au même âge. Je sais que c'est un gros compliment, mais c'est juste la vérité ", avait même envoyé Anthony Vanden Borre. Quelques mois plus tard, le dernier joyau mauve décrochait son premier titre au bout de sa première saison et des plays-offs où son jeu long avait fait fureur aux côtés du grand échalas Cheikhou Kouyaté. Mais, depuis deux ans, il a pu irriter par son inconstance, balançant entre coups d'éclairs et pertes de balle grossières."Le voir avec le brassard de capitaine comme en fin de match au Standard, ça lui va tellement bien", trouve Mo Ouahbi qui l'a connu de longues années chez les jeunes. " L'an passé déjà, il était pour moi le vrai capitaine. Bien plus que Proto, Deschacht, Defour. Je l'ai vécu dans le vestiaire, c'est lui qui motivait les troupes, c'est lui qui poussait ses équipiers lors des échauffements. Mais je comprends très bien aussi que par rapport aux plus anciens, on ne lui ait pas donné ce brassard. Mais en tout cas, il a toujours eu les qualités pour être le patron."Désormais équipiers chez les U21, Charly Musonda Jr, autre pépite de Neerpede, mais qui a choisi de parfaire son écolage dans la prestigieuse académie de Chelsea, confirme : "Youri était une catégorie en dessous de moi mais j'ai joué avec lui quelques tournois, quelques petits matches. Oui, il a une grosse personnalité car quand tu joues contre le Standard, contre Molenbeek, ce sont des matches couperets. On est de Bruxelles, on est issus d'Anderlecht et tu savais que pour gagner les matches, il fallait être un peu hautain, sûr de soi, dire qu'on allait gagner. Aujourd'hui, Anderlecht a changé, c'est un peu plus flamand, un peu plus mixte mais à l'époque, il n'y avait quasiment que des Bruxellois, et Youri a grandi à travers cette mentalité. Tous ceux qui sont de Bruxelles peuvent être capitaines. Et donc Youri peut l'être. C'est un joueur exemplaire pour l'équipe."Par Thomas BricmontRetrouvez l'intégralité de l'article consacré à Youri Tielemans dans votre Sport/Foot Magazine