La silhouette est trompeuse. Une stature taillée pour régner sous l'anneau et des épaules tout droit sorties d'un camion de déménagement. Au premier regard, difficile d'imaginer Thomas Henry faire autre chose que se battre dans les airs et prolonger des ballons au fond des filets. Si les 195 duels aériens disputés depuis sa découverte de l'élite belge ne sont donc pas une surprise, ses vingt buts pour une première pige tardive en D1A étaient déjà moins attendus. Surtout, sa participation aux offensives des Louvanistes de Marc Brys, en tant que point d'appui du triangle de Den Dreef complété par les passes de Xavier Mercier et les courses de Kamal Sowah, est l'une des découvertes les plus inespérées de la saison....

La silhouette est trompeuse. Une stature taillée pour régner sous l'anneau et des épaules tout droit sorties d'un camion de déménagement. Au premier regard, difficile d'imaginer Thomas Henry faire autre chose que se battre dans les airs et prolonger des ballons au fond des filets. Si les 195 duels aériens disputés depuis sa découverte de l'élite belge ne sont donc pas une surprise, ses vingt buts pour une première pige tardive en D1A étaient déjà moins attendus. Surtout, sa participation aux offensives des Louvanistes de Marc Brys, en tant que point d'appui du triangle de Den Dreef complété par les passes de Xavier Mercier et les courses de Kamal Sowah, est l'une des découvertes les plus inespérées de la saison. "Je participe plus à la construction cette année", reconnaît le Français au patronyme taillé pour faire trembler les filets. Parce que Louvain procède essentiellement en reconversions, avec la possession de balle moyenne la plus faible du pays (42,3%), Henry est paradoxalement devenu plus important pour ses couleurs. Dans le jeu vertical d'OHL, l'ancien attaquant de Tubize est la première cible des passes de ses défenseurs, qui cherchent à l'alerter pour lancer un contre. Dos au but, le buteur fait parler son corps pour protéger le ballon, puis ses pieds pour alimenter les courses de ses partenaires. Un schéma facile à lire, mais difficile à défendre quand il est exécuté avec justesse. Très mobile, dans un jeu offensif souvent rendu liquide par les consignes d'un Marc Brys qui exige des déplacements permanents, le Français n'est pas l'attaquant statique que son gabarit laisse imaginer. Capable de s'exiler vers un flanc pour recevoir le ballon, de prendre la profondeur pour libérer un espace ou surprendre un défenseur, Henry n'alimente les clichés qu'en même temps que le marquoir. Parce que dans la surface, il devient un buteur sans originalité, mais avec énormément de flair. Là aussi, alors que sa morphologie pourrait suffire, ce sont ses déplacements qui font merveille. Le numéro 9 d'OHL joue avec les défenseurs, qu'il surprend d'ailleurs plus souvent dans leur dos qu'au premier poteau. Il maîtrise l'art de laisser son vis-à-vis entre le ballon et lui, pour échapper à sa vigilance en profitant du fait qu'il ne peut pas courir deux lièvres à la fois. La suite, c'est entre lui et le ballon. Droitier, mais capable de finir de la tête (quatre buts) ou du pied gauche (quatre buts), Henry place soigneusement ses cailloux sur le chemin des filets. Une façon de retrouver sa voie toujours plus facilement.