La première sélection de Roberto Martinez est, évidemment, un événement en soi. Mais en ce 26 août 2016, ce n'est pas le retour de Steven Defour ou le baptême de Thomas Foket chez les Diables qui font le plus de bruit. Toute la Belgique est mise à l'ombre par l'annonce d'un nom étranger, mais familier. Celui du second assistant du nouveau sélectionneur.

" Quand le staff a été dévoilé, beaucoup de journalistes se sont tournés vers moi : est-ce qu'on a bien compris ? On parle bien de Thierry Henry ? ", se souvient Pierre Cornez, alors attaché de presse des Diables. La presse nationale tombe des nues. Rien n'a filtré. " Moi-même, j'avais été mis au courant de la composition du staff de Roberto Martinez seulement 10 à 15 minutes avant le début de la conférence de presse ", poursuit Cornez.

Les caméras s'accumulent autour du terrain principal du complexe de Neerpede, où se déroule le premier entraînement des Diables de Martinez. L'arrivée d'Henry médiatise encore un peu plus une sélection déjà éblouie par le feu continu des projecteurs. Et sur le bureau du service com' de la Fédé, les demandes d'interviews s'empilent. Henry, lui, se fait discret. Après tout, il n'est que le second assistant de Roberto Martinez. Titi reste à sa place. Il respecte la hiérarchie.

Finalement, l'ombre lui plaît. La faute à une relation avec les médias qui n'est plus vraiment au beau fixe. La fracture date de 2009, et de cette main qui envoie la France au Mondial sud-africain. La presse du monde entier lui tombe dessus. Huit ans plus tard, c'est son salaire qui va le ramener à la Une des journaux. Ses 8.000 euros par mois, " seulement ", sont joliment contrebalancés par les 6 millions d'euros annuels offerts par Sky, chaîne anglaise sur laquelle il joue les consultants de luxe. Les montants fuitent dans la presse, et Pierre Cornez voit la vague arriver jusqu'à son bureau : " Je me rappelle avoir été rapidement contacté par de nombreuses associations caritatives. "

MANIAQUE DU FOOT

Henry en bleu., BELGAIMAGE
Henry en bleu. © BELGAIMAGE

Retour en juillet 2011. Chelsea, où vient de débarquer Eden Hazard, a traversé l'Atlantique pour son traditionnel " US Tour ". Les Blues de Roberto Di Matteo affrontent à Philadelphie une équipe de All Stars de la MLS, qui compte sur David Beckham et Henry en guise de figures de proue. Après la rencontre, le Frenchie s'arrête en zone mixte et discute avec la presse américaine, mais répond sèchement et sans pincette au journaliste de L'Équipe présent sur place, qui ose une question sur l'équipe de France. Titi quitte le stade dans la foulée. Un épisode qui rappelle cette interview surréaliste, menée par le journaliste de la RTBF Hervé Gilbert, dans les vestiaires des New York Red Bulls. On y découvrait ce même Henry, irrité et dédaigneux.

" C'est quelqu'un de particulièrement lunatique ", dépeint Vincent Duluc, chef de la rubrique foot de L'Équipe qui a longuement côtoyé l'attaquant français chez les Bleus. " Mais avant cette main face à l'Irlande, Henry était plutôt réceptif aux médias. Il venait régulièrement en conférence de presse, contrairement à ce que fait aujourd'hui un Paul Pogba, et il y tenait des propos intelligents. "

Cet Henry-là est un maniaque du football. " Quand il était joueur, il était au courant de tout ", se rappelle Duluc. " Je me rappelle qu'à ses débuts, il connaissait toute l'équipe d'Amiens par coeur, parce qu'il regardait la Ligue 2 le lundi soir sur Eurosport. Henry a toujours aimé le football plus que les autres joueurs. " Une passion qui le prédestinait à une carrière d'entraîneur. Mais quand il croise l'ancien attaquant à Londres, Duluc lui demande ce qu'il fait en Belgique, et pourquoi il n'est pas plutôt à la tête des espoirs français. " Il m'a répondu qu'il n'avait reçu aucune proposition ", raconte un Duluc pas franchement étonné : " Deschamps évite de s'entourer de coaches susceptibles de lui prendre sa place en cas de mauvais résultats. " Diviser pour mieux régner, la tactique de Marc Wilmots fait des émules.

HUMBLE ET AMBITIEUX

Titi version Gunner., AFP
Titi version Gunner. © AFP

Thierry Henry ne compte évidemment pas s'arrêter là. Joueur, déjà, il ne s'est jamais contenté d'être le numéro 2. Le Français a toujours été un formidable compétiteur, et est maintenant totalement concentré sur l'été russe. Il veut briller à la Coupe du monde grâce aux Diables, et prendre les rênes d'un banc de touche dans la foulée. Car s'il a accepté de faire un pas de côté quand il a rejoint Barcelone, après des saisons anglaises qui ont fait de lui une légende d'Arsenal, c'était surtout pour étoffer un palmarès vierge de tout trophée européen. Henry a toujours voulu être un joueur qui brillait dans son équipe. Son apparence distante voile à peine l'histoire d'un homme très soucieux de l'image qu'il véhicule sur les terrains.

Naturellement discrète ou volontairement calculée, la vie d'Henry est restée sous les radars de la presse extra-sportive. Titi a toujours protégé sa vie privée et, si on a l'impression de tout connaître du joueur, on n'en sait que très peu sur l'homme. Sa vie hors des stades échappe à toute mise en scène. Quand il se rend en jet privé au chevet d'un enfant malade, il y a quelques années, tout cela se déroule dans la plus grande discrétion.

" C'est quelqu'un de très humble, contrairement à l'image qu'il peut dégager ", explique Pierre Ménès, ancien journaliste de L'Équipe devenu sniper du P.A.F., qui connaît Henry depuis 1999. Son apparence froide, c'est celle de ce joueur qui empilait les buts à Highbury sans jamais sembler les célébrer. Juste un sourire et une course décontractée. Comme si tout cela était trop facile.

" Il faut connaître les rapports qu'il a eus avec son père pour comprendre ce type de réaction ", reprend Ménès. Papa Henry n'est pas du genre à cajoler son fils. Sa sévérité le pousse même à appeler les rédactions sportives pour influencer les journalistes, en leur demandant de donner une mauvaise note à son fils à la moindre rencontre loupée.

PERFECTIONNISTE

Thierry Henry est également consultant pour Sky Sport., BELGAIMAGE
Thierry Henry est également consultant pour Sky Sport. © BELGAIMAGE

Dans l'ombre de Roberto Martinez, son rôle chez les Diables se concentre autour des attaquants, avec lesquels il réalise un travail spécifique. Le secteur offensif diabolique est très jeune, par rapport à une ligne arrière plus expérimentée, et boit évidemment les conseils d'Henry. Le Français est écouté et respecté, car il est l'idole de nombreux joueurs venus au monde dans les années nonante, dont les jeunes années ont été bercées par les Invincibles d'Arsène Wenger et Thierry Henry. " J'ai toujours été fan ", reconnaît Christian Benteke. " Mais ce n'est quand même plus la même chose. Je suis grand, maintenant (il rit). Je n'ai plus le waouw d'avant, même si je lui ai dit que c'était mon joueur préféré. C'est vrai que ça fait bizarre, mais je me dis aussi que c'est la preuve que le monde du foot est petit. "

Ami de Roger Federer, Henry ne supporte pas l'incompétence. Son auto-exigence se porte désormais sur les joueurs qu'il coache ou qu'il analyse. De quoi expliquer les critiques adressées à Romelu Lukaku après son doublé face à West Ham, pour son baptême du feu à Old Trafford : " Perdre 18 fois le ballon, c'est un peu trop. " Ou encore : " La majorité du temps, ce sont les passes qui décident des mouvements de Lukaku. Ce devrait être l'inverse. "

Le discours est frontal, mais ne dérange pas Roberto Martinez. Le sélectionneur raconte à la DH les rapports entre Titi et Rom' : " Ils ont tous les deux une relation très sincère. Romelu sait qu'il ne doit pas s'attendre à des compliments de sa part ! Rom' est perfectionniste et obsédé par sa progression. Henry l'aide dans ce processus, comme Samuel Eto'o l'avait aidé à Everton. "

CONSEILLER DE LUXE

Romelu Lukaku : " On parle souvent ensemble. On se met à table, et on discute de ce qu'il faut travailler. ", belgaimage
Romelu Lukaku : " On parle souvent ensemble. On se met à table, et on discute de ce qu'il faut travailler. " © belgaimage

Avec Henry, Lukaku parle notamment de technique de frappe. De ce fameux enroulé en douceur dans le petit filet opposé qui était la marque de fabrique du Gunner : " Je lui ai dit : ta technique, je la connais, sauf que toi tu l'as à la perfection. Et je vais travailler pour atteindre ce niveau. Maintenant, je ne frappe jamais en force, je l'enroule. Parfois, ça peut aller tout doucement, mais je sais que ça va rentrer (il rit). On parle souvent ensemble. On se met à table, et on discute de ce qu'il faut travailler. "

Mais un conseil du maître Henry, ça ressemble à quoi ? " Il va te donner des petits trucs qui peuvent faire la différence ", explique Christian Benteke. " Il m'a expliqué, par exemple, que quand tu reçois un ballon dans le rectangle, tu as plus de temps que tu ne le penses. Et en tant qu'attaquant, il te rappelle souvent que c'est toujours toi le maître de la situation. Que si tu effectues le bon mouvement, un simple contrôle, ça peut tout changer. Souvent, on se précipite et on gâche les opportunités. "

" Il veut que je sois davantage un joueur d'action ", reprend Lukaku. " Il m'a dit que j'avais le geste juste dans les 16 mètres, mais que je devais aussi être capable de marquer tout seul en prenant le ballon. " Les discussions entre les deux hommes peuvent s'éterniser, sans doute parce qu'elles se déroulent entre deux joueurs contaminés par le virus du ballon rond. " Il m'arrive de lui parler d'un de ses matches avec Arsenal en 2006, et de lui raconter son but ", raconte Lukaku. " Je peux même m'énerver sur une des phases du match. Et lui, en réponse, il me parle d'un de mes matches. Avec lui, on peut avoir des débats intéressants. Il va comparer mes mouvements aux siens, pour m'amener à franchir une étape. "

La prochaine étape de Romelu, c'est certainement une photo de lui soulevant le trophée de la Premier League. Ce serait bien la première fois que Thierry Henry donne un coup de main à Manchester United.

Par Thomas Bricmont, avec Guillaume Gautier

La première sélection de Roberto Martinez est, évidemment, un événement en soi. Mais en ce 26 août 2016, ce n'est pas le retour de Steven Defour ou le baptême de Thomas Foket chez les Diables qui font le plus de bruit. Toute la Belgique est mise à l'ombre par l'annonce d'un nom étranger, mais familier. Celui du second assistant du nouveau sélectionneur. " Quand le staff a été dévoilé, beaucoup de journalistes se sont tournés vers moi : est-ce qu'on a bien compris ? On parle bien de Thierry Henry ? ", se souvient Pierre Cornez, alors attaché de presse des Diables. La presse nationale tombe des nues. Rien n'a filtré. " Moi-même, j'avais été mis au courant de la composition du staff de Roberto Martinez seulement 10 à 15 minutes avant le début de la conférence de presse ", poursuit Cornez. Les caméras s'accumulent autour du terrain principal du complexe de Neerpede, où se déroule le premier entraînement des Diables de Martinez. L'arrivée d'Henry médiatise encore un peu plus une sélection déjà éblouie par le feu continu des projecteurs. Et sur le bureau du service com' de la Fédé, les demandes d'interviews s'empilent. Henry, lui, se fait discret. Après tout, il n'est que le second assistant de Roberto Martinez. Titi reste à sa place. Il respecte la hiérarchie. Finalement, l'ombre lui plaît. La faute à une relation avec les médias qui n'est plus vraiment au beau fixe. La fracture date de 2009, et de cette main qui envoie la France au Mondial sud-africain. La presse du monde entier lui tombe dessus. Huit ans plus tard, c'est son salaire qui va le ramener à la Une des journaux. Ses 8.000 euros par mois, " seulement ", sont joliment contrebalancés par les 6 millions d'euros annuels offerts par Sky, chaîne anglaise sur laquelle il joue les consultants de luxe. Les montants fuitent dans la presse, et Pierre Cornez voit la vague arriver jusqu'à son bureau : " Je me rappelle avoir été rapidement contacté par de nombreuses associations caritatives. " Retour en juillet 2011. Chelsea, où vient de débarquer Eden Hazard, a traversé l'Atlantique pour son traditionnel " US Tour ". Les Blues de Roberto Di Matteo affrontent à Philadelphie une équipe de All Stars de la MLS, qui compte sur David Beckham et Henry en guise de figures de proue. Après la rencontre, le Frenchie s'arrête en zone mixte et discute avec la presse américaine, mais répond sèchement et sans pincette au journaliste de L'Équipe présent sur place, qui ose une question sur l'équipe de France. Titi quitte le stade dans la foulée. Un épisode qui rappelle cette interview surréaliste, menée par le journaliste de la RTBF Hervé Gilbert, dans les vestiaires des New York Red Bulls. On y découvrait ce même Henry, irrité et dédaigneux. " C'est quelqu'un de particulièrement lunatique ", dépeint Vincent Duluc, chef de la rubrique foot de L'Équipe qui a longuement côtoyé l'attaquant français chez les Bleus. " Mais avant cette main face à l'Irlande, Henry était plutôt réceptif aux médias. Il venait régulièrement en conférence de presse, contrairement à ce que fait aujourd'hui un Paul Pogba, et il y tenait des propos intelligents. " Cet Henry-là est un maniaque du football. " Quand il était joueur, il était au courant de tout ", se rappelle Duluc. " Je me rappelle qu'à ses débuts, il connaissait toute l'équipe d'Amiens par coeur, parce qu'il regardait la Ligue 2 le lundi soir sur Eurosport. Henry a toujours aimé le football plus que les autres joueurs. " Une passion qui le prédestinait à une carrière d'entraîneur. Mais quand il croise l'ancien attaquant à Londres, Duluc lui demande ce qu'il fait en Belgique, et pourquoi il n'est pas plutôt à la tête des espoirs français. " Il m'a répondu qu'il n'avait reçu aucune proposition ", raconte un Duluc pas franchement étonné : " Deschamps évite de s'entourer de coaches susceptibles de lui prendre sa place en cas de mauvais résultats. " Diviser pour mieux régner, la tactique de Marc Wilmots fait des émules. Thierry Henry ne compte évidemment pas s'arrêter là. Joueur, déjà, il ne s'est jamais contenté d'être le numéro 2. Le Français a toujours été un formidable compétiteur, et est maintenant totalement concentré sur l'été russe. Il veut briller à la Coupe du monde grâce aux Diables, et prendre les rênes d'un banc de touche dans la foulée. Car s'il a accepté de faire un pas de côté quand il a rejoint Barcelone, après des saisons anglaises qui ont fait de lui une légende d'Arsenal, c'était surtout pour étoffer un palmarès vierge de tout trophée européen. Henry a toujours voulu être un joueur qui brillait dans son équipe. Son apparence distante voile à peine l'histoire d'un homme très soucieux de l'image qu'il véhicule sur les terrains. Naturellement discrète ou volontairement calculée, la vie d'Henry est restée sous les radars de la presse extra-sportive. Titi a toujours protégé sa vie privée et, si on a l'impression de tout connaître du joueur, on n'en sait que très peu sur l'homme. Sa vie hors des stades échappe à toute mise en scène. Quand il se rend en jet privé au chevet d'un enfant malade, il y a quelques années, tout cela se déroule dans la plus grande discrétion. " C'est quelqu'un de très humble, contrairement à l'image qu'il peut dégager ", explique Pierre Ménès, ancien journaliste de L'Équipe devenu sniper du P.A.F., qui connaît Henry depuis 1999. Son apparence froide, c'est celle de ce joueur qui empilait les buts à Highbury sans jamais sembler les célébrer. Juste un sourire et une course décontractée. Comme si tout cela était trop facile. " Il faut connaître les rapports qu'il a eus avec son père pour comprendre ce type de réaction ", reprend Ménès. Papa Henry n'est pas du genre à cajoler son fils. Sa sévérité le pousse même à appeler les rédactions sportives pour influencer les journalistes, en leur demandant de donner une mauvaise note à son fils à la moindre rencontre loupée. Dans l'ombre de Roberto Martinez, son rôle chez les Diables se concentre autour des attaquants, avec lesquels il réalise un travail spécifique. Le secteur offensif diabolique est très jeune, par rapport à une ligne arrière plus expérimentée, et boit évidemment les conseils d'Henry. Le Français est écouté et respecté, car il est l'idole de nombreux joueurs venus au monde dans les années nonante, dont les jeunes années ont été bercées par les Invincibles d'Arsène Wenger et Thierry Henry. " J'ai toujours été fan ", reconnaît Christian Benteke. " Mais ce n'est quand même plus la même chose. Je suis grand, maintenant (il rit). Je n'ai plus le waouw d'avant, même si je lui ai dit que c'était mon joueur préféré. C'est vrai que ça fait bizarre, mais je me dis aussi que c'est la preuve que le monde du foot est petit. " Ami de Roger Federer, Henry ne supporte pas l'incompétence. Son auto-exigence se porte désormais sur les joueurs qu'il coache ou qu'il analyse. De quoi expliquer les critiques adressées à Romelu Lukaku après son doublé face à West Ham, pour son baptême du feu à Old Trafford : " Perdre 18 fois le ballon, c'est un peu trop. " Ou encore : " La majorité du temps, ce sont les passes qui décident des mouvements de Lukaku. Ce devrait être l'inverse. " Le discours est frontal, mais ne dérange pas Roberto Martinez. Le sélectionneur raconte à la DH les rapports entre Titi et Rom' : " Ils ont tous les deux une relation très sincère. Romelu sait qu'il ne doit pas s'attendre à des compliments de sa part ! Rom' est perfectionniste et obsédé par sa progression. Henry l'aide dans ce processus, comme Samuel Eto'o l'avait aidé à Everton. " Avec Henry, Lukaku parle notamment de technique de frappe. De ce fameux enroulé en douceur dans le petit filet opposé qui était la marque de fabrique du Gunner : " Je lui ai dit : ta technique, je la connais, sauf que toi tu l'as à la perfection. Et je vais travailler pour atteindre ce niveau. Maintenant, je ne frappe jamais en force, je l'enroule. Parfois, ça peut aller tout doucement, mais je sais que ça va rentrer (il rit). On parle souvent ensemble. On se met à table, et on discute de ce qu'il faut travailler. " Mais un conseil du maître Henry, ça ressemble à quoi ? " Il va te donner des petits trucs qui peuvent faire la différence ", explique Christian Benteke. " Il m'a expliqué, par exemple, que quand tu reçois un ballon dans le rectangle, tu as plus de temps que tu ne le penses. Et en tant qu'attaquant, il te rappelle souvent que c'est toujours toi le maître de la situation. Que si tu effectues le bon mouvement, un simple contrôle, ça peut tout changer. Souvent, on se précipite et on gâche les opportunités. " " Il veut que je sois davantage un joueur d'action ", reprend Lukaku. " Il m'a dit que j'avais le geste juste dans les 16 mètres, mais que je devais aussi être capable de marquer tout seul en prenant le ballon. " Les discussions entre les deux hommes peuvent s'éterniser, sans doute parce qu'elles se déroulent entre deux joueurs contaminés par le virus du ballon rond. " Il m'arrive de lui parler d'un de ses matches avec Arsenal en 2006, et de lui raconter son but ", raconte Lukaku. " Je peux même m'énerver sur une des phases du match. Et lui, en réponse, il me parle d'un de mes matches. Avec lui, on peut avoir des débats intéressants. Il va comparer mes mouvements aux siens, pour m'amener à franchir une étape. " La prochaine étape de Romelu, c'est certainement une photo de lui soulevant le trophée de la Premier League. Ce serait bien la première fois que Thierry Henry donne un coup de main à Manchester United. Par Thomas Bricmont, avec Guillaume Gautier