Ce fut l'un des transferts de l'année: à 28 ans, Mémé Tchité avait quitté le Standard pour le FC Bruges, qui avait payé l'indemnité de rupture figurant à son contrat (1,2 million d'euro) et lui avait proposé un contrat de trois ans. Six mois plus tard, Tchité ne fait plus rêver personne. Juan Carlos Garrido l'a rappelé à l'occasion du derby face au Cercle mais il ne l'avait pas repris pour les trois rencontres précédentes (Louvain, Lokeren et Anderlecht). A Bruges, on disait qu'il souffrait de l'aine mais personne n'était dupe.

A Liège, les difficultés d'adaptation de Tchité à Bruges ne surprennent pas grand monde. Tchité s'habille de façon extravagante mais son caractère est tout à l'opposé. Il est introverti, calme et se promène la plupart du temps avec un casque sur les oreilles de façon à éviter tout contact. Un drôle de personnage qui se renferme très vite sur lui-même s'il ne se sent pas en confiance. Mais aussi un type émotif, qui aime la chaleur humaine. Est-ce compatible avec une vie d'ermite dans les polders de Sijsele, près de Damme, et l'approche froide de Garrido?

Sur le plan professionnel, les Liégeois ne reprochaient rien à Tchité, autrefois. Bon, il lui est parfois arrivé d'arriver en retard à l'entraînement en début de semaine mais il avait progressé dans ce domaine. Ce qui lui a joué des tours, ce sont ses blessures, son âge et le besoin d'avoir un passeur à ses côtés. Lorsque Gohi Bi Cyriac, avec qui il s'entendait très bien, s'est blessé, il a connu des difficultés car Michy Batshuyai, qui conserve davantage le ballon et joue des deux pieds, n'était pas encore prêt à reprendre ce rôle.

Au Standard aussi, on l'a parfois aligné sur le flanc, comme Garrido l'a fait après les blessures de Thomas Meunier, Lior Refaelov et Maxime Lestienne mais ce n'était pas son truc. Défensivement, il effectuait son boulot mais devant, on ne le voyait plus beaucoup. Pas question, non plus, de l'aligner en pointe dans un 4-3-3 car il ne conservait pas suffisamment le ballon. Tchité est fait pour jouer en 4-4-2.

C'est Georges Leekens qui, la saison dernière, avait insisté pour que Bruges engage Tchité. Lorsqu'il était sélectionneur fédéral, il avait d'ailleurs fait des pieds et des mains pour qu'on le naturalise. Pendant longtemps, personne ne semblait en mesure de remplir le rôle d'attaquant de pointe en équipe nationale. Dans l'entourage du joueur, on n'a jamais caché que si Tchité avait opté pour Bruges plutôt que pour les Emirats Arabes Unis, c'est à cause de la présence en son sein de Michel D'Hooghe, membre du Comité Exécutif de la FIFA.

Leekens, lui, était convaincu. " Il est très rapide et c'est un vrai professionnel, même s'il est un peu spécial, très introverti. Mais j'ai travaillé avec des Africains comme Kalusha Bwalya, Charly Musonda et Stephen Keshi et je savais m'y prendre avec eux. Il faut faire en sorte qu'ils se sentent bien, se montrer très chaleureux. "

Quant aux défauts, Leekens souligne qu'après sa blessure, Tchité a peut-être été poussé à " revenir trop vite. " Il dit avoir prévenu le joueur qu'il marquerait moins. " Son rôle était de travailler dur et de créer des brèches pour permettre aux joueurs des flancs de marquer. "

Au départ, Leekens le préférait à Carlos Bacca parce qu'il passait moins par le centre. " Bacca est un joueur qui reste en pointe et qui joue de façon très verticale. Moi, je me disais qu'en bougeant davantage, Tchité permettrait non seulement aux ailiers mais aussi aux médians d'arriver en position de but. "

Tchité a-t-il refusé un transfert en janvier et la direction l'a-t-elle puni en l'envoyant en tribune? Dans son entourage, on préfère ne pas parler de cela avant d'avoir éclairci la situation avec les dirigeants brugeois. Son manager, Alfred Raoul, souhaite en tout cas obtenir " une explication sur ce qui s'est passé au cours des derniers mois. " Il parle aussi de l'entraîneur. " Mémé a joué à Santander et parle espagnol. Cela ne l'a peut-être pas aidé. Il a eu une discussion très directe avec le coach. Cela a fait des étincelles. "

Jeudi face au Cercle, Tchité faisait à nouveau partie de la sélection et il est très bien entré. La veille, Garrido avait d'ailleurs dit qu'il était très satisfait du travail effectué à l'entraînement. Tchité n'est donc pas encore mort.

Par Peter T'Kint

Ce fut l'un des transferts de l'année: à 28 ans, Mémé Tchité avait quitté le Standard pour le FC Bruges, qui avait payé l'indemnité de rupture figurant à son contrat (1,2 million d'euro) et lui avait proposé un contrat de trois ans. Six mois plus tard, Tchité ne fait plus rêver personne. Juan Carlos Garrido l'a rappelé à l'occasion du derby face au Cercle mais il ne l'avait pas repris pour les trois rencontres précédentes (Louvain, Lokeren et Anderlecht). A Bruges, on disait qu'il souffrait de l'aine mais personne n'était dupe. A Liège, les difficultés d'adaptation de Tchité à Bruges ne surprennent pas grand monde. Tchité s'habille de façon extravagante mais son caractère est tout à l'opposé. Il est introverti, calme et se promène la plupart du temps avec un casque sur les oreilles de façon à éviter tout contact. Un drôle de personnage qui se renferme très vite sur lui-même s'il ne se sent pas en confiance. Mais aussi un type émotif, qui aime la chaleur humaine. Est-ce compatible avec une vie d'ermite dans les polders de Sijsele, près de Damme, et l'approche froide de Garrido?Sur le plan professionnel, les Liégeois ne reprochaient rien à Tchité, autrefois. Bon, il lui est parfois arrivé d'arriver en retard à l'entraînement en début de semaine mais il avait progressé dans ce domaine. Ce qui lui a joué des tours, ce sont ses blessures, son âge et le besoin d'avoir un passeur à ses côtés. Lorsque Gohi Bi Cyriac, avec qui il s'entendait très bien, s'est blessé, il a connu des difficultés car Michy Batshuyai, qui conserve davantage le ballon et joue des deux pieds, n'était pas encore prêt à reprendre ce rôle.Au Standard aussi, on l'a parfois aligné sur le flanc, comme Garrido l'a fait après les blessures de Thomas Meunier, Lior Refaelov et Maxime Lestienne mais ce n'était pas son truc. Défensivement, il effectuait son boulot mais devant, on ne le voyait plus beaucoup. Pas question, non plus, de l'aligner en pointe dans un 4-3-3 car il ne conservait pas suffisamment le ballon. Tchité est fait pour jouer en 4-4-2.C'est Georges Leekens qui, la saison dernière, avait insisté pour que Bruges engage Tchité. Lorsqu'il était sélectionneur fédéral, il avait d'ailleurs fait des pieds et des mains pour qu'on le naturalise. Pendant longtemps, personne ne semblait en mesure de remplir le rôle d'attaquant de pointe en équipe nationale. Dans l'entourage du joueur, on n'a jamais caché que si Tchité avait opté pour Bruges plutôt que pour les Emirats Arabes Unis, c'est à cause de la présence en son sein de Michel D'Hooghe, membre du Comité Exécutif de la FIFA. Leekens, lui, était convaincu. " Il est très rapide et c'est un vrai professionnel, même s'il est un peu spécial, très introverti. Mais j'ai travaillé avec des Africains comme Kalusha Bwalya, Charly Musonda et Stephen Keshi et je savais m'y prendre avec eux. Il faut faire en sorte qu'ils se sentent bien, se montrer très chaleureux. "Quant aux défauts, Leekens souligne qu'après sa blessure, Tchité a peut-être été poussé à " revenir trop vite. " Il dit avoir prévenu le joueur qu'il marquerait moins. " Son rôle était de travailler dur et de créer des brèches pour permettre aux joueurs des flancs de marquer. "Au départ, Leekens le préférait à Carlos Bacca parce qu'il passait moins par le centre. " Bacca est un joueur qui reste en pointe et qui joue de façon très verticale. Moi, je me disais qu'en bougeant davantage, Tchité permettrait non seulement aux ailiers mais aussi aux médians d'arriver en position de but. "Tchité a-t-il refusé un transfert en janvier et la direction l'a-t-elle puni en l'envoyant en tribune? Dans son entourage, on préfère ne pas parler de cela avant d'avoir éclairci la situation avec les dirigeants brugeois. Son manager, Alfred Raoul, souhaite en tout cas obtenir " une explication sur ce qui s'est passé au cours des derniers mois. " Il parle aussi de l'entraîneur. " Mémé a joué à Santander et parle espagnol. Cela ne l'a peut-être pas aidé. Il a eu une discussion très directe avec le coach. Cela a fait des étincelles. "Jeudi face au Cercle, Tchité faisait à nouveau partie de la sélection et il est très bien entré. La veille, Garrido avait d'ailleurs dit qu'il était très satisfait du travail effectué à l'entraînement. Tchité n'est donc pas encore mort.Par Peter T'Kint