Il y a tout, ou presque. Vitesse, puissance, finition. Le 11 février dernier, Taiwo Awoniyi donne le tournis à la défense rouche et à son habituel patron, Christian Luyindama. Mouscron s'incline (4-3), mais fait peur au Standard, dans son jardin. Le Nigérian de 20 printemps en plante deux et donne un assist. Rien que ça. Un match plein qui l'expose au grand jour. Depuis, la plupart des gros calibres du championnat lorgnent sur lui.

Suite à une déchirure aux ischios, contractée contre Courtrai au début du mois, le natif d'Illorin ne devrait ni rechausser ses crampons cette saison, ni faire de vieux os au Canonnier. Son prêt, sans option, se termine fin juin.

Génération 97

Deux semaines après le récital de Sclessin, Awoniyi enchaîne au Parc Astrid. Il score, encore, malgré le revers des siens. Ses sept buts inscrits en six matches lors de la phase classique ne rapportent que quatre unités sur dix-huit possibles. Peu importe. Taiwo fait aussi des poids lourds ses victimes.

Le 24 novembre, ce sont les filets de la Ghemlaco Arena qui tremblent (victoire de Gand, 3-1). Alors, forcément, les jumelles des recruteurs s'attardent sur celui qu'on compare au pays à la légende Rashidi Yekini, auteur de 37 buts en 58 sélections.

" Il a un profil intéressant, dans le sens où il est jeune, avec un certain potentiel. Il a quelques qualités en commun avec Wesley, mais il n'a pas encore son efficacité et sa force physique ", détaille Vincent Mannaert. Le directeur général du Club Bruges connaît le dossier.

L'intérêt le plus pressant pour le buteur, propriété de Liverpool, vient justement de la Venise du Nord. Chez les gazelles, Awoniyi pourrait retrouver son pote Emmanuel Dennis, de la même génération 97.

Les premiers contacts concrets entre les trois camps remontent à la dernière trêve internationale, mi-mars. Le Nigérian profite du break pour aller jouer les sparring-partners dans le noyau A des Reds, délaissé par ses stars.

Déjà, en octobre, il avait pu apprendre sous les ordres de Jürgen Klopp et aux côtés d' Adam Lallana ou Nathaniel Clyne. " C'est un garçon bien éduqué ", pose Frank Defays, son coach actuel, qui aimerait bien le voir prolonger son prêt à Mouscron.

" Il a de grosses capacités physiques, qu'il montre surtout les jours de match. À l'entraînement, il éprouve plus de difficultés dans le jeu réduit. Mais quand on lui laisse des espaces, il lance la machine de guerre. "

Liverpool cartes en main

Alors, normal que les grosses cylindrées se pressent au portillon. Anderlecht, Gand et l'Antwerp, plus récemment, sont venus prendre des renseignements. Tous souhaitent récupérer un attaquant qui, bien entouré, peut planter 15 banderilles la saison et, qui plus est, avec une belle étiquette Liverpool dans le dos.

Mais si Gand ne semble pas contre l'idée d'un prêt, les autres écuries restent aux aguets pour essayer de réaliser un transfert sec, synonyme de revente et de plus-value éventuelle derrière.

Seulement, les cartes du jeu se distribuent à Anfield. " Il leur appartient, tout dépend de Liverpool ", distille Mannaert, à l'affût. Awoniyi dispose encore de deux ans de contrat au bord de la Mersey, où on souhaite le faire prolonger. " C'est la preuve qu'ils trouvent que le garçon a des qualités. Et on ne peut pas vraiment rivaliser avec eux... " En clair, la force de frappe financière des actuels demi-finalistes de C1 peut tout simplement clore les débats.

Awoniyi, qui ne se veut pas complètement contre un transfert sec, apprécie quand même son salaire anglais. Ses représentants, basés au Royaume-Uni, fonctionnent main dans la main avec Seyi Olofinjana, son mentor et ex-international à la tête de l'académie à Lagos dont il est issu. Il caresse aussi le doux rêve d'évoluer un jour en Premier League, si possible à Anfield.

" Je suis sous contrat avec Liverpool et Liverpool s'occupe de trouver des arrangements avec des clubs pour que je puisse y progresser ", nous disait-il à la mi-octobre. Bref, si Liverpool sort le chéquier et renouvelle son contrat, il y a très peu de chances de le voir en Blauw en Zwart.

" Est-ce qu'un club du top a vraiment intérêt à se faire prêter un jeune joueur sans qu'il soit sûr de jouer ? ", demande Mannaert. " Ce n'est pas quelqu'un qui risque de casser la baraque tout de suite. Il va lui falloir du temps pour réussir la saison prochaine. " Son Club n'a pas vraiment pour habitude de prendre le rôle du faire-valoir pour les autres.

Super Eagle bankable

Mannaert et Bruges privilégient clairement l'option transfert sec. D'abord rebuté par l'intérêt très insistant des Brugeois, Awoniyi, lui, se donne le temps de la réflexion. Il attend le dénouement final et espère disputer une compétition européenne la saison prochaine. Ce qui, techniquement, éliminerait l'Antwerp de la course.

" La Belgique est un beau pays, avec des gens biens et accueillants. Je m'y plais ", assure-t-il aujourd'hui. " Mais, pour moi, le plus beau pays reste le Nigeria. " Le champion du monde U17 (à Dubaï, en 2013) souhaite notamment atteindre, à terme, les Super Eagles. La sélection nigériane lui permettrait non seulement de franchir un palier, c'est-à-dire devenir bankable, mais aussi de faciliter son obtention d'un permis de travail anglais, sésame pour fouler les pelouses de la Premier League.

Il éprouve quelques difficultés dans le jeu réduit. Mais quand on lui laisse des espaces, il lance la machine de guerre. " Frank Defays

Pour ce faire, il doit disputer 75 % des rencontres internationales de son pays (hors amicaux) sur les deux années précédant sa signature ou faire l'objet d'un transfert international. Pour le moment, il ne remplit aucune des deux cases. Mais son objectif se devine facilement : continuer à grandir, en prêt ou pas, pour entrer aux Iles par la grande porte.

" Il a une feuille de route, ça paraît très clair ", souffle Defays. Jürgen Röber, son directeur sportif qui sait qu'il ne pourra pas le garder, abonde. " Taiwo veut devenir un joueur de Premier League, à 1.000 %. Tout est si clair dans sa tête... C'est son rêve et il l'atteindra. "

Avant Mouscron, le principal intéressé sortait déjà de deux prêts, à Francfort et Nimègue. Aujourd'hui, il attire toujours les convoitises à l'étranger. En attendant, il mise sur sa détermination et remet le reste entre les mains du Seigneur. " Je continue à travailler dur. Je crois en Dieu et avec son aide, j'irai le plus loin possible. "

Il y a tout, ou presque. Vitesse, puissance, finition. Le 11 février dernier, Taiwo Awoniyi donne le tournis à la défense rouche et à son habituel patron, Christian Luyindama. Mouscron s'incline (4-3), mais fait peur au Standard, dans son jardin. Le Nigérian de 20 printemps en plante deux et donne un assist. Rien que ça. Un match plein qui l'expose au grand jour. Depuis, la plupart des gros calibres du championnat lorgnent sur lui. Suite à une déchirure aux ischios, contractée contre Courtrai au début du mois, le natif d'Illorin ne devrait ni rechausser ses crampons cette saison, ni faire de vieux os au Canonnier. Son prêt, sans option, se termine fin juin. Deux semaines après le récital de Sclessin, Awoniyi enchaîne au Parc Astrid. Il score, encore, malgré le revers des siens. Ses sept buts inscrits en six matches lors de la phase classique ne rapportent que quatre unités sur dix-huit possibles. Peu importe. Taiwo fait aussi des poids lourds ses victimes. Le 24 novembre, ce sont les filets de la Ghemlaco Arena qui tremblent (victoire de Gand, 3-1). Alors, forcément, les jumelles des recruteurs s'attardent sur celui qu'on compare au pays à la légende Rashidi Yekini, auteur de 37 buts en 58 sélections. " Il a un profil intéressant, dans le sens où il est jeune, avec un certain potentiel. Il a quelques qualités en commun avec Wesley, mais il n'a pas encore son efficacité et sa force physique ", détaille Vincent Mannaert. Le directeur général du Club Bruges connaît le dossier. L'intérêt le plus pressant pour le buteur, propriété de Liverpool, vient justement de la Venise du Nord. Chez les gazelles, Awoniyi pourrait retrouver son pote Emmanuel Dennis, de la même génération 97. Les premiers contacts concrets entre les trois camps remontent à la dernière trêve internationale, mi-mars. Le Nigérian profite du break pour aller jouer les sparring-partners dans le noyau A des Reds, délaissé par ses stars. Déjà, en octobre, il avait pu apprendre sous les ordres de Jürgen Klopp et aux côtés d' Adam Lallana ou Nathaniel Clyne. " C'est un garçon bien éduqué ", pose Frank Defays, son coach actuel, qui aimerait bien le voir prolonger son prêt à Mouscron. " Il a de grosses capacités physiques, qu'il montre surtout les jours de match. À l'entraînement, il éprouve plus de difficultés dans le jeu réduit. Mais quand on lui laisse des espaces, il lance la machine de guerre. " Alors, normal que les grosses cylindrées se pressent au portillon. Anderlecht, Gand et l'Antwerp, plus récemment, sont venus prendre des renseignements. Tous souhaitent récupérer un attaquant qui, bien entouré, peut planter 15 banderilles la saison et, qui plus est, avec une belle étiquette Liverpool dans le dos. Mais si Gand ne semble pas contre l'idée d'un prêt, les autres écuries restent aux aguets pour essayer de réaliser un transfert sec, synonyme de revente et de plus-value éventuelle derrière. Seulement, les cartes du jeu se distribuent à Anfield. " Il leur appartient, tout dépend de Liverpool ", distille Mannaert, à l'affût. Awoniyi dispose encore de deux ans de contrat au bord de la Mersey, où on souhaite le faire prolonger. " C'est la preuve qu'ils trouvent que le garçon a des qualités. Et on ne peut pas vraiment rivaliser avec eux... " En clair, la force de frappe financière des actuels demi-finalistes de C1 peut tout simplement clore les débats. Awoniyi, qui ne se veut pas complètement contre un transfert sec, apprécie quand même son salaire anglais. Ses représentants, basés au Royaume-Uni, fonctionnent main dans la main avec Seyi Olofinjana, son mentor et ex-international à la tête de l'académie à Lagos dont il est issu. Il caresse aussi le doux rêve d'évoluer un jour en Premier League, si possible à Anfield. " Je suis sous contrat avec Liverpool et Liverpool s'occupe de trouver des arrangements avec des clubs pour que je puisse y progresser ", nous disait-il à la mi-octobre. Bref, si Liverpool sort le chéquier et renouvelle son contrat, il y a très peu de chances de le voir en Blauw en Zwart. " Est-ce qu'un club du top a vraiment intérêt à se faire prêter un jeune joueur sans qu'il soit sûr de jouer ? ", demande Mannaert. " Ce n'est pas quelqu'un qui risque de casser la baraque tout de suite. Il va lui falloir du temps pour réussir la saison prochaine. " Son Club n'a pas vraiment pour habitude de prendre le rôle du faire-valoir pour les autres. Mannaert et Bruges privilégient clairement l'option transfert sec. D'abord rebuté par l'intérêt très insistant des Brugeois, Awoniyi, lui, se donne le temps de la réflexion. Il attend le dénouement final et espère disputer une compétition européenne la saison prochaine. Ce qui, techniquement, éliminerait l'Antwerp de la course. " La Belgique est un beau pays, avec des gens biens et accueillants. Je m'y plais ", assure-t-il aujourd'hui. " Mais, pour moi, le plus beau pays reste le Nigeria. " Le champion du monde U17 (à Dubaï, en 2013) souhaite notamment atteindre, à terme, les Super Eagles. La sélection nigériane lui permettrait non seulement de franchir un palier, c'est-à-dire devenir bankable, mais aussi de faciliter son obtention d'un permis de travail anglais, sésame pour fouler les pelouses de la Premier League. Pour ce faire, il doit disputer 75 % des rencontres internationales de son pays (hors amicaux) sur les deux années précédant sa signature ou faire l'objet d'un transfert international. Pour le moment, il ne remplit aucune des deux cases. Mais son objectif se devine facilement : continuer à grandir, en prêt ou pas, pour entrer aux Iles par la grande porte. " Il a une feuille de route, ça paraît très clair ", souffle Defays. Jürgen Röber, son directeur sportif qui sait qu'il ne pourra pas le garder, abonde. " Taiwo veut devenir un joueur de Premier League, à 1.000 %. Tout est si clair dans sa tête... C'est son rêve et il l'atteindra. " Avant Mouscron, le principal intéressé sortait déjà de deux prêts, à Francfort et Nimègue. Aujourd'hui, il attire toujours les convoitises à l'étranger. En attendant, il mise sur sa détermination et remet le reste entre les mains du Seigneur. " Je continue à travailler dur. Je crois en Dieu et avec son aide, j'irai le plus loin possible. "