Le football est trop complexe pour qu'une formule toute faite soit applicable en toutes circonstances. Prenez ces entraîneurs de jeunes, que vous entendez souvent hurler : " Lâche ton ballon " à de jeunes joueurs qui oublient parfois qu'ils jouent un sport collectif. L'idée est évidemment noble, mais peut parfois inciter à laisser de côté les vertus d'une conduite de balle intelligente.
...

Le football est trop complexe pour qu'une formule toute faite soit applicable en toutes circonstances. Prenez ces entraîneurs de jeunes, que vous entendez souvent hurler : " Lâche ton ballon " à de jeunes joueurs qui oublient parfois qu'ils jouent un sport collectif. L'idée est évidemment noble, mais peut parfois inciter à laisser de côté les vertus d'une conduite de balle intelligente. Avec Alexis de Sart ou Roman Bezus au coeur de son 3-4-2-1, Marc Brys rend au port du ballon ses lettres de noblesse. Les deux hommes n'hésitent jamais à prendre possession de la balle, puis à la porter vers l'avant, sur de longs mètres, attirant inévitablement des adversaires autour d'eux. Une fois la surcharge effectuée dans un axe déjà congestionné, les Trudonnaires cherchent la largeur, dans les pieds de Casper De Norre ou de Jordan Botaka, ou la profondeur et les courses de Yohan Boli. Positionné sur son mauvais pied, De Norre a tendance à rentrer dans le jeu, augmentant la congestion axiale. Ce mouvement amène inévitablement le déplacement de l'un de ses coéquipiers sur le côté gauche, pour profiter du flanc libéré. À l'opposé, Cristian Ceballos (suspendu face à Mouscron) effectue le même mouvement un cran plus haut, en compagnie d'un Bezus chargé de chercher la passe de finition à la moindre occasion. Fixer et ouvrir. Une technique empruntée au rugby qui sublime un football de combinaisons. Habitué à puiser son inspiration sur d'autres terrains de sport, Pep Guardiola qualifie les phases offensives des All Blacks comme " le meilleur concept d'attaque qui existe : j'attaque par l'axe en y attirant mon adversaire, pour ensuite servir le joueur libéré et faire la différence dans cette zone libre. " Résolument vertical, le jeu de Saint-Trond fait des dégâts dans l'organisation adverse. Tout en restant équilibré grâce à une défense à cinq protégée par l'activité de Samuel Asamoah. La ligne arrière des Canaris n'a concédé que neuf buts cette saison. Seul l'Antwerp fait mieux. Seulement battu par un Standard renversant à Sclessin, le STVV s'est invité dans le top 6 en ayant déjà affronté tout le haut du panier, à l'exception du champion brugeois. Tout ça avec du beau rugby.