Bart Verhaeghe, le président du Club Bruges, est un fervent partisan d'une BeNeLigue. Rêve-t-il d'enlever un jour la Ligue des Champions ?

Je pense qu'il y a autre chose là-dessous. Le format actuel de la Ligue des Champions a été approuvé jusqu'en 2024. Il pourrait ensuite y avoir un breakaway. Je pense que les grands clubs européens vont faire pression sur l'UEFA pour qu'elle adopte un système semi-fermé, à l'américaine, un système dans lequel les grands clubs des grandes compétitions seront toujours sûrs de leur place.

Par exemple avec 32 équipes dans quatre poules de huit, avec un descendant par poule. Seules quatre équipes pourraient se qualifier et les chances d'un club belges deviendraient vraiment minimes. C'est un wake-up call. La BeNeLigue apparaît alors comme la solution au monstre du Loch Ness : un marché de 28 millions de personnes est relativement solide et on peut atteindre des droits TV de 150 millions au lieu de 80. Sur un plan purement économique, c'est une étape logique, à mon sens.

Ce projet est-il vraiment sérieux, cette fois ?

La législation constitue un des principaux obstacles à une BeNeLigue. Aux Pays-Bas, un joueur non-européen doit gagner 150% du salaire moyen alors qu'ici, la barre n'est qu'à 80.000 euros. Les footballeurs ne paient presque pas de cotisations sociales ici, alors qu'ils y sont assujettis aux Pays-Bas. Je trouve qu'il faut y réfléchir et réaliser une étude approfondie pour ne pas être pris de court dans quatre ans. Mais, pour le moment, je pense que c'est surtout un avertissement lancé aux petits clubs, afin de permettre aux plus grands d'obtenir une formule de championnat plus intéressante.

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