La tendance est à la mondialisation, et le football n'y échappe pas. Les coaches étrangers s'assoient de plus en plus sur les bancs des plus grandes équipes. Les Hollandais, les Portugais, les Allemands, les Italiens, toutes ces nationalités ont la cote auprès des dirigeants. Une liste dont la Belgique ne fait pas partie, tant les références à l'étranger de nos entraîneurs sont minces. Pour trouver la cause de ce phénomène, il faut prendre en compte de nombreux critères différents.

Le premier que l'on peut relever est celle du paradoxe des Diables. Notre équipe nationale est actuellement considérée comme une des meilleures sélections au monde, mais se trouve sous la houlette d'un entraîneur espagnol... L'image renvoyée est donc qu'il n'y avait pas d'entraîneur belge assez bon pour les emmener vers les sommets. Le raccourci est cependant un peu rapide. "Je pense que ça aurait été une bonne chose de continuer avec un entraîneur belge après Marc Wilmots, mais au moment du choix, peut-être que les coaches qui avaient la carrure pour devenir sélectionneur national n'étaient pas disponibles. Il y a sans doute quand-même un petit manque de confiance également", souligne Hugo Broos.

Sur les seize coaches qui ont terminé la saison de Pro League, seuls sept étaient belges.

Il ne fait aucun doute que Roberto Martinez est un bon sélectionneur, mais l'exposition qu'offre notre équipe nationale aurait pu profiter à l'image de nos entraîneurs. La Belgique n'est pas un pays comme les autres, et entraîner l'équipe nationale, ça veut aussi dire faire face à des discussions politiques. "Je vis au quotidien la situation avec Roberto Martinez et je vois qu'avec un coach étranger, il n'y a pas de discussion communautaire. Il se fait respecter beaucoup plus facilement que si c'était un Belge, parce qu'il y aurait la question de Flamand ou Wallon", regrette Kris Van Der Haegen, directeur de l'école nationale des entraîneurs.

Puisque les Diables occupent la première place au classement FIFA et jouent tous dans les plus grands clubs, la logique voudrait que nos entraîneurs soient parmi les meilleurs du monde également. De l'extérieur, cette situation étonne quelque peu. "Je crois que comme vos meilleurs joueurs partent à l'étranger, on pense que les meilleurs entraîneurs sont aussi à l'étranger. Mais le travail qui est fait en Belgique, il est extraordinaire, puisque vu la taille du pays, être première nation mondiale, ça veut dire qu'il y a un travail phénoménal au niveau de la formation. Donc la logique voudrait que les présidents aillent chercher des gens qui sont capables de développer ces joueurs-là", analyse John Williams, directeur sportif d'Amiens. Un club qui a débauché son coach en Belgique l'été dernier. Pas un Belge, néanmoins, puisque c'est le Franco-Slovène Luka Elsner qui a quitté l'Union pour rejoindre le nord de la France.

Loin d'être prophète en son pays

Avant de pouvoir s'exporter, il est souvent nécessaire de faire ses preuves dans son pays. Or le championnat belge n'est pas celui qui fait le plus confiance aux coaches locaux. Sur les seize coaches qui ont terminé la saison de Pro League, seuls sept étaient belges, un quota bien loin des championnats portugais (deux entraîneurs étrangers) et hollandais (trois étrangers). Dans un championnat où le niveau est déjà souvent pointé du doigt de l'étranger, et avec un manque de résultats probants en coupe d'Europe, hormis quelques exploits, le manque de confiance envers les coaches nationaux ne peut qu'entraîner une faible demande des clubs étrangers.

"La caisse de résonance pour un entraîneur qui fera de bons résultats avec Porto ou Benfica sera bien plus grande que pour un coach qui le fait avec Bruges, le Standard ou La Gantoise", confirme Alex Teklak. "Dans les pays comme le Portugal, les Pays-Bas et même en France, on fait d'abord confiance aux entraîneurs locaux. Et les entraîneurs étrangers, ce sont presque toujours des entraîneurs qui ont déjà un certain palmarès. En Belgique, il y a des étrangers qui viennent, mais qui n'ont presque pas de palmarès", analyse Hugo Broos.

"Avec Mourinho, Jorge Mendes a amené une mode du Portugais. Ils ont réussi à commercialiser l'image d'une très bonne formation."

Dans le football moderne, il est également important d'avoir la capacité de se vendre et d'être doté d'une grande présence médiatique. Et encore une fois, le Portugal est l'élève modèle. "Aujourd'hui, il y a une mode du Portugais. C'est Jorge Mendes qui a amené ça, notamment avec Mourinho. Ils ont réussi à commercialiser l'image d'une très bonne formation portugaise", explique John Williams. Être différent amène des opportunités. Alors pour se démarquer, les Portugais ont tenté de travailler différemment, d'amener une plus-value. "Ils sont un peu à l'origine de la périodisation tactique (qui affirme que les aspects techniques, tactiques et physiques ne peuvent pas être pris séparément, ndlr). Vous savez ce qu'on dit, au royaume des aveugles, le borgne est roi. Ils ont su se vendre à travers une idéologie qui est maintenant très utilisée. Et dans ce monde du foot quand vous êtes différents et bien vous plaisez", retrace Alex Teklak.

Un exemple difficile à suivre en Belgique en raison des demandes particulières du championnat, selon Marc Brys: "Il n'y a pas vraiment de style belge. On n'est pas très spécifique. Les Portugais par exemple sont techniquement et tactiquement forts, mais beaucoup moins physiquement. C'est très difficile pour les entraîneurs en Belgique. Parce qu'on demande beaucoup de choses à l'entraîneur, il doit être capable de tout faire: physique, tactique, technique, etc." Impossible ou presque de créer un style belge capable de conquérir l'étranger.

Partir à l'aventure

Au-delà de ces raisons, on pourrait également pointer du doigt les raisons culturelles, historiques. Les Hollandais et les Portugais ont toujours été de grands explorateurs, avec l'envie de voyager, de s'exporter. "Il y a peut-être la non-volonté de quitter l'environnement familial, de se retrouver à distance. Je pense aussi que notre culture manque parfois d'arrogance et qu'on minimise nos qualités. A un moment donné, on doit dire qu'on est aussi bon que les autres", regrette Felice Mazzù. Il est rejoint sur ce point par Kris Van Der Haegen: "On n'est pas très nationalistes comme le sont les Français, les Hollandais. Les Hollandais ne vont jamais prendre un Belge s'ils peuvent prendre un Hollandais. Il faudrait un peu plus de fierté nationale."

L'importance des agents et d'avoir un réseau est également indéniable actuellement. Et à nouveau, la Belgique n'est pas un élève modèle dans ce domaine. "Quelle est la place de l'agent belge le plus influent aujourd'hui? Mogi Bayat a des entrées à Nantes, mais à ma connaissance, il n'y a pas d'agent belge assez puissant pour avoir accès aux présidents de clubs étrangers", explique John Williams.

"Quand on demande l'avis d'un entraîneur hollandais sur un de ses collègues, il va toujours être positif. En Belgique, on va toujours dire qu'il lui manque telle ou telle chose."

Les agents belges ont donc une influence essentiellement nationale. Et dans ce cadre, ils peuvent également être tenus pour responsable du manque d'entraîneur belge en les empêchant de se former dans notre championnat selon Kris Van Der Haegen: "La compétition belge est connue comme une compétition de formation. On forme des joueurs pour les envoyer à l'étranger. Comme les agents sont de plus en plus influents, ils amènent d'abord un, deux, trois joueurs, et puis finalement un entraîneur étranger."

Le manque de structure peut également être pointé du doigt. Là où les entraîneurs belges doivent se débrouiller tout seuls pour retrouver un poste, d'autres pays ont mis en place des groupes travaillant dans l'intérêt de tous les entraîneurs nationaux: "Aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre, il y a une sorte de syndicat qui aide les coaches. Dès que le poste d'entraîneur dans un club est vacant, le groupe envoie les CV des entraîneurs libres. Il y a quelques années, il y a eu un petit groupe qui s'est créé et j'ai été président pendant six mois, mais très vite, au lieu d'être douze, on s'est retrouvé à trois", regrette Hugo Broos.

Marc Brys rejoint celui qui a gagné la CAN avec le Cameroun en 2017, tout en ajoutant le côté trop individualiste des entraîneurs belges: "Il faut absolument qu'on ait ce syndicat, mais il faut aussi être solidaire. J'ai travaillé deux ans au Pays-Bas. Quand j'appelle un collègue pour lui demander des conseils, il y a une vraie discussion, de l'entraide. Chez nous, ce sont des secrets. C'est pareil quand on demande l'avis d'un entraîneur hollandais sur un de ses collègues, il va toujours être positif. En Belgique, on va toujours dire qu'il lui manque telle ou telle chose."

Demain c'est loin

Parce que finalement, s'il y a si peu de coaches belges à l'étranger, c'est aussi parce qu'ils n'y sont pas connus. Si certains ont réussi une brillante carrière hors de nos frontières, il y a déjà de nombreuses années que l'on attend leurs successeurs. "Depuis Eric Gerets, il y a eu Michel Preud'homme, mais il n'est pas resté très longtemps aux Pays-Bas. Pour trouver quelqu'un qui a fait de belles choses dans un grand club, il faut remonter très loin avec Guy Thys ou Raymond Goethals", se souvient Alex Teklak.

Avoir un grand historique de coaches à succès est important. Depuis Cruyff, les Pays-Bas ont pu compter sur de nombreux entraîneurs qui ont fait leurs preuves partout dans le monde. Compter sur une locomotive peut également lancer le mouvement, comme le montre l'exemple du Portugal avec Mourinho. Et dans le cas belge, ce pourrait bien être un Diable actuel qui donnera l'impulsion, pour Kris Van Der Haegen: "Les Diables jouent déjà quasi tous à l'étranger donc être loin de leur pays c'est normal pour eux. Quand ils auront terminé leur carrière de joueur et qu'ils deviendront entraîneurs, partir à l'étranger sera presque logique parce qu'ils y sont habitués."

Pour voir un entraîneur belge sur le banc de touche d'une des plus grandes équipes, il faudra sans doute attendre l'avènement de coach Eden, Axel ou Vincent.

Par Jérôme Jordens (st.)

La tendance est à la mondialisation, et le football n'y échappe pas. Les coaches étrangers s'assoient de plus en plus sur les bancs des plus grandes équipes. Les Hollandais, les Portugais, les Allemands, les Italiens, toutes ces nationalités ont la cote auprès des dirigeants. Une liste dont la Belgique ne fait pas partie, tant les références à l'étranger de nos entraîneurs sont minces. Pour trouver la cause de ce phénomène, il faut prendre en compte de nombreux critères différents. Le premier que l'on peut relever est celle du paradoxe des Diables. Notre équipe nationale est actuellement considérée comme une des meilleures sélections au monde, mais se trouve sous la houlette d'un entraîneur espagnol... L'image renvoyée est donc qu'il n'y avait pas d'entraîneur belge assez bon pour les emmener vers les sommets. Le raccourci est cependant un peu rapide. "Je pense que ça aurait été une bonne chose de continuer avec un entraîneur belge après Marc Wilmots, mais au moment du choix, peut-être que les coaches qui avaient la carrure pour devenir sélectionneur national n'étaient pas disponibles. Il y a sans doute quand-même un petit manque de confiance également", souligne Hugo Broos.Il ne fait aucun doute que Roberto Martinez est un bon sélectionneur, mais l'exposition qu'offre notre équipe nationale aurait pu profiter à l'image de nos entraîneurs. La Belgique n'est pas un pays comme les autres, et entraîner l'équipe nationale, ça veut aussi dire faire face à des discussions politiques. "Je vis au quotidien la situation avec Roberto Martinez et je vois qu'avec un coach étranger, il n'y a pas de discussion communautaire. Il se fait respecter beaucoup plus facilement que si c'était un Belge, parce qu'il y aurait la question de Flamand ou Wallon", regrette Kris Van Der Haegen, directeur de l'école nationale des entraîneurs. Puisque les Diables occupent la première place au classement FIFA et jouent tous dans les plus grands clubs, la logique voudrait que nos entraîneurs soient parmi les meilleurs du monde également. De l'extérieur, cette situation étonne quelque peu. "Je crois que comme vos meilleurs joueurs partent à l'étranger, on pense que les meilleurs entraîneurs sont aussi à l'étranger. Mais le travail qui est fait en Belgique, il est extraordinaire, puisque vu la taille du pays, être première nation mondiale, ça veut dire qu'il y a un travail phénoménal au niveau de la formation. Donc la logique voudrait que les présidents aillent chercher des gens qui sont capables de développer ces joueurs-là", analyse John Williams, directeur sportif d'Amiens. Un club qui a débauché son coach en Belgique l'été dernier. Pas un Belge, néanmoins, puisque c'est le Franco-Slovène Luka Elsner qui a quitté l'Union pour rejoindre le nord de la France.Avant de pouvoir s'exporter, il est souvent nécessaire de faire ses preuves dans son pays. Or le championnat belge n'est pas celui qui fait le plus confiance aux coaches locaux. Sur les seize coaches qui ont terminé la saison de Pro League, seuls sept étaient belges, un quota bien loin des championnats portugais (deux entraîneurs étrangers) et hollandais (trois étrangers). Dans un championnat où le niveau est déjà souvent pointé du doigt de l'étranger, et avec un manque de résultats probants en coupe d'Europe, hormis quelques exploits, le manque de confiance envers les coaches nationaux ne peut qu'entraîner une faible demande des clubs étrangers. "La caisse de résonance pour un entraîneur qui fera de bons résultats avec Porto ou Benfica sera bien plus grande que pour un coach qui le fait avec Bruges, le Standard ou La Gantoise", confirme Alex Teklak. "Dans les pays comme le Portugal, les Pays-Bas et même en France, on fait d'abord confiance aux entraîneurs locaux. Et les entraîneurs étrangers, ce sont presque toujours des entraîneurs qui ont déjà un certain palmarès. En Belgique, il y a des étrangers qui viennent, mais qui n'ont presque pas de palmarès", analyse Hugo Broos.Dans le football moderne, il est également important d'avoir la capacité de se vendre et d'être doté d'une grande présence médiatique. Et encore une fois, le Portugal est l'élève modèle. "Aujourd'hui, il y a une mode du Portugais. C'est Jorge Mendes qui a amené ça, notamment avec Mourinho. Ils ont réussi à commercialiser l'image d'une très bonne formation portugaise", explique John Williams. Être différent amène des opportunités. Alors pour se démarquer, les Portugais ont tenté de travailler différemment, d'amener une plus-value. "Ils sont un peu à l'origine de la périodisation tactique (qui affirme que les aspects techniques, tactiques et physiques ne peuvent pas être pris séparément, ndlr). Vous savez ce qu'on dit, au royaume des aveugles, le borgne est roi. Ils ont su se vendre à travers une idéologie qui est maintenant très utilisée. Et dans ce monde du foot quand vous êtes différents et bien vous plaisez", retrace Alex Teklak.Un exemple difficile à suivre en Belgique en raison des demandes particulières du championnat, selon Marc Brys: "Il n'y a pas vraiment de style belge. On n'est pas très spécifique. Les Portugais par exemple sont techniquement et tactiquement forts, mais beaucoup moins physiquement. C'est très difficile pour les entraîneurs en Belgique. Parce qu'on demande beaucoup de choses à l'entraîneur, il doit être capable de tout faire: physique, tactique, technique, etc." Impossible ou presque de créer un style belge capable de conquérir l'étranger.Au-delà de ces raisons, on pourrait également pointer du doigt les raisons culturelles, historiques. Les Hollandais et les Portugais ont toujours été de grands explorateurs, avec l'envie de voyager, de s'exporter. "Il y a peut-être la non-volonté de quitter l'environnement familial, de se retrouver à distance. Je pense aussi que notre culture manque parfois d'arrogance et qu'on minimise nos qualités. A un moment donné, on doit dire qu'on est aussi bon que les autres", regrette Felice Mazzù. Il est rejoint sur ce point par Kris Van Der Haegen: "On n'est pas très nationalistes comme le sont les Français, les Hollandais. Les Hollandais ne vont jamais prendre un Belge s'ils peuvent prendre un Hollandais. Il faudrait un peu plus de fierté nationale."L'importance des agents et d'avoir un réseau est également indéniable actuellement. Et à nouveau, la Belgique n'est pas un élève modèle dans ce domaine. "Quelle est la place de l'agent belge le plus influent aujourd'hui? Mogi Bayat a des entrées à Nantes, mais à ma connaissance, il n'y a pas d'agent belge assez puissant pour avoir accès aux présidents de clubs étrangers", explique John Williams. Les agents belges ont donc une influence essentiellement nationale. Et dans ce cadre, ils peuvent également être tenus pour responsable du manque d'entraîneur belge en les empêchant de se former dans notre championnat selon Kris Van Der Haegen: "La compétition belge est connue comme une compétition de formation. On forme des joueurs pour les envoyer à l'étranger. Comme les agents sont de plus en plus influents, ils amènent d'abord un, deux, trois joueurs, et puis finalement un entraîneur étranger."Le manque de structure peut également être pointé du doigt. Là où les entraîneurs belges doivent se débrouiller tout seuls pour retrouver un poste, d'autres pays ont mis en place des groupes travaillant dans l'intérêt de tous les entraîneurs nationaux: "Aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre, il y a une sorte de syndicat qui aide les coaches. Dès que le poste d'entraîneur dans un club est vacant, le groupe envoie les CV des entraîneurs libres. Il y a quelques années, il y a eu un petit groupe qui s'est créé et j'ai été président pendant six mois, mais très vite, au lieu d'être douze, on s'est retrouvé à trois", regrette Hugo Broos. Marc Brys rejoint celui qui a gagné la CAN avec le Cameroun en 2017, tout en ajoutant le côté trop individualiste des entraîneurs belges: "Il faut absolument qu'on ait ce syndicat, mais il faut aussi être solidaire. J'ai travaillé deux ans au Pays-Bas. Quand j'appelle un collègue pour lui demander des conseils, il y a une vraie discussion, de l'entraide. Chez nous, ce sont des secrets. C'est pareil quand on demande l'avis d'un entraîneur hollandais sur un de ses collègues, il va toujours être positif. En Belgique, on va toujours dire qu'il lui manque telle ou telle chose."Parce que finalement, s'il y a si peu de coaches belges à l'étranger, c'est aussi parce qu'ils n'y sont pas connus. Si certains ont réussi une brillante carrière hors de nos frontières, il y a déjà de nombreuses années que l'on attend leurs successeurs. "Depuis Eric Gerets, il y a eu Michel Preud'homme, mais il n'est pas resté très longtemps aux Pays-Bas. Pour trouver quelqu'un qui a fait de belles choses dans un grand club, il faut remonter très loin avec Guy Thys ou Raymond Goethals", se souvient Alex Teklak. Avoir un grand historique de coaches à succès est important. Depuis Cruyff, les Pays-Bas ont pu compter sur de nombreux entraîneurs qui ont fait leurs preuves partout dans le monde. Compter sur une locomotive peut également lancer le mouvement, comme le montre l'exemple du Portugal avec Mourinho. Et dans le cas belge, ce pourrait bien être un Diable actuel qui donnera l'impulsion, pour Kris Van Der Haegen: "Les Diables jouent déjà quasi tous à l'étranger donc être loin de leur pays c'est normal pour eux. Quand ils auront terminé leur carrière de joueur et qu'ils deviendront entraîneurs, partir à l'étranger sera presque logique parce qu'ils y sont habitués."Pour voir un entraîneur belge sur le banc de touche d'une des plus grandes équipes, il faudra sans doute attendre l'avènement de coach Eden, Axel ou Vincent.Par Jérôme Jordens (st.)