Passons sur le mauvais goût flagrant du tifo. Un personnage de film d'horreur, machette à la main, qui brandit la tête décapitée de Steven Defour, le visage déformé par la douleur, on a déjà fait beaucoup mieux, surtout au Standard. On évitera également de penser aux interprétations qui ont pu naître dans la tête des enfants ayant assisté à ce spectacle...

Passons également sur la rhétorique plus que guerrière qui se cache derrière l'image du traître qui ne mérite que la mort. Et l'ineptie de ce concept dans le football d'aujourd'hui. D'accord, Steven Defour était adoré du public de Sclessin, Ok, les fans rouches se sentent trahis. Mais il y a tout de même d'autres moyens, plus efficaces, plus subtils, d'exprimer ce ressentiment qu'au travers d'une représentation aussi primaire de la violence et de la mort, non ?

Et passons enfin sur les parallèles douteux qui peuvent être établis avec les exactions commises par l'Etat islamique au Proche-Orient. Le moment n'était certes pas très bien choisi pour évoquer la décapitation (y en a-t-il vraiment un ?), mais on imagine mal les Ultras du Standard sciemment faire référence à Daesh.

Les Ultras ont surtout réussi à jeter un peu plus le discrédit sur leur passion et celle de milliers d'autres

Ce qui est triste, c'est que tous les supporters de football auront à pâtir de l'extrémisme de certains (une rengaine bien connue). Avec leur tifo, les Ultras du Standard auront peut-être atteint leur objectif à court terme (déstabiliser Defour, choquer, marquer le coup, etc.), mais ils auront surtout réussi à jeter un peu plus le discrédit sur leur passion et celle de milliers d'autres. Aux yeux de beaucoup de non-initiés, le supporter de foot type n'est qu'un imbécile assoiffé de bière et de haine. Dimanche, les Ultras ont donné du grain à moudre à ces gens-là.

Bien sûr, il ne faut pas prêter à cette initiative plus de machiavélisme qu'il n'y en avait réellement. Mais il ne faut certainement pas non plus la balayer d'un revers de la main en invoquant une forme d'humour. Ce n'était ni drôle, ni intelligent. Les Ultras du Standard ont dérapé, des sanctions doivent être prononcées. Dans l'intérêt des supporters, du football, mais également dans le leur. La plupart du temps, leur passion rend l'ambiance des stades si particulière. Si on veut préserver cela, il faut une piqûre de rappel, et une bonne.

Mais ce qui grandirait réellement les Ultras, et par ce biais les supporters de football en général, c'est un véritable, un sincère, un réfléchi mea culpa. S'ils pouvaient trouver la force et le courage de reconnaître qu'ils ont dérapé, qu'ils ont exagéré, qu'ils ont déconné, et bien, ils trouveraient là le seul moyen de transformer ce pitoyable spectacle en quelque chose de positif. On peut rêver...

Passons sur le mauvais goût flagrant du tifo. Un personnage de film d'horreur, machette à la main, qui brandit la tête décapitée de Steven Defour, le visage déformé par la douleur, on a déjà fait beaucoup mieux, surtout au Standard. On évitera également de penser aux interprétations qui ont pu naître dans la tête des enfants ayant assisté à ce spectacle...Passons également sur la rhétorique plus que guerrière qui se cache derrière l'image du traître qui ne mérite que la mort. Et l'ineptie de ce concept dans le football d'aujourd'hui. D'accord, Steven Defour était adoré du public de Sclessin, Ok, les fans rouches se sentent trahis. Mais il y a tout de même d'autres moyens, plus efficaces, plus subtils, d'exprimer ce ressentiment qu'au travers d'une représentation aussi primaire de la violence et de la mort, non ?Et passons enfin sur les parallèles douteux qui peuvent être établis avec les exactions commises par l'Etat islamique au Proche-Orient. Le moment n'était certes pas très bien choisi pour évoquer la décapitation (y en a-t-il vraiment un ?), mais on imagine mal les Ultras du Standard sciemment faire référence à Daesh.Ce qui est triste, c'est que tous les supporters de football auront à pâtir de l'extrémisme de certains (une rengaine bien connue). Avec leur tifo, les Ultras du Standard auront peut-être atteint leur objectif à court terme (déstabiliser Defour, choquer, marquer le coup, etc.), mais ils auront surtout réussi à jeter un peu plus le discrédit sur leur passion et celle de milliers d'autres. Aux yeux de beaucoup de non-initiés, le supporter de foot type n'est qu'un imbécile assoiffé de bière et de haine. Dimanche, les Ultras ont donné du grain à moudre à ces gens-là.Bien sûr, il ne faut pas prêter à cette initiative plus de machiavélisme qu'il n'y en avait réellement. Mais il ne faut certainement pas non plus la balayer d'un revers de la main en invoquant une forme d'humour. Ce n'était ni drôle, ni intelligent. Les Ultras du Standard ont dérapé, des sanctions doivent être prononcées. Dans l'intérêt des supporters, du football, mais également dans le leur. La plupart du temps, leur passion rend l'ambiance des stades si particulière. Si on veut préserver cela, il faut une piqûre de rappel, et une bonne.Mais ce qui grandirait réellement les Ultras, et par ce biais les supporters de football en général, c'est un véritable, un sincère, un réfléchi mea culpa. S'ils pouvaient trouver la force et le courage de reconnaître qu'ils ont dérapé, qu'ils ont exagéré, qu'ils ont déconné, et bien, ils trouveraient là le seul moyen de transformer ce pitoyable spectacle en quelque chose de positif. On peut rêver...