Si je vous dis Charleroi, vous me répondez quoi ?

Mon dernier club belge de D1

Mais encore ?

Je retournerais demain matin si Abbas Bayat était encore là. Mais pas avec les autres. Or, ils sont tous revenus, certains ouvertement, d'autres pas, mais ils sont tous là, celui qui ne mérite pas que je prononce son nom, courageusement dans l'ombre : le nain et ses nains de jardin. J'avais prévenu Abbas Bayat à propos des méfaits du chef des nains : il a compris plus tard. Tout a été fait pour bousiller mon vestiaire : c'est tellement sournois. Des joueurs arrivaient sans cesse en retard à l'entraînement. L'un d'eux a fini par m'expliquer qu'il agissait sur ordre du chef des nains. Des joueurs proches de ce personnage recevaient régulièrement des bons d'achats de 1000 euros pour faire des courses dans un grand magasin, les autres pas : tout finit par se savoir dans un vestiaire. Ce sont des exemples parmi d'autres. J'aime Charleroi, j'apprécie ce club et cette région mais une personne a tout détruit. Je n'ai qu'un regret...

Lequel ?

Je n'aurais pas dû donner ma démission quelques heures avant un match mais trois jours plus tôt en quittant le bureau d'Abbas Bayat à Bruxelles. L'ancien président ne m'aurait jamais viré. Il l'a d'ailleurs déclaré. Je lui ai présenté mes excuses à propos de la manière dont cela s'est passé. Il a apprécié. Mais, attention, si la manière ne fut pas la bonne, je ne regrette pas ma décision d'avoir quitté le club. Abbas Bayat était un bon président et, surtout, un homme droit et honnête. C'est un communicateur maladroit mais il peut se regarder dans la glace tous les matins : d'autres ne peuvent pas en dire autant. Je n'affirme pas qu'Abbas Bayat est un grand connaisseur mais il a surtout été mal entouré durant des années. Il y a pourtant moyen de créer un très bon club là-bas, de vivre de bons championnats et même plus...

Même plus ?

Charleroi et ses supporters méritent un bon club. Donnez-le moi et avec l'aide d'un vrai directeur général et d'un directeur technique comme Luka Peruzovic, Charleroi s'installerait pour de bon à mi-classement et se battrait de temps en temps pour une place européenne. A la place de cela, Charleroi lutte dans le fond du classement : il y a un problème ou, pour être plus précis, le problème est récemment revenu. Cela va être difficile dans ces conditions-là. Je me souviens de mon époque de joueur : venir au Mambourg, ce n'était pas de la tarte.

Par Pierre Bilic

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans Sport/Foot Magazine.

Si je vous dis Charleroi, vous me répondez quoi ?Mon dernier club belge de D1 Mais encore ?Je retournerais demain matin si Abbas Bayat était encore là. Mais pas avec les autres. Or, ils sont tous revenus, certains ouvertement, d'autres pas, mais ils sont tous là, celui qui ne mérite pas que je prononce son nom, courageusement dans l'ombre : le nain et ses nains de jardin. J'avais prévenu Abbas Bayat à propos des méfaits du chef des nains : il a compris plus tard. Tout a été fait pour bousiller mon vestiaire : c'est tellement sournois. Des joueurs arrivaient sans cesse en retard à l'entraînement. L'un d'eux a fini par m'expliquer qu'il agissait sur ordre du chef des nains. Des joueurs proches de ce personnage recevaient régulièrement des bons d'achats de 1000 euros pour faire des courses dans un grand magasin, les autres pas : tout finit par se savoir dans un vestiaire. Ce sont des exemples parmi d'autres. J'aime Charleroi, j'apprécie ce club et cette région mais une personne a tout détruit. Je n'ai qu'un regret... Lequel ?Je n'aurais pas dû donner ma démission quelques heures avant un match mais trois jours plus tôt en quittant le bureau d'Abbas Bayat à Bruxelles. L'ancien président ne m'aurait jamais viré. Il l'a d'ailleurs déclaré. Je lui ai présenté mes excuses à propos de la manière dont cela s'est passé. Il a apprécié. Mais, attention, si la manière ne fut pas la bonne, je ne regrette pas ma décision d'avoir quitté le club. Abbas Bayat était un bon président et, surtout, un homme droit et honnête. C'est un communicateur maladroit mais il peut se regarder dans la glace tous les matins : d'autres ne peuvent pas en dire autant. Je n'affirme pas qu'Abbas Bayat est un grand connaisseur mais il a surtout été mal entouré durant des années. Il y a pourtant moyen de créer un très bon club là-bas, de vivre de bons championnats et même plus... Même plus ?Charleroi et ses supporters méritent un bon club. Donnez-le moi et avec l'aide d'un vrai directeur général et d'un directeur technique comme Luka Peruzovic, Charleroi s'installerait pour de bon à mi-classement et se battrait de temps en temps pour une place européenne. A la place de cela, Charleroi lutte dans le fond du classement : il y a un problème ou, pour être plus précis, le problème est récemment revenu. Cela va être difficile dans ces conditions-là. Je me souviens de mon époque de joueur : venir au Mambourg, ce n'était pas de la tarte. Par Pierre Bilic