1. Pourquoi portes-tu toujours le maillot d'Eupen et pas celui du Standard, par exemple?
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1. Pourquoi portes-tu toujours le maillot d'Eupen et pas celui du Standard, par exemple? Parce que le club a refusé l'offre du Standard, qu'il jugeait insuffisante, et que les Liégeois n'ont pu ou pas voulu surenchérir. La proposition était sérieuse. J'estimais avoir 50% de chances de réussir ce transfert, mais les derniers jours du mercato, j'ai compris que ce serait impossible. Je n'ai pas non plus attendu jusqu'à minuit. Le Standard proposait 750.000 euros alors qu'Eupen m'avait transféré du Cercle pour 700.000 euros. Mais le Standard jugeait les exigences d'Eupen trop élevées. 2. Aurais-tu jamais osé imaginer que vous seriez deuxièmes après la sixième journée? Je ne m'y attendais absolument pas, surtout que le nouvel entraîneur ne connaissait pas notre championnat et que je m'étais préparé à un exode de joueurs qui ne s'est finalement pas produit. Si nous occupons cette place, c'est parce que nous avons conservé notre équipe et que nous disposons donc d'automatismes. Nous nous connaissons, ce qui n'était pas le cas il y a un an, avec toutes ces arrivées tardives. Le nouvel entraîneur demande des choses simples, faciles à comprendre: un football direct vers l'avant. Nous pouvons prendre des risques pour autant que nous réagissions bien en perte de balle. Il aurait été plus difficile de passer de son football à celui que voulait Beñat San José que le contraire. 3. Votre classement est superbe alors que l'année dernière, Eupen a investi dans la meilleure équipe qu'il a jamais eue. Le virus a eu un impact énorme la saison passée et il ne suffit pas non plus d'enrôler vingt joueurs pour disputer la Coupe d'Europe. Nous avons échoué dans des moments décisifs, comme lors de nos défaites à domicile contre Malines et Zulte Waregem. Avec six points de plus, nous étions huitièmes et nous disputions les play-offs. Mais ce n'était pas dramatique non plus: Eupen a obtenu le meilleur classement de son histoire en Pro League, même s'il espérait beaucoup plus. 4. Ceux qui t'ont vu jouer l'année passée et maintenant se demandent pourquoi tu n'évolues pas dans un grand club. J'ai éclos sur le tard. À vingt ans, je n'étais physiquement pas prêt à livrer des duels du niveau de l'élite. Je ne suis devenu titulaire qu'à 25 ans, à un âge auquel d'autres bons footballeurs ont déjà intégré un grand club. J'étais bon au Cercle parce que j'y bénéficiais d'une grande confiance. Je n'ai eu le sentiment de pouvoir briguer une place au sein d'un grand club que la saison dernière. Jouer avec des ténors comme Adriano et Jordi Amat m'a beaucoup aidé. Ils me passaient automatiquement le ballon quand je l'appelais. C'est une marque de respect. Adriano m'a dit que je pourrais jouer dans les compétitions qu'il a connues. Ses paroles ont eu un impact énorme sur moi, qui venais du "petit" Cercle. 5. En attendant, tu es le successeur de Luis García, le leader sur le terrain, mais aussi un joueur pour lequel les gens se déplacent au stade. García était plutôt un numéro 10 alors que je me considère comme un 8, un box-to-box. Le Cercle disait que j'étais le successeur de Xavier Mercier, ce que je n'étais pas. Je préfère les actes aux paroles. Sur le terrain, j'assume spontanément ce rôle de chef de file, j'appelle le ballon, je distribue le jeu. Mais je dois améliorer mes statistiques, pour atteint le niveau que j'avais au STVV à l'époque. La saison passée a été la meilleure de ma carrière. Mon bagage footballistique est nettement meilleur qu'il y a trois ou quatre ans, mais personne ne le remarque quand les stats ne suivent pas. Donc je ne m'accorde qu'un six sur dix pour la saison passée. J'aimerais franchir un palier supplémentaire, mais mon âge constitue un handicap. Les grands clubs préfèrent engager un joueur de 22 ans qu'ils peuvent ensuite revendre qu'un type de 29 ans, qui a encore un contrat de deux ans. Ceci dit, j'ai toujours préféré signer des contrats de longue durée, donc je ne dois pas non plus me plaindre maintenant.