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Rares sont ceux qui émergent dans la deuxième catégorie au sein du noyau dont hérite le trentenaire quand il prend en mains la destinée d'Amiens, formation de Ligue 1 invitée à se battre pour son maintien. Pour imaginer les offensives, il y a le soyeux gaucher Gaël Kakuta et le puissant et mobile attaquant Serhou Guirassy. Autour d'eux, beaucoup de joueurs d'espace ou de devoir, mais une volonté d'assumer le contrôle des évènements sans trembler. "J'aspire plus à construire qu'à détruire", racontait Elsner lors de ses meilleurs moments saint-gillois. Asservi par le rapport de forces, son Amiens facture seulement 45% de possession moyenne et 397 passes par match, sans pour autant briller dans les reconversions (2,54 contre-attaques par rencontre) dans des scénarios français où le bloc adverse s'écarte beaucoup moins que sur les prés belges.

C'est presque un examen de réalisme. Contre les concurrents pour le maintien, leurs lignes resserrées et leurs duels musclés, le football amiénois peine à exister. Les pensionnaires du stade de la Licorne facturent d'ailleurs quatre points et pas la moindre victoire lors de leurs huit rencontres bouclées avec plus de 50% de possession, brillant essentiellement dans les scénarios où le ballon se partage sans excès (douze de leurs 23 points sont pris avec une moyenne comprise entre 40 et 49%). Les adversaires qui jouent et pressent permettent aux Picards de mettre en place leur animation favorite : puisque les deux milieux centraux brillent plus avec les poumons qu'avec les pieds, ce sont les centraux qui cassent les lignes adverses, cherchant quelques étages plus haut à joindre Guirassy et Kakuta.

Luka Elsner lors de son passage à Amiens., MAXPPP
Luka Elsner lors de son passage à Amiens. © MAXPPP

Dans un système qui oscille entre 4-2-3-1 et 4-4-2, le gaucher déserte souvent sa position initiale dans le couloir droit pour se rendre disponible entre les lignes, dans le demi-espace droit. À l'opposé, c'est le décrochage de Guirassy qui remplit le demi-espace gauche. Tout le reste de l'animation offensive amiénoise se met en marche autour de ce double mouvement : l'ailier gauche et le deuxième attaquant se chargent de menacer la profondeur pour élargir au maximum l'espace entre les lignes et augmenter la zone d'expression des deux talents majeurs du noyau, alors que le latéral droit décolle dans son couloir pour combler la zone laissée orpheline par Kakuta. Le plan offre un 4-4 spectaculaire contre le PSG, un partage contre Lyon entamé avec l'audace de ceux qui croient en leurs idées (57% de possession à la moitié de la première période) ou encore une victoire contre le LOSC.

Le problème, c'est que l'adage dit que pour jouer un bon match, il faut être deux, et qu'Amiens ne fait jamais démentir le proverbe quand l'adversaire décide de mettre la sagesse populaire en péril. "La qualité de notre relance et de notre progression du ballon n'était pas suffisante pour mettre à mal des blocs bien organisés", explique Elsner dans Comment gagner un match de foot. "On n'était jamais autant en difficulté que quand on avait le ballon face à un bloc fermé, faute de profils capables d'assumer ça." L'histoire se termine par une relégation précipitée par le Covid, puis un C4 dégoupillé quelques mois plus tard, après un pâle départ en Ligue 2 : une seule victoire et deux petits buts marqués en cinq sorties.

Rares sont ceux qui émergent dans la deuxième catégorie au sein du noyau dont hérite le trentenaire quand il prend en mains la destinée d'Amiens, formation de Ligue 1 invitée à se battre pour son maintien. Pour imaginer les offensives, il y a le soyeux gaucher Gaël Kakuta et le puissant et mobile attaquant Serhou Guirassy. Autour d'eux, beaucoup de joueurs d'espace ou de devoir, mais une volonté d'assumer le contrôle des évènements sans trembler. "J'aspire plus à construire qu'à détruire", racontait Elsner lors de ses meilleurs moments saint-gillois. Asservi par le rapport de forces, son Amiens facture seulement 45% de possession moyenne et 397 passes par match, sans pour autant briller dans les reconversions (2,54 contre-attaques par rencontre) dans des scénarios français où le bloc adverse s'écarte beaucoup moins que sur les prés belges.C'est presque un examen de réalisme. Contre les concurrents pour le maintien, leurs lignes resserrées et leurs duels musclés, le football amiénois peine à exister. Les pensionnaires du stade de la Licorne facturent d'ailleurs quatre points et pas la moindre victoire lors de leurs huit rencontres bouclées avec plus de 50% de possession, brillant essentiellement dans les scénarios où le ballon se partage sans excès (douze de leurs 23 points sont pris avec une moyenne comprise entre 40 et 49%). Les adversaires qui jouent et pressent permettent aux Picards de mettre en place leur animation favorite : puisque les deux milieux centraux brillent plus avec les poumons qu'avec les pieds, ce sont les centraux qui cassent les lignes adverses, cherchant quelques étages plus haut à joindre Guirassy et Kakuta.Dans un système qui oscille entre 4-2-3-1 et 4-4-2, le gaucher déserte souvent sa position initiale dans le couloir droit pour se rendre disponible entre les lignes, dans le demi-espace droit. À l'opposé, c'est le décrochage de Guirassy qui remplit le demi-espace gauche. Tout le reste de l'animation offensive amiénoise se met en marche autour de ce double mouvement : l'ailier gauche et le deuxième attaquant se chargent de menacer la profondeur pour élargir au maximum l'espace entre les lignes et augmenter la zone d'expression des deux talents majeurs du noyau, alors que le latéral droit décolle dans son couloir pour combler la zone laissée orpheline par Kakuta. Le plan offre un 4-4 spectaculaire contre le PSG, un partage contre Lyon entamé avec l'audace de ceux qui croient en leurs idées (57% de possession à la moitié de la première période) ou encore une victoire contre le LOSC.Le problème, c'est que l'adage dit que pour jouer un bon match, il faut être deux, et qu'Amiens ne fait jamais démentir le proverbe quand l'adversaire décide de mettre la sagesse populaire en péril. "La qualité de notre relance et de notre progression du ballon n'était pas suffisante pour mettre à mal des blocs bien organisés", explique Elsner dans Comment gagner un match de foot. "On n'était jamais autant en difficulté que quand on avait le ballon face à un bloc fermé, faute de profils capables d'assumer ça." L'histoire se termine par une relégation précipitée par le Covid, puis un C4 dégoupillé quelques mois plus tard, après un pâle départ en Ligue 2 : une seule victoire et deux petits buts marqués en cinq sorties.