Réunie à Affligem, là où l'habitude est de déguster de la bière, l'assemblée boit plutôt des paroles. Celles de Marcelo Bielsa, invité par la Fédération belge à raconter son football deux heures durant au coeur de l'été 2017. Le Loco argentin évoque alors le troisième homme. Un concept qui met en lumière "celui qui se démarque pour offrir une solution à celui qui va recevoir la passe, et devenir le troisième homme. Parce qu'aujourd'hui, tout le monde se démarque pour donner une solution au joueur qui va faire la passe, mais pas pour celui qui va la recevoir. Pourtant, c'est impossible à défendre."
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Réunie à Affligem, là où l'habitude est de déguster de la bière, l'assemblée boit plutôt des paroles. Celles de Marcelo Bielsa, invité par la Fédération belge à raconter son football deux heures durant au coeur de l'été 2017. Le Loco argentin évoque alors le troisième homme. Un concept qui met en lumière "celui qui se démarque pour offrir une solution à celui qui va recevoir la passe, et devenir le troisième homme. Parce qu'aujourd'hui, tout le monde se démarque pour donner une solution au joueur qui va faire la passe, mais pas pour celui qui va la recevoir. Pourtant, c'est impossible à défendre." Sur la pelouse de Den Dreef, le troisième homme s'appelle souvent Kamal Sowah. Parce que la chorégraphie louvaniste braque volontiers les projecteurs sur les passes tranchantes de Xavier Mercier ou les buts en pagaille de Thomas Henry, mais que la plus belle danse des hommes de Marc Brys s'exécute comme un plan à trois. Quand le coach anversois s'est installé aux commandes du vaisseau louvaniste, OHL a abandonné la possession pour pratiquer l'un des jeux les plus verticaux de l'élite. Franchir le rond central se fait alors généralement en trois temps. D'abord, Thomas Henry est alerté dos au but et fait parler ses épaules pour conserver le ballon. Le Français remise vers son compatriote Xavier Mercier, et c'est là que Kamal Sowah entame sa course de troisième homme. Le Ghanéen aux poumons inusables répète les appels en profondeur pour sublimer la vista de Mercier, et approcher ses couleurs de la surface adverse. Théoriquement installé sur un flanc, mais toujours autorisé à faire ses appels sur toute la largeur du terrain grâce au système offensif très liquide pratiqué par Marc Brys, le joueur prêté par Leicester n'a pas les défauts de nombreux jeunes joueurs au football vertical, qui s'éparpillent sans flair et tentent plus qu'ils ne réussissent. Son sens des espaces lui permet d'entrer dans la surface au moment approprié, avec un positionnement illisible qui ne cesse de faire douter les défenseurs adverses sur l'identité de celui qui doit s'occuper de lui. Malgré un amour presque déraisonné pour les tentatives à distance, c'est dans la zone de vérité que le Ghanéen a marqué l'immense majorité de ses buts (six sur sept), en éliminant la défense par une course en profondeur ou en se faisant oublier quand le ballon chemine sur le flanc opposé. Avec une exubérance pulmonaire qui lui permet d'être présent aux quatre coins du terrain, Kamal Sowah est le complément idéal au jeu plus statique de Mercier et Henry, les autres armes offensives louvanistes. Et la preuve que dans un trio, le troisième homme n'est sans doute pas le moins important.