Le film la joue simple, ses auteurs ne jouent pas de la technique ou de la virtuosité contre leur sujet. La caméra accompagne les personnages, dans leurs mouvements, aussi bien visibles qu'invisibles, attentive aux visages, à la voix, aux corps, qu'ils soient joyeux ou malheureux, dansants, chantants ou angoissés, débordants d'énergie et de jeunesse ou mortellement affaiblis par la maladie. De longs plans, qui donnent leur place aux héros, avec un parti-pris de mise en scène respecté pendant tout le film : les stars des médias sont hors-champ. Pas une seule image du terrain ou des rencontres. Les matches, les actions ne sont vécus qu'à travers les émotions, les regards, les réactions des supporters. À l'écran, pour une fois, on ne voit qu'eux. Rien de glamour, rien de violent. On est loin ici des jolies filles soigneusement sélectionnées par les télés lors de la Coupe du Monde. Pas de visages spectaculairement peints ni de tenues extravagantes.

Standard est un film simple, sur des gens qu'on dit simples pour ne pas voir leur richesse, leurs complexités, leurs contradictions. On est si proche des personnages qu'on a la sensation de sentir la cigarette, la bière, le froid de la nuit. C'est une expérience complète : le bruit et l'odeur, les fumigènes, les couleurs rouges et blanches, les chants entonnés.

Le supporter est un être de passion. Mais il n'y a pas que la passion, il y a la parole, les voix, les récits, les slogans, l'analyse des contradictions. Etre supporter, c'est un travail, un art, une discipline, des savoirs, une culture, avec ses héritages et ses transmissions, et c'est une politique. Au-delà de ces figures se dessine le portrait social et politique d'une communauté, d'une famille, qui dépasse les frontières linguistiques et régionales, une communauté fière de ses terrils, de son histoire, de son passé et de ses combats. On la sent vibrer, fervente, ardente, comme la cité où elle prend corps, une certaine idée de la résistance populaire à l'ordre économique de la mondialisation, à quoi n'échappe pas le football.

Engagés, les auteurs n'hésitent pas à mettre en avant la dimension politique contestataire des supporters. Leur passion n'est pas un jeu. Le Standard est à eux.

Aziz Ait Hmad

Le film la joue simple, ses auteurs ne jouent pas de la technique ou de la virtuosité contre leur sujet. La caméra accompagne les personnages, dans leurs mouvements, aussi bien visibles qu'invisibles, attentive aux visages, à la voix, aux corps, qu'ils soient joyeux ou malheureux, dansants, chantants ou angoissés, débordants d'énergie et de jeunesse ou mortellement affaiblis par la maladie. De longs plans, qui donnent leur place aux héros, avec un parti-pris de mise en scène respecté pendant tout le film : les stars des médias sont hors-champ. Pas une seule image du terrain ou des rencontres. Les matches, les actions ne sont vécus qu'à travers les émotions, les regards, les réactions des supporters. À l'écran, pour une fois, on ne voit qu'eux. Rien de glamour, rien de violent. On est loin ici des jolies filles soigneusement sélectionnées par les télés lors de la Coupe du Monde. Pas de visages spectaculairement peints ni de tenues extravagantes. Standard est un film simple, sur des gens qu'on dit simples pour ne pas voir leur richesse, leurs complexités, leurs contradictions. On est si proche des personnages qu'on a la sensation de sentir la cigarette, la bière, le froid de la nuit. C'est une expérience complète : le bruit et l'odeur, les fumigènes, les couleurs rouges et blanches, les chants entonnés. Le supporter est un être de passion. Mais il n'y a pas que la passion, il y a la parole, les voix, les récits, les slogans, l'analyse des contradictions. Etre supporter, c'est un travail, un art, une discipline, des savoirs, une culture, avec ses héritages et ses transmissions, et c'est une politique. Au-delà de ces figures se dessine le portrait social et politique d'une communauté, d'une famille, qui dépasse les frontières linguistiques et régionales, une communauté fière de ses terrils, de son histoire, de son passé et de ses combats. On la sent vibrer, fervente, ardente, comme la cité où elle prend corps, une certaine idée de la résistance populaire à l'ordre économique de la mondialisation, à quoi n'échappe pas le football. Engagés, les auteurs n'hésitent pas à mettre en avant la dimension politique contestataire des supporters. Leur passion n'est pas un jeu. Le Standard est à eux.Aziz Ait Hmad