Luzon a battu tous les records du Standard depuis l'instauration des play-offs. En termes de résultats, depuis l'arrivée de Duchâtelet, il est le meilleur entraîneur. Depuis dix ans, il a la meilleure moyenne de points pris.

Jamais le Standard n'a abordé les play-offs dans la peau du favori et du leader. Et ces résultats ont été forgés dans un climat bien peu propice. La fronde du mois de juin et la manifestation des supporters lors de sa première conférence de presse ne permettaient pas de dresser un constat optimiste pour l'avenir. A l'époque, tous les cadres voulaient partir. Si Duchâtelet a su les convaincre de rester, contre espèces sonnantes et trébuchantes, Luzon a su les remotiver et les solidariser en vue d'un objectif bien défini. Or, un vestiaire n'est pas dupe. Au mois de juin, il aurait été facile de briser cet entraîneur inconnu, attiré par un président vilipendé qui avait déjà annoncé son départ. Mais le noyau a été convaincu par l'ambition et le discours de Luzon. Et tout le mérite en revient à l'entraîneur israélien qui a su calmer les ardeurs des supporters en apportant immédiatement des résultats. D'autres auraient tenté d'utiliser la presse pour amadouer tout le monde. Lui pas, il s'est focalisé sur son groupe et a généré une spirale positive.

Est-ce le bon moment pour le prolonger ?

Néanmoins, l'histoire reste inachevée. Et Luzon a tellement fait des play-offs l'objectif prioritaire, au point de balancer la Coupe d'Europe, à force de rotation exagérée, redoutant un manque de fraîcheur au moment du sprint final (ce qui était arrivé au Standard de José Riga, brillant en Coupe d'Europe et en championnat jusque décembre, mais décimé par les blessures en 2e partie de saison) qu'on ne peut juger son travail qu'à la fin des play-offs. Le prolonger maintenant n'a donc aucun sens si on considère cette prolongation comme une récompense pour le travail effectué.

Non, cette prolongation doit d'abord être perçue comme un gage de confiance, celle qui lie le président à son entraîneur. Le timing n'est pas anodin : en agissant de la sorte, Roland Duchâtelet envoie un message fort. Il démontre que son choix était le bon, quels que soient les résultats des play-offs, et il empêche toutes les rumeurs de circuler à un moment inopportun.

Cette prolongation a également modifié le discours de l'entraîneur. En rappelant durant toute la saison que l'objectif consistait à terminer dans les trois premiers, Luzon se protégeait. Cela lui permettait, même en cas de passage à vide, de défendre son bilan et de prouver qu'il avait rempli les objectifs consignés en début de saison. Désormais qu'il est prolongé, il n'a plus à défendre son bilan et il peut avouer son ambition : gagner le titre.

Par Stephane Vande Velde Retrouvez l'intégralité de l'article dans votre Sport/Foot Magazine.

Luzon a battu tous les records du Standard depuis l'instauration des play-offs. En termes de résultats, depuis l'arrivée de Duchâtelet, il est le meilleur entraîneur. Depuis dix ans, il a la meilleure moyenne de points pris.Jamais le Standard n'a abordé les play-offs dans la peau du favori et du leader. Et ces résultats ont été forgés dans un climat bien peu propice. La fronde du mois de juin et la manifestation des supporters lors de sa première conférence de presse ne permettaient pas de dresser un constat optimiste pour l'avenir. A l'époque, tous les cadres voulaient partir. Si Duchâtelet a su les convaincre de rester, contre espèces sonnantes et trébuchantes, Luzon a su les remotiver et les solidariser en vue d'un objectif bien défini. Or, un vestiaire n'est pas dupe. Au mois de juin, il aurait été facile de briser cet entraîneur inconnu, attiré par un président vilipendé qui avait déjà annoncé son départ. Mais le noyau a été convaincu par l'ambition et le discours de Luzon. Et tout le mérite en revient à l'entraîneur israélien qui a su calmer les ardeurs des supporters en apportant immédiatement des résultats. D'autres auraient tenté d'utiliser la presse pour amadouer tout le monde. Lui pas, il s'est focalisé sur son groupe et a généré une spirale positive.Est-ce le bon moment pour le prolonger ?Néanmoins, l'histoire reste inachevée. Et Luzon a tellement fait des play-offs l'objectif prioritaire, au point de balancer la Coupe d'Europe, à force de rotation exagérée, redoutant un manque de fraîcheur au moment du sprint final (ce qui était arrivé au Standard de José Riga, brillant en Coupe d'Europe et en championnat jusque décembre, mais décimé par les blessures en 2e partie de saison) qu'on ne peut juger son travail qu'à la fin des play-offs. Le prolonger maintenant n'a donc aucun sens si on considère cette prolongation comme une récompense pour le travail effectué.Non, cette prolongation doit d'abord être perçue comme un gage de confiance, celle qui lie le président à son entraîneur. Le timing n'est pas anodin : en agissant de la sorte, Roland Duchâtelet envoie un message fort. Il démontre que son choix était le bon, quels que soient les résultats des play-offs, et il empêche toutes les rumeurs de circuler à un moment inopportun.Cette prolongation a également modifié le discours de l'entraîneur. En rappelant durant toute la saison que l'objectif consistait à terminer dans les trois premiers, Luzon se protégeait. Cela lui permettait, même en cas de passage à vide, de défendre son bilan et de prouver qu'il avait rempli les objectifs consignés en début de saison. Désormais qu'il est prolongé, il n'a plus à défendre son bilan et il peut avouer son ambition : gagner le titre.Par Stephane Vande Velde Retrouvez l'intégralité de l'article dans votre Sport/Foot Magazine.