"Il y avait minimum une bagarre par semaine à l'entraînement..." Cette année-là,Axel Lawaréeest un jeune joueur qui découvre la première division. Et tout juste champion de D2 avec Seraing, qui n'a pas connu une seule fois la défaite.Georges Heylensest aux commandes d'un noyau au sang chaud. Un groupe qui va épater pendant dix mois et finir sur le podium, synonyme de première qualification européenne du club. Ce sont les fameuses annéesBlaton, cet entrepreneur au portefeuille très épais qui a repris un matricule moribond en D3 et s'est juré de le placer dans le wagon de tête du foot belge.

C'était parfois chaud sur le terrain d'entraînement. Axel Lawarée poursuit ses explications. "Quand on faisait un petit match, si Heylens voulait que ça se passe bien, que ça soit plus ou moins calme, il savait qu'il devait absolument mettre Karagiannis et Isaias dans la même équipe. Parce que s'ils étaient adversaires, il y avait directement des risques d'embrouilles. Ranko Stojic avait aussi son caractère. Benjamin Debusschere n'était pas mal non plus. Harald Heinen, le deuxième gardien, pouvait être très dur aussi, il avait une mentalité un peu allemande. Ça se rentrait dedans continuellement et Heylens arrivait à jouer de ça, à entretenir cette agressivité. Chaque match d'entraînement, on le voyait tous comme une finale de Coupe du monde. Les vainqueurs faisaient la fête, et les perdants, il ne fallait pas essayer de leur parler. Pour ceux qui avaient perdu, Heylens réservait deux ou trois tours de terrain à faire au pas de charge. Et ceux qui avaient gagné, il leur offrait un t-shirt Adidas de son magasin de sport. Le lendemain, il programmait une revanche, toujours pour nous maintenir au taquet. J'ai assisté à des scènes dingues. J'ai vu des bagarres aux ciseaux, aux couteaux, aux barres de fer. Un joueur pouvait dire à un coéquipier qu'il allait le tuer, ça ne choquait même plus personne. Mais le week-end, tout le monde tirait sur la même corde, c'était une équipe incroyablement soudée."

"Personne ne prenait Seraing au sérieux"

"On a sûrement profité du fait que personne ne nous prenait vraiment au sérieux", pense Domenico Olivieri. "Nous, on savait qu'on avait beaucoup de qualités, on ne s'attendait pas du tout à jouer le maintien. Mais pour tous les adversaires, ce n'était que le petit Seraing, un club qui n'avait pas encore une vraie histoire, une équipe qui sortait à peine de la deuxième division. Ça nous a aidés. Plus d'une fois, on a vu que des adversaires nous sous-estimaient. Donc, on en a clairement profité. On a vite gagné des matches, la confiance s'est installée, ça nous a permis de bien jouer au foot, de marquer plus facilement, l'ambiance était nickel, c'était un tout."

"Il y avait minimum une bagarre par semaine à l'entraînement..." Cette année-là,Axel Lawaréeest un jeune joueur qui découvre la première division. Et tout juste champion de D2 avec Seraing, qui n'a pas connu une seule fois la défaite.Georges Heylensest aux commandes d'un noyau au sang chaud. Un groupe qui va épater pendant dix mois et finir sur le podium, synonyme de première qualification européenne du club. Ce sont les fameuses annéesBlaton, cet entrepreneur au portefeuille très épais qui a repris un matricule moribond en D3 et s'est juré de le placer dans le wagon de tête du foot belge.C'était parfois chaud sur le terrain d'entraînement. Axel Lawarée poursuit ses explications. "Quand on faisait un petit match, si Heylens voulait que ça se passe bien, que ça soit plus ou moins calme, il savait qu'il devait absolument mettre Karagiannis et Isaias dans la même équipe. Parce que s'ils étaient adversaires, il y avait directement des risques d'embrouilles. Ranko Stojic avait aussi son caractère. Benjamin Debusschere n'était pas mal non plus. Harald Heinen, le deuxième gardien, pouvait être très dur aussi, il avait une mentalité un peu allemande. Ça se rentrait dedans continuellement et Heylens arrivait à jouer de ça, à entretenir cette agressivité. Chaque match d'entraînement, on le voyait tous comme une finale de Coupe du monde. Les vainqueurs faisaient la fête, et les perdants, il ne fallait pas essayer de leur parler. Pour ceux qui avaient perdu, Heylens réservait deux ou trois tours de terrain à faire au pas de charge. Et ceux qui avaient gagné, il leur offrait un t-shirt Adidas de son magasin de sport. Le lendemain, il programmait une revanche, toujours pour nous maintenir au taquet. J'ai assisté à des scènes dingues. J'ai vu des bagarres aux ciseaux, aux couteaux, aux barres de fer. Un joueur pouvait dire à un coéquipier qu'il allait le tuer, ça ne choquait même plus personne. Mais le week-end, tout le monde tirait sur la même corde, c'était une équipe incroyablement soudée.""On a sûrement profité du fait que personne ne nous prenait vraiment au sérieux", pense Domenico Olivieri. "Nous, on savait qu'on avait beaucoup de qualités, on ne s'attendait pas du tout à jouer le maintien. Mais pour tous les adversaires, ce n'était que le petit Seraing, un club qui n'avait pas encore une vraie histoire, une équipe qui sortait à peine de la deuxième division. Ça nous a aidés. Plus d'une fois, on a vu que des adversaires nous sous-estimaient. Donc, on en a clairement profité. On a vite gagné des matches, la confiance s'est installée, ça nous a permis de bien jouer au foot, de marquer plus facilement, l'ambiance était nickel, c'était un tout."