Deux malades prendront possession de la pelouse du Lotto Park dimanche sur le coup de 16 heures. Un Anderlecht qui piétine depuis des semaines aux portes du top 4 mais n'y arrive pas. Et un Zulte Waregem où la fin de l'interminable règne de Francky Dury ressemble surtout à un long chemin de croix.
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Deux malades prendront possession de la pelouse du Lotto Park dimanche sur le coup de 16 heures. Un Anderlecht qui piétine depuis des semaines aux portes du top 4 mais n'y arrive pas. Et un Zulte Waregem où la fin de l'interminable règne de Francky Dury ressemble surtout à un long chemin de croix. La confrontation la plus mémorable entre ces deux clubs remonte à la toute fin du championnat 2012-2013. Si on se penche sur la feuille de match, si on compare les grands noms de l'époque aux inconnus d'aujourd'hui, ça pique. Ça n'a plus rien à voir, on n'est plus certain de parler encore du même sport, du même niveau. Jugez plutôt. Et salivez. Dury titularisait ce jour-là des castards comme JuniorMalanda, ThorganHazard et MbayeLeye. Avec ce luxe de pouvoir laisser FranckBerrier sur le banc au coup d'envoi. JohnvandenBrom, lui, avait la toute grosse artillerie à sa disposition: SilvioProto, CheikhouKouyaté, SachaKljestan, DennisPraet, MatiasSuárez, LucasBiglia, MilanJovanovic, DieumerciMbokani. Pas de place dans l'équipe de départ pour OlivierDeschacht, MarcinWasilewski ou MassimoBruno. Oui, ça pique fort si on met hier et aujourd'hui en parallèle. Enjeu de ce rendez-vous, le dernier de la saison: le titre. Lors de l'avant-dernière journée, Zulte Waregem a rossé Bruges et lui a volé la deuxième place. À deux points d'Anderlecht. Les Mauves peuvent se contenter d'un nul pour fêter un 32e titre. Les Flandriens doivent gagner pour célébrer le premier de leur histoire. Au même moment, toute l'Allemagne du foot ne parle que de la finale de la Ligue des Champions qui va opposer le Bayern à Dortmund. Et chez nous? On ne parle que de cet Anderlecht- Zulte Waregem, de cette confrontation entre le géant avec son budget de quarante millions et le petit poucet avec son enveloppe ridicule de sept millions - moins que le Beerschot, Lokeren, Courtrai, le Lierse,... Le champion sera qualifié directement pour la phase de groupes de la Ligue des Champions, il sera assuré de toucher au moins quinze briques. Bref, sur ce match, l' Essevee peut empocher l'équivalent du double de son budget annuel. Dans les tribunes: 26.361 spectateurs. Pas moyen d'en caser un de plus. "Jusqu'ici, c'est le grand rendez-vous de ma carrière", lâche Thorgan Hazard dans la presse. "C'est pour jouer des matches pareils qu'on rêve d'être footballeur professionnel. Maintenant, il faut qu'on termine le boulot. On y va pour le titre, c'est clair." Pas mal pour une équipe qui, un peu plus d'un an plus tôt, a bouclé la phase classique du championnat à la treizième place. Le round d'observation est long. Très long. Dans les deux équipes, on a peur. Peur de prendre un but qui ferait basculer le championnat en faveur du rival du jour. On s'observe. On se tâte. On n'ose pas beaucoup. Puis, sur le coup de 15h45, stupeur, coup de tonnerre. JensNaessens met la tête sur un centre chirurgical de Leye. Proto est mort, c'est 0-1. Si on arrête tout à ce moment-là, Zulte Waregem est champion de Belgique. Pour une bonne centaine de secondes seulement... Dans la foulée, Biglia frappe un coup franc à proximité du rectangle. Son ballon est dévié par Leye qui est dans le mini-mur. Un changement de trajectoire qui surprend SammyBossut: 1-1. Ça ne changera plus. Et ça ne changera pas le destin de Dury qui, quelques semaines plus tôt, a affirmé ses envies dans une interview: "Je ne dis pas que je resterai éternellement ici. Quand on est parti une fois et qu'on a vu ce qu'il se passait en dehors de Waregem, ça peut encore arriver. Les grands clubs ne m'attendent sans doute pas, mais une aventure à l'étranger serait une chouette expérience." Ce coup franc victorieux et chanceux, c'est l'ultime cadeau de Biglia à Anderlecht. Son 303e et dernier match en Mauve. Il file à la Lazio. Van den Brom et Dury affichent le même bilan en play-offs: quatre victoires, trois défaites et autant nuls. Mais les Bruxellois avaient une avance au départ. Un résultat final conforme? Ou pas? Notre consultant MarcDegryse nous dit à l'époque: "Au bout du compte, tout est redevenu logique (...) Anderlecht est champion parce qu'il avait le meilleur groupe et parce qu'il a parfois eu la chance du champion (...) Dans le livre d'histoire du football belge, au lieu d'écrire que Zulte Waregem a fini derrière Anderlecht, ce serait mieux de mettre que ce club a terminé devant Bruges, le Standard et Genk. Ceux-là ont de quoi être jaloux."