L'avis de Jesse De Preter, fondateur du bureau de consultance sportive The Atticus Group

"Avant tout, il est illusoire de penser que les intermédiaires jouent un rôle superflu dans le football. On le voit aussi dans d'autres secteurs: pour chaque grosse transaction, on a besoin de personnes qui peuvent intégrer la chaîne en offrant une valeur ajoutée. Par contre, il faut faire attention à ce que ces activités soient les plus transparentes et les plus réglementées possibles.

La clearing house est un pas dans la bonne direction, mais il en faut plus. La Pro League, la Fédération et la FIFA peuvent faire autant de règlements qu'elles veulent, le problème est qu'elles n'ont aucun pouvoir coercitif. Regardez la liste des personnes qui sont actuellement poursuivies par le parquet fédéral: on y trouve plus de dirigeants de clubs que d'agents. Et ce sont eux qui devraient contrôler les agents?

C'est pourquoi il faut d'urgence une législation pour les agents. À côté de ça, il faut créer un ordre professionnel auquel ils seront obligés de s'affilier, comme ça existe pour les architectes ou les médecins. Cet organe doit aussi pouvoir prendre des mesures disciplinaires. Il y aura toujours quelque part des gens malhonnêtes ou des esprits créatifs qui tenteront de subtiliser de l'argent. La proposition pour cette législation est prête, j'y ai moi-même passé beaucoup de temps. Il ne manque pour ainsi dire qu'une signature pour qu'elle soit effective, mais l'atmosphère de scandale rend le dossier politiquement toxique et n'aide pas à sa conclusion.

Un second point important est le côté arbitraire des montants de transferts. Sur le plan juridique, ces sommes sont légales, mais si on y réfléchit plus profondément, tout ça n'est pas normal. Imaginez que vous, comme journaliste, ayez sur votre tête une clause de départ de 200 millions. Ce sont des montants qui incitent à la fraude. Pour travailler de manière plus honnête, on pourrait à terme abolir ces frais de transferts. J'en ai parlé le mois dernier avec Mino Raiola, avec qui je siège au conseil d'administration de The Football Forum. Cela forcerait à abandonner une partie du business, parce qu'en tant qu'agent - je préfère parler de consultant - vous recevez souvent une commission sur la somme du transfert, mais il faut aussi pouvoir oser l'honnêteté intellectuelle."

L'avis de Jesse De Preter, fondateur du bureau de consultance sportive The Atticus Group"Avant tout, il est illusoire de penser que les intermédiaires jouent un rôle superflu dans le football. On le voit aussi dans d'autres secteurs: pour chaque grosse transaction, on a besoin de personnes qui peuvent intégrer la chaîne en offrant une valeur ajoutée. Par contre, il faut faire attention à ce que ces activités soient les plus transparentes et les plus réglementées possibles. La clearing house est un pas dans la bonne direction, mais il en faut plus. La Pro League, la Fédération et la FIFA peuvent faire autant de règlements qu'elles veulent, le problème est qu'elles n'ont aucun pouvoir coercitif. Regardez la liste des personnes qui sont actuellement poursuivies par le parquet fédéral: on y trouve plus de dirigeants de clubs que d'agents. Et ce sont eux qui devraient contrôler les agents? C'est pourquoi il faut d'urgence une législation pour les agents. À côté de ça, il faut créer un ordre professionnel auquel ils seront obligés de s'affilier, comme ça existe pour les architectes ou les médecins. Cet organe doit aussi pouvoir prendre des mesures disciplinaires. Il y aura toujours quelque part des gens malhonnêtes ou des esprits créatifs qui tenteront de subtiliser de l'argent. La proposition pour cette législation est prête, j'y ai moi-même passé beaucoup de temps. Il ne manque pour ainsi dire qu'une signature pour qu'elle soit effective, mais l'atmosphère de scandale rend le dossier politiquement toxique et n'aide pas à sa conclusion. Un second point important est le côté arbitraire des montants de transferts. Sur le plan juridique, ces sommes sont légales, mais si on y réfléchit plus profondément, tout ça n'est pas normal. Imaginez que vous, comme journaliste, ayez sur votre tête une clause de départ de 200 millions. Ce sont des montants qui incitent à la fraude. Pour travailler de manière plus honnête, on pourrait à terme abolir ces frais de transferts. J'en ai parlé le mois dernier avec Mino Raiola, avec qui je siège au conseil d'administration de The Football Forum. Cela forcerait à abandonner une partie du business, parce qu'en tant qu'agent - je préfère parler de consultant - vous recevez souvent une commission sur la somme du transfert, mais il faut aussi pouvoir oser l'honnêteté intellectuelle."