L'avis de Willem De Bock, auteur du livre Dossier Stadion
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L'avis de Willem De Bock, auteur du livre Dossier Stadion "Si on regarde dans les autres pays avoisinants, on constate que la construction de nouveaux stades est surtout allée de pair avec l'organisation d'un grand tournoi. Prenons l'exemple du Mondial en Russie: presque uniquement des nouveaux stades. Tous construits avec d'énormes dépassements de budget, par contre. Puisque Vladimir Poutine soutenait le projet à fond, ce n'était pas un problème, mais on ne peut pas attendre de telles choses au sein d'une démocratie ( sic). Néanmoins, les autres pays ayant accueilli de grands tournois ont connu une vague de renouvellement en marge de l'évènement. La Belgique a manqué une énorme occasion de se renouveler avec l'EURO 2000, sans même parler de la possibilité d'accueillir des matches de l'EURO 2020 à Bruxelles. En 2000, la Belgique n'a pas construit de nouveau stade. Le résultat, c'est qu'aujourd'hui, la FIFA doit faire une exception aux normes pour permettre à notre équipe nationale de jouer ses matches officiels au stade Roi Baudouin. La problématique des stades en Belgique prend place dans une sphère plus importante. Qu'on parle du monde du sport, mais aussi de l'entreprise, des transports ou de l'énergie, les travaux pour de grandes infrastructures sont très difficiles à réaliser dans notre pays. Dès que vous entamez un chantier, vous tombez dans un enchevêtrement de réglementations et de permis. À chaque étape, il y a des enquêtes auprès des riverains, des groupes d'action... À tel point que souvent, vous ne pouvez même pas commencer à travailler. La Ghelamco Arena est une exception: c'est l'un des rares endroits en Belgique où il y a eu une construction d'envergure sans que personne ne proteste contre son érection. Parfois, on en arrive à des situations absurdes, comme quand le Club Bruges a voulu construire son stade à Blankenberge, mais s'est heurté à un rapport environnemental négatif parce qu'un clocher d'église abandonnée devait être préservé parce que des chauve-souris venaient y chercher à manger. Plus tard, le clocher a été rénové, donc les chauve-souris ne sont plus venues... Entre-temps, Bruges a dû reprendre son rapport environnemental à zéro. Puisque les temps actuels ne sont pas vraiment ceux où les politiciens soutiennent le football, les grands projets sportifs se heurtent souvent aux parapluies réglementaires dégainés par la classe politique. Aujourd'hui, ils préfèrent éviter de se brûler les doigts dans un domaine pourri par les scandales, alors que cette quête de nouvelles infrastructures est aussi importante pour l'économie et le vivre ensemble national. Pour moi, il est important que divers secteurs, dont le football, s'unissent pour inciter le politique à assouplir les réglementations."