L'interview complète de Sinisa Mihajlovic dans le SportFoot Magazine de ce mercredi.

Je joue toujours pour gagner. Les balles hautes, c'est pas mon truc. Je préfère le jeu court, un pressing haut, la présence dans le camp adverse. Pour moi, il n'y a pas d'autres solutions que le jeu offensif. Il ne sert à rien de bétonner, d'essayer de ne pas perdre. Au bout du compte, on n'apprend rien quand on ne tente rien. Mais, attention, l'organisation fait aussi la différence. A chaque instant, en phase offensive ou à la récupération, un joueur doit toujours savoir ce qu'il y a lieu de faire. Le résultat est sacré mais, pour moi, la qualité du jeu est primordiale. Pour un coach, il y a des défaites plus intéressantes que certains succès car l'équipe a perfectionné son jeu.

En plus du talent, je suis passionné par le mental. Je m'intéresse à l'homme qu'il y a derrière le joueur. Avec les jeunes, je perdrai peut-être un peu de qualités individuelles mais mon collectif sera meilleur. Il y a des joueurs plus doués qu'eux mais certaines facettes de leur personnalité ne me plaisent pas. J'ai cinq enfants et tous ne doivent pas être encouragés ou réprimandés de la même façon. Pour les joueurs, c'est la même chose.
"Un sélectionneur ne choisit pas les meilleurs joueurs mais ceux qui conviennent le mieux à son football."

Un entraîneur de club a le temps de poser ses jalons. En équipe nationale, ce n'est pas les cas. Il faut trouver le moyen de motiver les joueurs, être psychologue, rentrer dans la tête des joueurs, les comprendre. Je suis encore un jeune coach et mon travail en équipe nationale me permet de mieux cerner cet aspect de notre travail. Le mental et les complémentarités sont décisifs. J'en ai souvent parlé avec Arrigo Sacchi. A son époque, Vierchowod était un des plus grands arrières au monde Il aurait pu jouer partout mais pas dans l'équipe nationale de Sacchi : ce joueur ne convenait pas à son système. Vierchowod était meilleur que Baresi et Costacurta, Sacchi était d'accord mais il ne convenait pas à son système. Moi, je fais confiance à des joueurs dont on parle peu : ils conviennent à ce qui se met en place. Un sélectionneur national ne choisit pas les meilleurs joueurs : il retient ceux qui conviennent le mieux à sa façon de voir le football. Un coach national n'a pas beaucoup de temps.

La Serbie veut se rendre au Brésil. Tout est mis en place pour que ce soit possible. Au-delà de cela, une nouvelle génération prend ses marques : elle gagnera du temps en cas de qualification. Tout le monde a ses chances : la Belgique, la Croatie, la Serbie et je ne néglige personne. Pas facile de se rendre à Skopje, Cardiff ou en Ecosse. Mais, cela dit, sur papier, la Belgique monopolise l'attention, est la candidate numéro 1 à la qualification. Le terrain, c'est autre chose que le papier. Je respecte les Diables Rouges mais je ne les crains pas. Je n'ai d'ailleurs peur de personne. La Serbie est parfaitement capable de battre n'importe quelle équipe nationale. Pour cela, il faut que tout le monde respecte tout ce qui qui aura été convenu. La Belgique nous connaît parfaitement, sait où elle peut nous faire mal. Elle ne s'en privera et la Serbie n'ignore rien des atouts et des faiblesses de cette belle équipe nationale belge. Nous essayerons aussi d'exploiter tout cela, c'est de bonne guerre. En cas de victoire, elle reviendra à l'équipe qui aura fait preuve du plus d'intelligence.

Adem Ljajic, que vous aviez fait venir à la Fiorentina, a refusé de chanter l'hymne serbe : il ne jouera plus en équipe nationale ?

Tout à fait, du moins tant qu'il ne chantera pas notre hymne. Cela concerne tout le monde, qui ou quoi qu'un joueur puisse être : celui qui ne chante pas notre hymne ne joue pas. Ljajic aurait sa place dans cette équipe. Quand j'ai repris l'équipe nationale, j'ai rédigé un règlement valable pour tout le monde. Les joueurs l'ont signé et se sont engagés à le suivre, y compris Ljajic. Après, Adem a refusé de chanter notre hymne. Il a ses raisons, que je peux comprendre, mais il a signé et était d'accord. Il n'a pas respecté ce qui était convenu. Dans ces conditions, je n'ai pas besoin de lui.
Je me suis fixé deux objectifs : la qualification pour le Brésil et donner une belle image de mon pays. Les joueurs doivent donner l'exemple.

Quel est le moment le plus émouvant de votre carrière de joueur ?

J'ai gagné 16 ou 17 trophées. L'Italie représente beaucoup pour moi. Mais l'Etoile Rouge était le club de mes rêves quand j'étais jeune. La victoire en CE 1, en finale contre Marseille à Bari, avec un club de mon pays : c'est spécial, vraiment inoubliable...

PAR PIERRE BILIC

Je joue toujours pour gagner. Les balles hautes, c'est pas mon truc. Je préfère le jeu court, un pressing haut, la présence dans le camp adverse. Pour moi, il n'y a pas d'autres solutions que le jeu offensif. Il ne sert à rien de bétonner, d'essayer de ne pas perdre. Au bout du compte, on n'apprend rien quand on ne tente rien. Mais, attention, l'organisation fait aussi la différence. A chaque instant, en phase offensive ou à la récupération, un joueur doit toujours savoir ce qu'il y a lieu de faire. Le résultat est sacré mais, pour moi, la qualité du jeu est primordiale. Pour un coach, il y a des défaites plus intéressantes que certains succès car l'équipe a perfectionné son jeu. En plus du talent, je suis passionné par le mental. Je m'intéresse à l'homme qu'il y a derrière le joueur. Avec les jeunes, je perdrai peut-être un peu de qualités individuelles mais mon collectif sera meilleur. Il y a des joueurs plus doués qu'eux mais certaines facettes de leur personnalité ne me plaisent pas. J'ai cinq enfants et tous ne doivent pas être encouragés ou réprimandés de la même façon. Pour les joueurs, c'est la même chose. "Un sélectionneur ne choisit pas les meilleurs joueurs mais ceux qui conviennent le mieux à son football." Un entraîneur de club a le temps de poser ses jalons. En équipe nationale, ce n'est pas les cas. Il faut trouver le moyen de motiver les joueurs, être psychologue, rentrer dans la tête des joueurs, les comprendre. Je suis encore un jeune coach et mon travail en équipe nationale me permet de mieux cerner cet aspect de notre travail. Le mental et les complémentarités sont décisifs. J'en ai souvent parlé avec Arrigo Sacchi. A son époque, Vierchowod était un des plus grands arrières au monde Il aurait pu jouer partout mais pas dans l'équipe nationale de Sacchi : ce joueur ne convenait pas à son système. Vierchowod était meilleur que Baresi et Costacurta, Sacchi était d'accord mais il ne convenait pas à son système. Moi, je fais confiance à des joueurs dont on parle peu : ils conviennent à ce qui se met en place. Un sélectionneur national ne choisit pas les meilleurs joueurs : il retient ceux qui conviennent le mieux à sa façon de voir le football. Un coach national n'a pas beaucoup de temps. La Serbie veut se rendre au Brésil. Tout est mis en place pour que ce soit possible. Au-delà de cela, une nouvelle génération prend ses marques : elle gagnera du temps en cas de qualification. Tout le monde a ses chances : la Belgique, la Croatie, la Serbie et je ne néglige personne. Pas facile de se rendre à Skopje, Cardiff ou en Ecosse. Mais, cela dit, sur papier, la Belgique monopolise l'attention, est la candidate numéro 1 à la qualification. Le terrain, c'est autre chose que le papier. Je respecte les Diables Rouges mais je ne les crains pas. Je n'ai d'ailleurs peur de personne. La Serbie est parfaitement capable de battre n'importe quelle équipe nationale. Pour cela, il faut que tout le monde respecte tout ce qui qui aura été convenu. La Belgique nous connaît parfaitement, sait où elle peut nous faire mal. Elle ne s'en privera et la Serbie n'ignore rien des atouts et des faiblesses de cette belle équipe nationale belge. Nous essayerons aussi d'exploiter tout cela, c'est de bonne guerre. En cas de victoire, elle reviendra à l'équipe qui aura fait preuve du plus d'intelligence. Adem Ljajic, que vous aviez fait venir à la Fiorentina, a refusé de chanter l'hymne serbe : il ne jouera plus en équipe nationale ? Tout à fait, du moins tant qu'il ne chantera pas notre hymne. Cela concerne tout le monde, qui ou quoi qu'un joueur puisse être : celui qui ne chante pas notre hymne ne joue pas. Ljajic aurait sa place dans cette équipe. Quand j'ai repris l'équipe nationale, j'ai rédigé un règlement valable pour tout le monde. Les joueurs l'ont signé et se sont engagés à le suivre, y compris Ljajic. Après, Adem a refusé de chanter notre hymne. Il a ses raisons, que je peux comprendre, mais il a signé et était d'accord. Il n'a pas respecté ce qui était convenu. Dans ces conditions, je n'ai pas besoin de lui. Je me suis fixé deux objectifs : la qualification pour le Brésil et donner une belle image de mon pays. Les joueurs doivent donner l'exemple. Quel est le moment le plus émouvant de votre carrière de joueur ? J'ai gagné 16 ou 17 trophées. L'Italie représente beaucoup pour moi. Mais l'Etoile Rouge était le club de mes rêves quand j'étais jeune. La victoire en CE 1, en finale contre Marseille à Bari, avec un club de mon pays : c'est spécial, vraiment inoubliable... PAR PIERRE BILIC