Il est quand même bizarre que vous et les joueurs de votre génération aient été si durs envers Vincent Kompany, qui est tout aussi obsédé que vous mais dont vous disiez qu'il était nonchalant.

Demandez à ces gars si ça m'a dérangé. Chacun se donne pour son métier à sa façon. Parfois, on n'est pas d'accord mais il n'y a rien de mal fait. Je pense quand même que, quand j'ai un problème, j'ai le droit d'en parler. Et eux peuvent le faire aussi. Chacun a son avis et il faut le respecter. Je n'ai aucun problème avec ces gars-là et je m'entends très bien avec Vincent. Il a évolué aussi. Et quand je repense à l'époque où j'avais dix-huit, dix-neuf ans, je me dis que nous n'étions pas si différents (il rit). N'oubliez pas que j'ai tout vécu, mais de façon mesurée. La sagesse, ça vient avec le temps. Dans mon cas aussi.

Comment expliquez-vous que vous soyez le seul, avec Daniel Van Buyten, à avoir conservé une place dans le noyau des Diables?

Je prends du plaisir à m'entraîner avec ces gars-là. Ils sont tellement bons, ils ont tellement de qualités: c'est phé-no-mé-nal! Certains sont jaloux mais moi, pas du tout.

Dick Advocaat vous avait laissé tomber et Marc Wilmots ne vous aligne pas non plus. C'est quoi, la différence?

Mon rôle est tout simplement différent. Je suis un stabilisateur. Je dois veiller à ce que les objectifs soient atteints et à tirer la charrue. Je n'en dirai pas davantage car cela m'obligerait à entrer dans des détails et je n'en ai pas l'intention. Ce qui se dit au sein d'un groupe ou d'un vestiaire ne doit pas filtrer. Mais le fait que je sois encore là signifie que le groupe m'accepte dans mon rôle. S'il y avait eu des conflits, comme on l'a parfois laissé entendre, cela n'aurait pas duré longtemps.

Advocaat avait fait une croix sur vous, Leekens avait refait de vous un titulaire et, avec Wilmots, c'est mitigé: vous faites partie du groupe mais vous ne jouez pas. L'ex-capitaine est devenu un figurant.

Il faut bien se dire que tout cela est arrivé en fin de carrière. Si c'était arrivé au début, cela m'aurait posé problème. Maintenant, je peux comprendre. J'ai toujours prétendu qu'Advocaat était l'homme qu'il fallait à ce moment-là et j'en reste convaincu. Il nous a beaucoup appris et le fait que j'aie joué ou pas n'y change rien. C'était un étranger et il se foutait de toutes nos préoccupations: les problèmes linguistiques, l'âge des joueurs... Seul le talent l'intéressait. Il avait des objectifs et tout le monde devait s'y plier. Nous en tirons toujours les bénéfices aujourd'hui. Chapeau à la fédération qui l'a compris et qui a investi dans les moyens nécessaires.

Par Jan Hauspie

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans votre Sport/Foot Magazine

Il est quand même bizarre que vous et les joueurs de votre génération aient été si durs envers Vincent Kompany, qui est tout aussi obsédé que vous mais dont vous disiez qu'il était nonchalant.Demandez à ces gars si ça m'a dérangé. Chacun se donne pour son métier à sa façon. Parfois, on n'est pas d'accord mais il n'y a rien de mal fait. Je pense quand même que, quand j'ai un problème, j'ai le droit d'en parler. Et eux peuvent le faire aussi. Chacun a son avis et il faut le respecter. Je n'ai aucun problème avec ces gars-là et je m'entends très bien avec Vincent. Il a évolué aussi. Et quand je repense à l'époque où j'avais dix-huit, dix-neuf ans, je me dis que nous n'étions pas si différents (il rit). N'oubliez pas que j'ai tout vécu, mais de façon mesurée. La sagesse, ça vient avec le temps. Dans mon cas aussi.Comment expliquez-vous que vous soyez le seul, avec Daniel Van Buyten, à avoir conservé une place dans le noyau des Diables?Je prends du plaisir à m'entraîner avec ces gars-là. Ils sont tellement bons, ils ont tellement de qualités: c'est phé-no-mé-nal! Certains sont jaloux mais moi, pas du tout.Dick Advocaat vous avait laissé tomber et Marc Wilmots ne vous aligne pas non plus. C'est quoi, la différence?Mon rôle est tout simplement différent. Je suis un stabilisateur. Je dois veiller à ce que les objectifs soient atteints et à tirer la charrue. Je n'en dirai pas davantage car cela m'obligerait à entrer dans des détails et je n'en ai pas l'intention. Ce qui se dit au sein d'un groupe ou d'un vestiaire ne doit pas filtrer. Mais le fait que je sois encore là signifie que le groupe m'accepte dans mon rôle. S'il y avait eu des conflits, comme on l'a parfois laissé entendre, cela n'aurait pas duré longtemps.Advocaat avait fait une croix sur vous, Leekens avait refait de vous un titulaire et, avec Wilmots, c'est mitigé: vous faites partie du groupe mais vous ne jouez pas. L'ex-capitaine est devenu un figurant.Il faut bien se dire que tout cela est arrivé en fin de carrière. Si c'était arrivé au début, cela m'aurait posé problème. Maintenant, je peux comprendre. J'ai toujours prétendu qu'Advocaat était l'homme qu'il fallait à ce moment-là et j'en reste convaincu. Il nous a beaucoup appris et le fait que j'aie joué ou pas n'y change rien. C'était un étranger et il se foutait de toutes nos préoccupations: les problèmes linguistiques, l'âge des joueurs... Seul le talent l'intéressait. Il avait des objectifs et tout le monde devait s'y plier. Nous en tirons toujours les bénéfices aujourd'hui. Chapeau à la fédération qui l'a compris et qui a investi dans les moyens nécessaires.Par Jan HauspieRetrouvez l'intégralité de l'interview dans votre Sport/Foot Magazine