Après sa carrière de joueur, Serhiy Serebrennikov est devenu entraîneur. Aujourd'hui, il travaille pour une grande agence de joueurs de son pays. Il vit toujours à Varsenare et encadre les joueurs ukrainiens qui évoluent en Europe de l'ouest.
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Après sa carrière de joueur, Serhiy Serebrennikov est devenu entraîneur. Aujourd'hui, il travaille pour une grande agence de joueurs de son pays. Il vit toujours à Varsenare et encadre les joueurs ukrainiens qui évoluent en Europe de l'ouest. En 2014, la révolution en Ukraine a eu une influence sur le football. "Les budgets des grands clubs sont moins importants. Le niveau du championnat a chuté. Beaucoup de clubs ont fait faillite. Les salaires ont baissé, les étrangers sont partis. Les clubs ont donné une chance aux jeunes. C'est pourquoi il y a beaucoup de jeunes talents. Pour eux, c'est une aubaine. Et pour l'équipe nationale aussi." Selon Serebrennikov, il n'est pas facile de faire des affaires sur le marché ukrainien. "En Ukraine, les prix sont trop élevés. Bruges sait qu'il doit vendre un ou deux joueurs chaque année. Il négocie, mais le prix est correct. Il ne demande pas vingt millions un jour et quarante le lendemain. Le Dynamo Kiev et le Shakhtar Donetsk tapent très haut d'emblée. Il est moins risqué d'acheter un joueur de Bruges. D'autant qu'il est déjà acclimaté à la vie européenne." Actuellement, neuf Ukrainiens évoluent en Belgique. Dont un à Bruges: Eduard Sobol. Serebrennikov pense qu'après de nombreux prêts, il a trouvé la sérénité. "Quand on est prêté, il n'y a pas de sentiment d'appartenance. On joue pour soi, pour montrer qu'on a le niveau. On ne se sent pas responsable des résultats. Maintenant qu'il connaît l'équipe et les supporters, il est plus relax, plus concentré. Et il évolue. Surtout défensivement." Serebrennikov a également longtemps encadré Emmanuel Dennis, qu'il a amené de Louhansk à Bruges. "Un joueur difficile, mais intéressant. Il a plusieurs visages, est très sûr de lui et aime la vie. Nous ne travaillons plus ensemble, mais je le considère toujours comme mon petit frère. S'il a besoin d'aide, il peut compter sur moi." En Ukraine, le Nigérian ne gagnait presque rien. À Bruges, il avait un bon contrat et ça l'a changé. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné entre eux? "Rien", dit Serebrennikov. "Notre contrat a pris fin et il a suivi d'autres personnes. Un agent qui a beaucoup de joueurs de l'équipe nationale du Nigeria dans son portefeuille lui a parlé de Manchester United, d'Arsenal... Ça lui est monté à la tête. Dennis est émotif, il n'analyse pas. Il fait confiance à tout le monde et ne voit que son intérêt. Il a souffert lorsqu'il était jeune." Dennis a désormais l'occasion de faire étalage de son talent à Cologne. "Il n'a peur de personne. Son problème, c'est qu'il n'est pas toujours motivé face aux petits clubs. Il manque de stabilité. Il faut que le déclic se produise dans sa tête. S'il y arrive, il pourra atteindre le plus haut niveau." Il comprend que ce type de personnalité puisse poser problème au coach: "Il a 26 gars spéciaux et il doit faire une équipe. Je pense que Clement en est capable. Il est jeune, il consacre beaucoup d'énergie à chaque joueur. C'est ce que me dit Sobol: Philippe est positif et explique tout. Si Eduard est sur le banc, il sait pourquoi. C'est très important, selon moi." Le week-end prochain, c'est la Bataille des Flandres. À Gand, il y a trois Ukrainiens. Serebrennikov a amené Roman Bezus à Saint-Trond, mais depuis, celui-ci a changé d'agent. Roman Yaremchuk est arrivé par le biais d'une autre filière et Igor Plastun fait toujours partie de son portefeuille. "Pour moi, Igor est un très bon joueur. Il a beaucoup joué au cours de ses deux premières saisons et maintenant, il souffre, à l'image de l'équipe. Le coach tente de trouver des solutions et utilise beaucoup de joueurs. Igor reste très calme. Il veut jouer, mais je lui ai dit qu'il ne fallait pas partir sur un coup de tête en janvier. Il a trente ans et est encore sous contrat dans un bon club. Il a trois enfants, il doit y penser." En Ukraine, Roman Bezus a toujours été considéré comme un grand talent. Le Dynamo Kiev l'a payé très cher, mais il y a échoué. Il est ensuite parti à Dnipro avant d'arriver à Saint-Trond. "Sa première saison a été difficile, mais la deuxième fut bonne. Il montre de très belles choses à l'entraînement, mais pas suffisamment en match. Il a peut-être besoin de jouer plusieurs matches d'affilée pour prendre plus de responsabilités. En soi, le rôle de joker n'est pas mauvais, mais il faut pouvoir l'accepter." Roman Yaremchuk peut être décisif. "Il a beaucoup progressé en trois ans. Il a pris du muscle et ça se voit. Il n'est pas facile de trouver un bon numéro 9 en Europe et il en est un." Il n'a pas hésité à s'en prendre à László Bölöni. "Pour moi, ce n'était pas nécessaire, mais il a laissé parler ses émotions et c'est ça qui fait la beauté du foot. Tout n'est pas toujours correct. Je pense qu'il est prêt à franchir un pas, à sortir de sa zone de confort. Ici, il est trop sûr de sa place." Le problème des joueurs ukrainiens, c'est la langue. L'agence pour laquelle Serebrennikov travaille leur paye des cours d'anglais. À Anderlecht, Bogdan Mykhaylichenko a connu des problèmes d'adaptation. "Il a bien débuté et a directement marqué, mais il a atterri dans une équipe qui se cherchait et changeait sans cesse. Ce manque de stabilité n'est pas bon pour un joueur en pleine évolution. Kompany sait qu'il est fort mentalement et voit comment il s'entraîne. Son heure viendra. YevhenMakarenko est arrivé à Anderlecht au mauvais moment, en même temps que trop de joueurs. C'est un gars utile, on ne le voit pas beaucoup, mais il ne perd jamais le ballon. Pareil en équipe nationale. Désormais à Courtrai, il calme le jeu et est toujours disponible. Il joue simplement, ne dribble pas, respecte les consignes du coach." Restent encore Denis Prychynenko et Oleksandr Filippov, qui tentent avec plus ou moins de succès de se forger une place dans le onze du Beerschoot et de Saint-Trond. Et surtout, arrivé cet été à Malines, le diamant brut qu'est Maryan Shved. Passé par le FC Séville et le Celtic, il a eu besoin que Wouter Vrancken se mette en colère pour commencer à prester. "Il a eu un déclic. Je ne pensais pas que ça arriverait. J'espère qu'il pourra maintenir ce niveau. S'il est au top, il peut jouer pour les meilleurs clubs".