Compte tenu de ça, tu penses que tu as perdu deux ans au Standard?

MIANGUE: Ce serait trop facile de remettre la faute sur les autres. La vérité, c'est que je revenais en Belgique après six ans en Italie et que j'ai peut-être un peu trop profité des retrouvailles. Et puis, j'ai sans doute cru que ce serait plus facile aussi. À un moment, j'ai eu le tort de penser que parce que j'avais joué trois matches en Serie A, ça allait être facile en Belgique. Dans ma tête, j'étais chez moi, près de ma mère, de mes amis, cela ne pouvait qu'aller bien. Du coup, je suis trop vite rentré dans ce que je pourrais appeler une zone de confort. Je ne m'en rendais même pas compte, mais ce qui devait me faire du bien humainement m'a joué des tours sportivement, après avoir passé toutes ces années dans ma bulle en Italie.

Pourtant, à l'époque, c'est une conversation que tu avais eue avec Michel Preud'homme qui t'avait convaincu de signer au Standard, non?

MIANGUE: Oui, avec Olivier Renard aussi. Le deal, c'était un prêt de deux ans. L'idée, c'était que je prenne une année pour m'acclimater, regarder, jouer un peu et une autre pour éclater. Mais dans les faits, et malgré ma décompression à mon arrivée en Belgique dont je parlais plus haut, je n'ai pas l'impression d'avoir toujours reçu ma chance à Liège. Et peut-être pas toujours été bien guidé non plus. C'est dommage, mais ce n'est ni la faute d'Olivier Renard, ni celle de Michel Preud'homme ou de Benja (Nicaise, ndlr), voire de monsieur Grosjean. C'est d'abord la mienne de ne pas avoir eu directement la bonne approche. Mais moi, je suis comme ça, j'ai besoin d'exprimer mes sentiments et j'apprécie que les gens puissent venir chez moi pour se confier. Cet échange est important, il me permet d'être plus zen. Et je ne l'ai eu avec personne au Standard. À l'Inter, je l'avais eu avec De Boer, à Cagliari, je l'ai eu avec mon deuxième coach, à Eupen, je l'ai avec tout le staff, avec plusieurs coéquipiers aussi. Avant que le prêt ne se concrétise, j'avais d'ailleurs déjà beaucoup parlé avec Beñat sur Facetime. C'était important pour moi d'avoir ces garanties humaines là. Même si ce n'est jamais évident de se faire un avis sur les gens avant de travailler avec eux. Au Standard aussi, c'est vrai, j'avais eu cette conversation préalable à l'officialisation de mon prêt. On sait ce qu'il en est advenu.

Le coup dur pour toi au Standard, ça a été l'arrivée de Nicolas Gavory à l'été 2019?

MIANGUE: Je n'ai rien contre Gavo. C'est un bon joueur, un bon garçon, je m'entendais bien avec lui, comme je m'entendais bien avec tous mes coéquipiers au Standard. Mais oui, c'est vrai que son arrivée a coïncidé avec une moins bonne période pour moi. En cela, je crois que le club a été surpris de ma réaction. Visiblement, ils s'attendaient à ce que je pète un plomb, mais je n'ai rien lâché. J'étais fâché, mais je n'ai jamais montré de signes extérieurs de frustration. J'aurais peut-être dû. Ou en tout cas aller parler avec le coach. Mais moi, j'ai continué de me défoncer à l'entraînement. Sans rien dire. Et quand on me demandait d'aller jouer avec la réserve, j'y allais. Parfois, c'est même moi qui allait demander au coach d'aller jouer avec les U21. Je préférais ça à la tribune. Le matin je m'entraînais au club, l'après-midi, trois fois par semaine, j'allais faire du renforcement musculaire avec un ami qui travaille avec Lieven (Maesschalck, ndlr) chez Move to cure. Après, ce n'est pas parce que tu en fais plus que les autres que tu mérites de recevoir plus, ce n'est pas ça que je dis. C'est juste que j'aime bien travailler. Et que le Standard n'a jamais pu me reprocher de ne pas en faire assez. À part peut-être au tout début... Mais vu que je n'entrais plus dans les plans, je n'ai pas compris pourquoi on ne m'a pas laissé aller à Venlo en janvier dernier. À partir de là, c'est devenu compliqué. Je m'entraînais comme défenseur central, mais on me faisait rentrer comme milieu gauche ou arrière gauche. Je n'ai jamais râlé, mais je n'ai pas toujours tout compris non plus.

Compte tenu de ça, tu penses que tu as perdu deux ans au Standard?MIANGUE: Ce serait trop facile de remettre la faute sur les autres. La vérité, c'est que je revenais en Belgique après six ans en Italie et que j'ai peut-être un peu trop profité des retrouvailles. Et puis, j'ai sans doute cru que ce serait plus facile aussi. À un moment, j'ai eu le tort de penser que parce que j'avais joué trois matches en Serie A, ça allait être facile en Belgique. Dans ma tête, j'étais chez moi, près de ma mère, de mes amis, cela ne pouvait qu'aller bien. Du coup, je suis trop vite rentré dans ce que je pourrais appeler une zone de confort. Je ne m'en rendais même pas compte, mais ce qui devait me faire du bien humainement m'a joué des tours sportivement, après avoir passé toutes ces années dans ma bulle en Italie.Pourtant, à l'époque, c'est une conversation que tu avais eue avec Michel Preud'homme qui t'avait convaincu de signer au Standard, non?MIANGUE: Oui, avec Olivier Renard aussi. Le deal, c'était un prêt de deux ans. L'idée, c'était que je prenne une année pour m'acclimater, regarder, jouer un peu et une autre pour éclater. Mais dans les faits, et malgré ma décompression à mon arrivée en Belgique dont je parlais plus haut, je n'ai pas l'impression d'avoir toujours reçu ma chance à Liège. Et peut-être pas toujours été bien guidé non plus. C'est dommage, mais ce n'est ni la faute d'Olivier Renard, ni celle de Michel Preud'homme ou de Benja (Nicaise, ndlr), voire de monsieur Grosjean. C'est d'abord la mienne de ne pas avoir eu directement la bonne approche. Mais moi, je suis comme ça, j'ai besoin d'exprimer mes sentiments et j'apprécie que les gens puissent venir chez moi pour se confier. Cet échange est important, il me permet d'être plus zen. Et je ne l'ai eu avec personne au Standard. À l'Inter, je l'avais eu avec De Boer, à Cagliari, je l'ai eu avec mon deuxième coach, à Eupen, je l'ai avec tout le staff, avec plusieurs coéquipiers aussi. Avant que le prêt ne se concrétise, j'avais d'ailleurs déjà beaucoup parlé avec Beñat sur Facetime. C'était important pour moi d'avoir ces garanties humaines là. Même si ce n'est jamais évident de se faire un avis sur les gens avant de travailler avec eux. Au Standard aussi, c'est vrai, j'avais eu cette conversation préalable à l'officialisation de mon prêt. On sait ce qu'il en est advenu.Le coup dur pour toi au Standard, ça a été l'arrivée de Nicolas Gavory à l'été 2019?MIANGUE: Je n'ai rien contre Gavo. C'est un bon joueur, un bon garçon, je m'entendais bien avec lui, comme je m'entendais bien avec tous mes coéquipiers au Standard. Mais oui, c'est vrai que son arrivée a coïncidé avec une moins bonne période pour moi. En cela, je crois que le club a été surpris de ma réaction. Visiblement, ils s'attendaient à ce que je pète un plomb, mais je n'ai rien lâché. J'étais fâché, mais je n'ai jamais montré de signes extérieurs de frustration. J'aurais peut-être dû. Ou en tout cas aller parler avec le coach. Mais moi, j'ai continué de me défoncer à l'entraînement. Sans rien dire. Et quand on me demandait d'aller jouer avec la réserve, j'y allais. Parfois, c'est même moi qui allait demander au coach d'aller jouer avec les U21. Je préférais ça à la tribune. Le matin je m'entraînais au club, l'après-midi, trois fois par semaine, j'allais faire du renforcement musculaire avec un ami qui travaille avec Lieven (Maesschalck, ndlr) chez Move to cure. Après, ce n'est pas parce que tu en fais plus que les autres que tu mérites de recevoir plus, ce n'est pas ça que je dis. C'est juste que j'aime bien travailler. Et que le Standard n'a jamais pu me reprocher de ne pas en faire assez. À part peut-être au tout début... Mais vu que je n'entrais plus dans les plans, je n'ai pas compris pourquoi on ne m'a pas laissé aller à Venlo en janvier dernier. À partir de là, c'est devenu compliqué. Je m'entraînais comme défenseur central, mais on me faisait rentrer comme milieu gauche ou arrière gauche. Je n'ai jamais râlé, mais je n'ai pas toujours tout compris non plus.