Sebastiaan Bornauw sur...

... ses débuts en Allemagne : "Je rêvais de pouvoir m'adapter rapidement et c'est ce qui s'est passé. Honnêtement, sans vouloir paraître suffisant, je pensais que ce serait plus dur. Je ne pensais pas m'imposer si vite en Bundesliga. Je ne m'attendais pas, par exemple, à jouer 22 matches, à marquer cinq buts et à m'installer si rapidement comme titulaire. Forcément, c'est satisfaisant de pouvoir jouer un rôle en vue dans un des meilleurs championnats du monde, mais je sais que je dois encore bosser énormément. Analyser plus vite certaines situations, mieux construire de derrière, porter un peu plus le ballon, même si je le fais de plus en plus, être plus efficace devant le but aussi, paradoxalement, puisqu'on dit que je marque beaucoup. Sauf qu'en fait, des fois, face au but, je suis dans l'euphorie. Contre Francfort, par exemple, je fais une bonne feinte de corps pour me libérer du marquage, j'arrive au petit rectangle, mais au moment de conclure, j'envoie le ballon au poteau de corner. Alors que si je reste calme, je marque facilement. Preuve qu'il reste du travail, c'est sûr. Je savais que ce foot-là était taillé pour moi. Mais ça m'a demandé une période d'adaptation. Quand tu te retrouves pour ton premier match, contre Dortmund, face à Alcácer (Pablo Alcácer, aujourd'hui à Villarreal, ndlr) qui te fait des contrôles orientés pour se retourner, tu sens que tout va plus vite. Le Bayern, on les a rejoués à la maison il y a deux mois (1-4, le 16 février, ndlr), les trente premières minutes, on n'a pas existé. Ils nous ont étouffés. À ce niveau-là, ils voient les espaces, ils ne sont jamais à deux dans la même zone, c'est impressionnant. Même un Thomas Müller, qui ne m'avait jamais trop impressionné à la télé, il m'a choqué. En vrai, c'est une machine. Un des meilleurs parce qu'il ne se trompe jamais. Les bonnes courses, les bons espaces, les bons appels, il est beaucoup plus fort que ce que je pensais ! Je ne vous parle pas d'un Jadon Sancho ou d'un Robert Lewandowski..."

© BELGAIMAGE

... sa relation avec Vincent Kompany : "Le contexte de son arrivée était spécial. Ça a été un choc. D'un côté, c'était une super bonne nouvelle, de l'autre, le timing n'était vraiment pas bon. On a appris ça trois heures avant le match, dans le bus. Jusque-là, on avait entendu des rumeurs, mais personne n'y croyait vraiment. Je trouve que ça aurait dû être annoncé aux joueurs différemment. Là, pour le même prix, on apprenait la nouvelle sur nos téléphones. Sur le terrain, c'était difficile au début parce qu'on ne savait pas vraiment quel serait le rôle de Vincent. Est-ce qu'il allait vraiment être entraîneur et joueur en même temps ? Ça paraissait compliqué à tenir sur la longueur. Surtout, pour moi, c'était assez étrange de jouer à côté de mon entraîneur. Tu sais, sur le terrain, pendant un match, tout va très vite. Tu ne penses pas toujours à tout ce que tu dis et tu as l'habitude de faire des remarques en criant du genre : " Oh, tu fais quoi toi là ! ". Et parfois, c'est inévitable, il y a des insultes qui volent. Là, avec ton coach, tu sais que tu dois rester poli. Ça, ce n'était pas évident. On se tutoyait et il faisait vraiment pleinement partie du groupe, mais malgré tout, ça rendait les rapports un peu plus compliqués. Le jour de mon transfert à Cologne, Vincent m'a rejoint sur le terrain et m'a donné un dernier entraînement. On n'était rien qu'à nous deux et on a travaillé pendant plus d'une heure. Uns contre uns, positionnement sur les centres, tout y est passé. Il ne devait pas faire ça, il n'avait rien à y gagner, mais il l'a fait. Rien que pour ça, je le respecte énormément. Pas que le joueur, mais la personne aussi. C'était un beau moment pour moi."

... l'EURO reporté : "Je mentirais si je disais que le report de l'EURO n'était pas une bonne nouvelle, parce que ça m'ouvre des opportunités en plus. J'aurai sans doute plus de chance d'y être dans un an, mais cette chance reste infime. On va dire que de 1%, je passe à 5% l'an prochain. Si je joue une très bonne saison ! Parce qu'un Vertonghen, même à 45 ans (sic), je le veux encore bien dans mon équipe. Je ne crois pas qu'il faille miser sur le fait que ces joueurs-là arrêtent, mais c'est à nous, les plus jeunes, de nous faire petit à petit une place. J'ai vu des scouts anglais de l'équipe nationale en stage cet hiver lors d'un amical contre Genk et je sais que j'ai été observé par la suite cette saison, mais rien d'exceptionnel. J'avais aussi eu l'occasion de m'entretenir avec Roberto Martinez lors de l'EURO U21 l'été dernier, mais en vrai, je ne croyais pas trop en mes chances pour en être cette fois-ci. J'y serais allé avec plaisir, mais plus comme kiné ou délégué alors (rires). Honnêtement, je crois qu'il y a des joueurs qui le méritaient plus que moi. En dehors des cadres habituels, je pense à Dedryck Boyata au Hertha Berlin, qui est déjà bien intégré dans le groupe des Diables ou à un Jason Denayer, qui est capitaine à Lyon. Ce n'est pas rien quand-même. Il en aurait fallu beaucoup pour que je leur passe devant."

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Sebastiaan Bornauw dans votre Sport/Foot Magazine

Sebastiaan Bornauw sur...... ses débuts en Allemagne : "Je rêvais de pouvoir m'adapter rapidement et c'est ce qui s'est passé. Honnêtement, sans vouloir paraître suffisant, je pensais que ce serait plus dur. Je ne pensais pas m'imposer si vite en Bundesliga. Je ne m'attendais pas, par exemple, à jouer 22 matches, à marquer cinq buts et à m'installer si rapidement comme titulaire. Forcément, c'est satisfaisant de pouvoir jouer un rôle en vue dans un des meilleurs championnats du monde, mais je sais que je dois encore bosser énormément. Analyser plus vite certaines situations, mieux construire de derrière, porter un peu plus le ballon, même si je le fais de plus en plus, être plus efficace devant le but aussi, paradoxalement, puisqu'on dit que je marque beaucoup. Sauf qu'en fait, des fois, face au but, je suis dans l'euphorie. Contre Francfort, par exemple, je fais une bonne feinte de corps pour me libérer du marquage, j'arrive au petit rectangle, mais au moment de conclure, j'envoie le ballon au poteau de corner. Alors que si je reste calme, je marque facilement. Preuve qu'il reste du travail, c'est sûr. Je savais que ce foot-là était taillé pour moi. Mais ça m'a demandé une période d'adaptation. Quand tu te retrouves pour ton premier match, contre Dortmund, face à Alcácer (Pablo Alcácer, aujourd'hui à Villarreal, ndlr) qui te fait des contrôles orientés pour se retourner, tu sens que tout va plus vite. Le Bayern, on les a rejoués à la maison il y a deux mois (1-4, le 16 février, ndlr), les trente premières minutes, on n'a pas existé. Ils nous ont étouffés. À ce niveau-là, ils voient les espaces, ils ne sont jamais à deux dans la même zone, c'est impressionnant. Même un Thomas Müller, qui ne m'avait jamais trop impressionné à la télé, il m'a choqué. En vrai, c'est une machine. Un des meilleurs parce qu'il ne se trompe jamais. Les bonnes courses, les bons espaces, les bons appels, il est beaucoup plus fort que ce que je pensais ! Je ne vous parle pas d'un Jadon Sancho ou d'un Robert Lewandowski..."... sa relation avec Vincent Kompany : "Le contexte de son arrivée était spécial. Ça a été un choc. D'un côté, c'était une super bonne nouvelle, de l'autre, le timing n'était vraiment pas bon. On a appris ça trois heures avant le match, dans le bus. Jusque-là, on avait entendu des rumeurs, mais personne n'y croyait vraiment. Je trouve que ça aurait dû être annoncé aux joueurs différemment. Là, pour le même prix, on apprenait la nouvelle sur nos téléphones. Sur le terrain, c'était difficile au début parce qu'on ne savait pas vraiment quel serait le rôle de Vincent. Est-ce qu'il allait vraiment être entraîneur et joueur en même temps ? Ça paraissait compliqué à tenir sur la longueur. Surtout, pour moi, c'était assez étrange de jouer à côté de mon entraîneur. Tu sais, sur le terrain, pendant un match, tout va très vite. Tu ne penses pas toujours à tout ce que tu dis et tu as l'habitude de faire des remarques en criant du genre : " Oh, tu fais quoi toi là ! ". Et parfois, c'est inévitable, il y a des insultes qui volent. Là, avec ton coach, tu sais que tu dois rester poli. Ça, ce n'était pas évident. On se tutoyait et il faisait vraiment pleinement partie du groupe, mais malgré tout, ça rendait les rapports un peu plus compliqués. Le jour de mon transfert à Cologne, Vincent m'a rejoint sur le terrain et m'a donné un dernier entraînement. On n'était rien qu'à nous deux et on a travaillé pendant plus d'une heure. Uns contre uns, positionnement sur les centres, tout y est passé. Il ne devait pas faire ça, il n'avait rien à y gagner, mais il l'a fait. Rien que pour ça, je le respecte énormément. Pas que le joueur, mais la personne aussi. C'était un beau moment pour moi."... l'EURO reporté : "Je mentirais si je disais que le report de l'EURO n'était pas une bonne nouvelle, parce que ça m'ouvre des opportunités en plus. J'aurai sans doute plus de chance d'y être dans un an, mais cette chance reste infime. On va dire que de 1%, je passe à 5% l'an prochain. Si je joue une très bonne saison ! Parce qu'un Vertonghen, même à 45 ans (sic), je le veux encore bien dans mon équipe. Je ne crois pas qu'il faille miser sur le fait que ces joueurs-là arrêtent, mais c'est à nous, les plus jeunes, de nous faire petit à petit une place. J'ai vu des scouts anglais de l'équipe nationale en stage cet hiver lors d'un amical contre Genk et je sais que j'ai été observé par la suite cette saison, mais rien d'exceptionnel. J'avais aussi eu l'occasion de m'entretenir avec Roberto Martinez lors de l'EURO U21 l'été dernier, mais en vrai, je ne croyais pas trop en mes chances pour en être cette fois-ci. J'y serais allé avec plaisir, mais plus comme kiné ou délégué alors (rires). Honnêtement, je crois qu'il y a des joueurs qui le méritaient plus que moi. En dehors des cadres habituels, je pense à Dedryck Boyata au Hertha Berlin, qui est déjà bien intégré dans le groupe des Diables ou à un Jason Denayer, qui est capitaine à Lyon. Ce n'est pas rien quand-même. Il en aurait fallu beaucoup pour que je leur passe devant."Retrouvez l'intégralité de l'interview de Sebastiaan Bornauw dans votre Sport/Foot Magazine