L'année de ta naissance, il y a la Coupe du Monde en Angleterre. Tu ne regrettes pas de n'avoir jamais joué là-bas ?

SCIFO : Si je dois avoir un regret, c'est celui-là ! Il y a eu une approche très sérieuse quand j'étais à Monaco. Tottenham me voulait absolument. Mais la réponse de Monaco a été catégorique : njet, njet, njet. Moi, j'étais chaud. J'étais à l'aise à Monaco, dans une bonne équipe où je gagnais très bien ma vie. Mais j'avais envie d'autre chose. Et j'étais sûr que je pouvais réussir en Angleterre. Je n'avais pas les qualités physiques qu'on voit chez beaucoup de joueurs de ce championnat, mais dans l'esprit, je m'y retrouvais. Je voyais qu'il y avait un engouement dingue dans les stades anglais et c'est ce qui me manquait le plus à Monaco. Je revenais d'Italie, alors jouer les matches à domicile devant 2.000 personnes, c'était parfois pénible. Mais j'évitais de le dire parce que je savais ce qu'on allait me répondre : -Pourquoi tu es venu ? Tu le savais, quand même ? Donc, je n'osais même pas en parler. Je voyais aussi qu'il y avait énormément d'espaces dans le championnat anglais et ça me persuadait encore plus que je pouvais faire quelque chose de bien là-bas.

La même année, Dortmund est le premier club allemand qui gagne une Coupe d'Europe. Pour toi, la référence aujourd'hui, c'est plus l'Allemagne ou l'Angleterre ?

SCIFO : L'Allemagne est loin devant, les stats le disent.

Alors, tu peux dire pourquoi tous les joueurs se battent pour aller en Angleterre ?

SCIFO : Si, demain, on arrête de payer comme ça, l'Angleterre ne sera plus la référence. Il y a eu une période où l'Italie était la destination rêvée pour tous les footballeurs du monde. Parce que c'était là-bas qu'on payait le mieux. Maintenant, il y a quand même un autre aspect de l'Angleterre qui attire. Là-bas, ça joue. Partout, tout le temps. Tu vas voir un petit match, ça joue. J'ai vu un Arsenal - Birmingham, ce n'était pas spécialement une affiche, mais quel spectacle ! Tu comprends pourquoi les stades sont pleins alors que tous les matches passent à la télé. Ici, on se soucie de faire déjouer l'adversaire. En Angleterre, on cherche à imposer son jeu, qu'on joue le titre ou le maintien. Et donc, il y a des espaces. C'est probablement pour ça que des artistes qui n'ont pas réussi ailleurs font un carton en Angleterre. Quand il y a un joueur créatif en Belgique ou en France, on lui ferme toutes les portes. Dans le championnat anglais, ce n'est pas comme ça.

Par Pierre Danvoye

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L'année de ta naissance, il y a la Coupe du Monde en Angleterre. Tu ne regrettes pas de n'avoir jamais joué là-bas ?SCIFO : Si je dois avoir un regret, c'est celui-là ! Il y a eu une approche très sérieuse quand j'étais à Monaco. Tottenham me voulait absolument. Mais la réponse de Monaco a été catégorique : njet, njet, njet. Moi, j'étais chaud. J'étais à l'aise à Monaco, dans une bonne équipe où je gagnais très bien ma vie. Mais j'avais envie d'autre chose. Et j'étais sûr que je pouvais réussir en Angleterre. Je n'avais pas les qualités physiques qu'on voit chez beaucoup de joueurs de ce championnat, mais dans l'esprit, je m'y retrouvais. Je voyais qu'il y avait un engouement dingue dans les stades anglais et c'est ce qui me manquait le plus à Monaco. Je revenais d'Italie, alors jouer les matches à domicile devant 2.000 personnes, c'était parfois pénible. Mais j'évitais de le dire parce que je savais ce qu'on allait me répondre : -Pourquoi tu es venu ? Tu le savais, quand même ? Donc, je n'osais même pas en parler. Je voyais aussi qu'il y avait énormément d'espaces dans le championnat anglais et ça me persuadait encore plus que je pouvais faire quelque chose de bien là-bas.La même année, Dortmund est le premier club allemand qui gagne une Coupe d'Europe. Pour toi, la référence aujourd'hui, c'est plus l'Allemagne ou l'Angleterre ?SCIFO : L'Allemagne est loin devant, les stats le disent.Alors, tu peux dire pourquoi tous les joueurs se battent pour aller en Angleterre ?SCIFO : Si, demain, on arrête de payer comme ça, l'Angleterre ne sera plus la référence. Il y a eu une période où l'Italie était la destination rêvée pour tous les footballeurs du monde. Parce que c'était là-bas qu'on payait le mieux. Maintenant, il y a quand même un autre aspect de l'Angleterre qui attire. Là-bas, ça joue. Partout, tout le temps. Tu vas voir un petit match, ça joue. J'ai vu un Arsenal - Birmingham, ce n'était pas spécialement une affiche, mais quel spectacle ! Tu comprends pourquoi les stades sont pleins alors que tous les matches passent à la télé. Ici, on se soucie de faire déjouer l'adversaire. En Angleterre, on cherche à imposer son jeu, qu'on joue le titre ou le maintien. Et donc, il y a des espaces. C'est probablement pour ça que des artistes qui n'ont pas réussi ailleurs font un carton en Angleterre. Quand il y a un joueur créatif en Belgique ou en France, on lui ferme toutes les portes. Dans le championnat anglais, ce n'est pas comme ça.Par Pierre DanvoyeRetrouvez l'intégralité de l'article consacré à Enzo Scifo dans votre Sport/Foot Magazine