L'histoire de Ryota Morioka débute en avril 1991 à Joyo, Kyoto, dans la métropole d'Osaka. C'est là que se situe le berceau de la culture japonaise. Les gens d'Osaka sont plus extravertis que ceux de Tokyo et cela les aide à s'intégrer lorsqu'ils débarquent en Europe.
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L'histoire de Ryota Morioka débute en avril 1991 à Joyo, Kyoto, dans la métropole d'Osaka. C'est là que se situe le berceau de la culture japonaise. Les gens d'Osaka sont plus extravertis que ceux de Tokyo et cela les aide à s'intégrer lorsqu'ils débarquent en Europe.C'est son frère, trois ans plus âgé que lui, qui lui fait découvrir le football. "Il faisait aussi du baseball mais j'aimais moins", dit Ryota, qui avait 11 ans lors du Mondial 2002 dans son pays. "Je ne m'en rappelle pas tellement. Nous ne sommes pas allés voir de match mais je sais que la Belgique a joué contre le Japon. Il y avait d'ailleurs un Morioka dans l'équipe japonaise. Mais nous ne sommes pas de la même famille."Il a joué au foot à l'école. Il portait le numéro 44, qu'il a conservé. "Jusqu'à l'âge de onze ans, j'étais gardien", dit-il. "Personne ne voulait jouer au but." Comme les Brésiliens, il a perfectionné sa technique en salle car il a joué au futsal pendant cinq ou six ans mais c'est à l'absence d'un coach qu'il dit devoir sa vista. "Nous avions un entraîneur mais sa seule consigne était : Faites-vous plaisir. La tactique, c'était plutôt mon truc."Il compte deux sélections en équipe nationale. "J'ai joué cinq minutes contre l'Uruguay et j'ai été titularisé face au Brésil." Ce jour-là, le Japon a perdu 0-4 : quatre buts de Neymar. "Mais un seul quand j'étais sur le terrain", sourit-il. Par la suite, il n'a plus joué. Parce qu'il y a de la concurrence et parce qu'il ne défend pas suffisamment. "C'est ce que les entraîneurs me disaient toujours en équipes d'âge et c'est pourquoi j'ai peu joué lors de mes deux premières saisons chez les pros", dit-il.WroclawDu football européen, il connaissait surtout Barcelone. "Parce que notre coach à l'école était un grand fan, il nous montrait sans cesse des images." En janvier 2016, il fait ses valises à destination de Slask Wroclaw, où le Liégeois Michel Thiry l'a bien connu. "Il s'est très vite intégré. Il avait beaucoup d'impact sur le jeu. C'était un meneur de jeu qui marquait."Confronté à ces mots, le Japonais rigole. "En dehors du terrain, l'intégration a tout de même été difficile. J'avais appris l'anglais à l'école mais je ne comprenais rien et j'étais trop timide pour répondre. Alors, je demandais qu'on écrive tout. Un jour, nous avons fait un déplacement en bus mais la Pologne est un grand pays. Je pensais que nous en avions pour une heure mais le voyage a duré huit heures, j'étais complètement KO.""Sa deuxième saison a été moins bonne, plus irrégulière", précise Thiry. "Slask avait des problèmes financiers, le club était moins stable et jouait pour le maintien. Il ne parvenait pas à tirer l'équipe. Je pense que le football belge lui conviendra mieux car il est moins physique. En Pologne, le jeu est sans cesse arrêté, les joueurs tombent tout le temps. Morioka aime que le rythme soit plus élevé. Vadis Odjidja a connu le même problème, même s'il est plus complet que Morioka. Je pense que Beveren a fait une bonne affaire : offensivement, il a les mêmes qualités que Vadis. S'il prend un peu de muscle, il peut jouer à un niveau plus élevé."BeverenDaniel Declerck, qui en est à sa troisième saison comme scout pour Waasland Beveren, suit Morioka depuis longtemps. "En 2015-2016, nous nous sommes mis à la recherche de nombreux joueurs. C'est ainsi que je me suis retrouvé en Pologne pour observer un médian défensif et que, dans l'équipe adverse, j'ai vu Morioka. Je l'ai revu plusieurs fois par la suite et nous avons suivi son évolution."Lorsque Waasland Beveren s'est mis à la recherche d'un successeur à Siebe Schrijvers, reparti à Genk, son nom est revenu mais son club a refusé de le laisser partir. "Mais nous avons continué à le suivre. En mai, j'ai assisté au match contre Ruch Chorzow. Il a inscrit deux buts et délivré un assist. Après le match, j'ai pu parler avec lui et son agent."Entre-temps, Philippe Clement avait vu six matches de Morioka et était convaincu qu'il pouvait apporter quelque chose à l'équipe ainsi qu'à Zinho Gano. "Je voulais pouvoir faire une préparation complète et Waasland Beveren est le seul club qui m'ait fait une proposition concrète", dit Morioka, tandis que Declerck explique que le joueur cherchait un championnat avec plus de duels afin de tenter de retrouver sa place en équipe nationale.Declerck reconnaît que la deuxième saison de Morioka en Pologne a été moins bonne. "Les Polonais ne s'expliquent pas pourquoi mais il jouait en pointe et j'ai constaté qu'il jouait surtout pour lui. Il devait aussi beaucoup reculer et manquait de fraîcheur. Et puis, il jouait dans un stade de 40.000 places où il n'y avait que 9.000 spectateurs..."Declerck pense cependant que Morioka a raison d'être ambitieux. "Il lit le jeu plus vite que tout le monde et il ne perd pratiquement aucun ballon. Il est plus présent que Kubo, qui est un attaquant pur selon moi. Morioka aime toucher le ballon, jouer long ou court mais il faut qu'il se sente bien. En mai, lorsque nous l'avons approché, son épouse était enceinte et il a demandé à pouvoir commencer un peu plus tard, de façon à pouvoir assister à la naissance. Nous avons accepté."Erica et DanPendant cinq semaines, il a vécu à l'hôtel. Aujourd'hui, il est installé à Beveren et cette semaine, sa femme Erica et son fils Dan (en japonais) viendront le rejoindre. "Nous avons choisi ce prénom pour lui parce que c'est plus facile à prononcer que le mien."Sa femme se réjouit de découvrir la Belgique. Lui, il connaît déjà Amsterdam, Rotterdam, Gand, Anvers... En Pologne, quand ils voulaient rejoindre une grande ville (Varsovie, Cracovie, ...), ils en avaient pour quatre heures de route.Il est extraverti, ouvert, s'est bien intégré et a pris un excellent départ. "Deux buts, quatre assists... L'équipe est bonne et me permet de me mettre en évidence", dit-il. Il reconnaît tout de même qu'il ne savait pratiquement rien de notre pays. "Si ce n'est que beaucoup de jeunes joueurs y recevaient leur chance avant de partir jouer dans un plus grand championnat. Et c'est ce qu'il me fallait. En hiver, en Pologne, les terrains étaient mauvais, trop durs : nous jouions par les airs et ce n'était pas mon football."