1. Voir que le jeune homme timide que tu étais à ton arrivée ici en août 2017 est devenu un professionnel accompli est-il une satisfaction?
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1. Voir que le jeune homme timide que tu étais à ton arrivée ici en août 2017 est devenu un professionnel accompli est-il une satisfaction? Oui, bien sûr. Je peux être très fier de mes prestations. J'ai toujours voulu progresser. Ma timidité s'est estompée au fil du temps. Au début, mon intégration a été difficile. Gand était mon premier club étranger et je devais assimiler une autre langue, d'autres traditions. J'ai gagné en confiance. Surtout, je me suis renforcé sur le plan physique. En Belgique, il me fallait plus de puissance pour affronter des défenseurs très costauds. Par contre, mon explosivité a toujours été un atout. De 76 kilos, je suis passé à 83, voire 84. Que du muscle! Je ne me laisse pas bousculer. 2. Plus tard, que diras-tu à ton fils quand il te demandera quel a été le plus beau moment que tu as vécu avec les Buffalos?Ce n'est pas évident, car il y a eu de nombreux bons moments, mais l'un d'eux ressort quand même. Je pense spontanément au match nul 2-2 contre Wolfsburg dans la phase de poules de l'Europa League, en 2019-2020. J'ai inscrit deux buts et égalisé dans les arrêts de jeu. C'est un souvenir magnifique et aussi la confirmation que j'ai le niveau requis. Ça m'a fait plaisir. 3. Pourquoi Jonathan David a-t-il été le meilleur élément offensif (ou le plus efficace) avec lequel tu as joué à Gand? Parce qu'il a la classe, dans sa tête et dans les jambes. De telles qualités et l'importance qu'il a déjà, à son âge, sont exceptionnelles. Jo est un phénomène. Lille n'est pas son terminus, plutôt un tremplin vers l'Angleterre. Nous ne nous parlions pas souvent, mais nous nous trouvions les yeux fermés sur le terrain. Je parle de certaines actions de course, du jugement de différentes situations. Jo est timide, mais intelligent et plein de sang-froid devant le but. Je suis sans doute plus nerveux, mais entre-temps, je gère plus efficacement mes occasions de but. 4. Les statistiques sont cruciales pour les attaquants. Les tiennes se sont améliorées. Tu es passé de neuf buts et deux assists en 23 matches à huit et trois en 28 parties, puis à dix et un en 18 confrontations. Tu en es maintenant à 18 buts et six passes dé' en 30 joutes. Une évolution logique? Oui, on peut parler d'un processus naturel. Avec l'âge, je deviens plus mûr, plus malin. Je sais exactement ce qu'on attend de moi. Naturellement, on peut toujours mieux faire et je suis d'un naturel critique. Sans ça, on ne peut pas progresser et c'est pourquoi je travaille dur. La Belgique est une étape idéale vers les plus grandes compétitions. 5. Avec quel sentiment vas-tu disputer l'EURO, au terme d'une saison éprouvante, physiquement et mentalement? On ne m'entendra pas me plaindre d'être fatigué. Participer à un premier EURO reste quelque chose de spécial. Je suis prêt et impatient. L'Ukraine possède une bonne équipe, mais nous devons rester réalistes. La Belgique, la France et l'Angleterre sont favorites et peuvent gagner. Nous rêvons de franchir le premier tour. Nous sommes versés dans le groupe de la Macédoine du Nord, des Pays-Bas et de l'Autriche. Je suis le premier attaquant d'une légende, Andriy Shevchenko. C'est un honneur, mais aussi une énorme responsabilité. 42 millions de compatriotes espèrent que je ne les décevrai pas. Shevchenko procède en 4-3-3, un style très offensif, avec des accents italiens. Nous sommes très confiants. Nous avons déjà disputé des matches de bonne facture contre le Portugal et l'Allemagne. La différence de qualité était minime.