203 votants, 63 % de " oui ". La question de ce sondage : " Souhaitez-vous une défaite du Standard sur le terrain de Gand ? " Et donc, plus de 6 sondés sur 10 voudraient que les Rouches se crashent. Ce qui est étonnant, c'est que cette enquête est réservée aux... supporters du Standard.
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203 votants, 63 % de " oui ". La question de ce sondage : " Souhaitez-vous une défaite du Standard sur le terrain de Gand ? " Et donc, plus de 6 sondés sur 10 voudraient que les Rouches se crashent. Ce qui est étonnant, c'est que cette enquête est réservée aux... supporters du Standard. Explication : si le Standard s'incline, en ce jeudi de mai 2015, Gand fêtera le premier titre de son histoire. Parallèlement, ce n'est pas Anderlecht qui sera champion. D'où les souhaits des fans liégeois. Leur équipe, quatrième à ce moment-là, peut encore viser la troisième place, voire même la deuxième si tout s'emmanche vraiment bien. Mais non, ils n'y pensent pas. Ce qui les fait saliver, c'est un échec mauve après trois titres consécutifs. Lors de sa dernière conférence de presse avant ce match, José Riga, coach du Standard, ne rigole qu'à moitié de ce paradoxe : " Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Souhaiter la défaite de sa propre équipe, c'est la première fois de ma vie que j'entends ça. Mais ça ne m'étonne pas trop, finalement. Le Standard est un club spécial, à tous ses étages. Et pour les supporters, Anderlecht sera toujours l'ennemi. " Quatre jours plus tôt, Gand a provoqué un gros coup de tonnerre dans le ciel de notre foot. Victoire à Bruges, qui a ainsi perdu ses dernières illusions de titre après avoir fini la phase classique en tête. Gand est la meilleure équipe des play-offs, ça ne se discute pas. Et donc, ce match de l'avant-dernière journée est appelé à devenir historique. La Ghelamco Arena est sold out. Et les autorités communales aménagent à la hâte un écran géant sur le site du vélodrome, où 4.500 personnes pourront s'entasser. La boutique du stade a été dévalisée, il n'y a plus un seul maillot du cru 2014-2015 et le club décide de vendre déjà le modèle de la saison suivante, arrivé très tôt. Pour piquer le titre, Hein Vanhaezebrouck reconduit exactement la même équipe de départ qu'à Bruges. Sans Laurent Depoitre, qu'il a qualifié de " cadeau du ciel ". Son cadeau revient à peine de blessure, il s'est fait mal au dos en tapant le cadre du but contre Anderlecht et a raté trois matches. Il va s'installer sur le banc. Devant, on trouve le duo Moses Simon / Benito Raman. En maître de cérémonie derrière eux, Danijel Milicevic. Entouré de Sven Kums et Renato Neto. Tous des grands noms de la saison. Des gars qui sont montés en puissance tout au long du championnat. Juste avant le début des play-offs, Vanhaezebrouck avait déclaré, dans notre magazine : " On serait très contents avec la troisième place, ça nous qualifierait automatiquement pour les poules de l'Europa League. " Et aussi ceci : " Pour être champions, il nous faudrait plus de leadership, plus d'hommes avec des tripes. " Mais ça, donc, c'était avant. Avant les PO et un parcours nickel lors des 8 premiers rendez-vous : 5 victoires, 2 nuls, 1 défaite. Les Gantois ont un joker. S'ils ne sont pas sacrés chez eux face au Standard, ils iront jouer pour le titre trois jours plus tard à Anderlecht. Le match de l'année, un face-à-face en direct entre les deux prétendants à la couronne. Un scénario que le tout-Gand veut éviter. Le bourgmestre résume la situation : " On peut être champions ce jeudi. On peut être champions dimanche. On peut aussi ne pas être champions du tout. " Dans ce match, on a droit à un Standard moyen. C'est le dernier club qui a réussi à s'imposer sur cette pelouse (pile cinq mois plus tôt) mais il est imprévisible, c'est l'histoire de toute sa saison. Sans Jelle Van Damme et Imoh Ezekiel, ça ne veut pas tourner. José Riga a prédit que son équipe avait les armes pour " dérégler l'organisation gantoise " mais on ne voit pas grand-chose de tout ça. Peu avant la 20e, Sven Kums marque enfin son premier but de la saison. Il compte, celui-là. En début de deuxième mi-temps, Renato Neto double sur penalty. La fiesta peut commencer. Gentse Feesten, titrent des médias flamands le lendemain. Les Gentse Feesten, là-bas, c'est quelque chose. Des fêtes gigantesques à ciel ouvert, chaque année en juillet. On raconte que c'est l'un des événements populaires les plus importants en Europe, à la limite sur le même pied que l'Oktoberfest de Munich. Pendant dix jours, ça sent la bière et le ketchup à plein nez. En 2015, les Gentse Feesten sont bien à l'avance. " La folie complète, une soirée débridée ", se souvient Danijel Milicevic. " On n'avait pas joué un match exceptionnel contre le Standard, ce n'était sûrement pas notre plus belle prestation de la saison. C'est un soir où l'enjeu a paralysé le jeu. Mais quel bonheur au bout du compte ! On se retrouvait en Ligue des Champions, qualifiés d'office pour la phase de poules. Et on avait une grosse envie : tirer Barcelone. On se voyait sur la même pelouse que Lionel Messi, Luis Suarez et Neymar. Moi, je m'imaginais aussi en face de mon pote Ivan Rakitic. En plus, Hein Vanhaezebrouk parlait régulièrement du jeu du Barça dans ses discours tactiques, ça nous donnait encore plus envie d'affronter cette équipe. " Et ce soir-là, on découvre un club à l'étranger. Par exemple, l' AgenceFrancePresse diffuse ce communiqué : Le club de La Gantoise est devenu champion de Belgique de football pour la première fois de son histoire (...) Les favoris que sont généralement Anderlecht, le FC Bruges et le Standard de Liège ont été surpris par cette équipe qui monte en Belgique.