"Ce qui m'excite avant tout, c'est ce stade qui va être rempli comme il ne l'a plus été depuis des années. Ça va sentir le boudin et les frites, ça va me rappeler des bons moments du passé. J'espère surtout qu'il y aura du plaisir et du fair-play. Sur le terrain et en dehors. Un derby comme celui-ci doit être une fête. "
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"Ce qui m'excite avant tout, c'est ce stade qui va être rempli comme il ne l'a plus été depuis des années. Ça va sentir le boudin et les frites, ça va me rappeler des bons moments du passé. J'espère surtout qu'il y aura du plaisir et du fair-play. Sur le terrain et en dehors. Un derby comme celui-ci doit être une fête. " Ça, c'est Nostramazzù en préface du clash de la quatrième journée des play-offs 2014-2015. Les premiers que Carolos et Standardmen disputent en même temps - Charleroi est qualifié pour la première fois de son histoire -. Felice Mazzù le sent bien, ce clash. Question de feeling et de timing, aussi : il va se jouer cinq ans jour pour jour (et à la même heure ! ) après la dernière victoire de Charleroi contre le Standard. Objectif commun de la soirée : éviter le bonnet d'âne, ne pas tenir la lanterne rouge au terme du match. Avant le coup d'envoi, le Standard est cinquième, Charleroi sixième. Malheur au vaincu. Le Mambourg est sold out pour la première fois depuis sept ans : 14.949 personnes. Et c'est chaud. Comme d'habitude pour le duel des ex-bassins sidérurgiques. Comme d'habitude, on a ici deux camps de supporters qui se détestent. Pendant une heure et demie, le spectacle est haletant. Sur la pelouse et dans les tribunes. Le Standard de José Riga reste sur deux défaites après avoir commencé les play-offs en battant Anderlecht. Ce jour-là, on a parlé de titre possible. Il faut reprendre d'urgence la marche en avant pour y croire à nouveau. Les échanges sont débridés, les deux équipes vont toucher chacune deux fois le cadre adverse. Mais au jeu de l'efficacité, c'est l'équipe de Mazzù qui fait mieux. A la 39e minute, Dieumerci Ndongala roule Dino Arslanagic puis envoie un centre vers Clément Tainmont qui profite d'une mésentente entre Yohann Thuram et Martin Milec : 1-0, le marquoir ne bougera plus. Charleroi saute le Standard au classement et devient la " première équipe wallonne ". Le Standard confirme son creux et n'évite la dernière place provisoire des PO que grâce à la correction prise par Courtrai à Anderlecht (5-1) qui vaut aux Flandriens une moins bonne différence de buts que les Liégeois et les cale au sixième rang. Déjà raillé quelques jours plus tôt pour s'être emmêlé les pinceaux tactiques contre Gand (où il avait mis Adrien Trebel sur un flanc), José Riga en prend à nouveau plein la tronche au Mambourg. Les supporters du Standard ne comprennent pas sa passivité devant le banc, ils ne captent pas non plus son seul changement en cours de match, la montée du pâle Yuji Ono à la place de Trebel. Parce que le Japonais, joueur marketing de Roland Duchâtelet, n'est pas du tout habitué à renverser des situations compromises. Alors, le public liégeois tire sa conclusion avant même la fin du match : " Riga démission. " Et parlons-en, de Roland Duchâtelet... Quelques heures après la défaite, il est signalé sur la piste de danse d'une salle du stade de Saint-Trond, qui fête son retour en D1. Rock et grand sourire, ça passe très mal auprès des supporters du Standard. Mais ce n'est pas ça le pire... Ce Charleroi - Standard a été (une fois de plus) celui de toutes les provocations. De la longue histoire de la rivalité entre les deux camps, on va simplement rappeler un calicot déployé dans le même stade, quelques années plus tôt, par des supporters du Standard : " Vous êtes à l'image de votre région : sinistrés ". Et un chant entonné par le kop carolo, sur l'air des inoubliables Poppys : " Non non rien n'a changé, le Standard nous fait chier hé hé. " Ludique ? Ce qui se passe au Mambourg ce 25 avril 2015 ne l'est plus du tout. On est trois mois exactement après la banderole de la honte, à Sclessin, celle qui représentait la décapitation de Steven Defour pour son retour avec Anderlecht. On croit comprendre que les gens de Charleroi n'ont pas goûté. En plein match, ils affichent ceci : " Ultras islamistes, les seuls à décapiter, c'est vous. " Et encore ceci, sur un autre thème : " J'ai la syphilis, je suis sans papiers, je suis UI96. " UI96, ce sont les Ultras Infernos. Et une dernière pour la route... " Standard, Sankt-Pauli, Hapoel, Den Bosch : la consanguinité nous rapproche. " Les JT du dimanche évoquent les incidents en tribunes, plus que le match en lui-même. Les journaux du lundi noircissent des pages sur le sujet. La presse étrangère, aussi, s'empare du scandale. C'est évidemment le thème de la décapitation qui ne passe pas. En France, L'Equipe et le Figaro commentent les débordements de la soirée. Nos voisins évoquent " La nouvelle banderole qui scandalise la Belgique. " Chez nous, c'est surtout l'absence de condamnation par la direction de Charleroi qui fait jaser. On lit dans le Sport Foot Magazine du mercredi : " Au-delà de l'élan populaire et de la victoire prestigieuse du Sporting, ce sont ces banderoles qui resteront gravées dans la mémoire. Au contraire de leurs homologues liégeois qui avaient vivement regretté et condamné le tifo anti-Defour, les dirigeants carolos ont complètement raté le coche, minimisant les incidents, vantant la liberté d'expression et rigolant même parfois de blagues qu'ils auraient bien qualifiées de potaches. " C'est le discours de Mehdi Bayat qui a heurté : " La liberté d'expression est valable pour tout le monde, même pour des supporters. Non, ces slogans ne m'ont pas choqué plus que ça. Je suis même extrêmement fier de mes supporters. " Bon, on aurait préféré que ce clash dégage simplement une bonne odeur de boudin et de frites.