Début des années '90, alors qu'il termine ses quatre années de contrat à l'Antwerp, Nico Claesen s'en va dans le bureau du truculent président du Great Old, Eddy Wauters, pour négocier.
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Début des années '90, alors qu'il termine ses quatre années de contrat à l'Antwerp, Nico Claesen s'en va dans le bureau du truculent président du Great Old, Eddy Wauters, pour négocier. " Dans mon contrat, il était inscrit que si on jouait la Coupe d'Europe pendant mes deux premières saisons, je serais automatiquement prolongé de deux ans ", dit-il. " Mais Wauters a refusé de me donner plus qu'une année. Comme ça ne me plaisait pas, j'ai signé au Germinal Ekeren. " Dans son impeccable salon de la banlieue de Maasmechelen, l'ancien attaquant n'a aucun mal à assumer le fait d'avoir porté les vareuses de différents clubs anversois. " Les fans des des deux camps m'aimaient bien parce que j'étais honnête et que je leur expliquais tout ce qui se passait en détail. Et puis, il faut bien dire que la rivalité Antwerp-Ekeren n'était pas du niveau d'Antwerp-Beerschot. " Franc en dehors des stades, Nico était aussi un blagueur dans les vestiaires et un noceur. Outre la performance sportive historique des Diables au Mexique, en 1986, il garde en mémoire les sorties en boîte qui ponctuaient chaque match. Du groupe de 22, seul Lei Clijsters faisait l'impasse et s'en allait dormir en premier, en vrai professionnel. " J'étais souvent avec Filip Desmet ", se remémore Claesen. "Après le dernier match de poules, contre le Paraguay, alors qu'il avait la diarrhée depuis une semaine - pour sortir, en revanche, il était ok - on revient à 6 heures du matin et on croise Guy Thys dans le lobby : " À 10 h entraînement, hein ! " À peine rentré dans ma chambre, j'entends du bruit dans celle de De Smet : il était tombé, plaqué au sol par plein d'objets placés sur sa route, comme des obstacles. C'était un coup de Lei pour savoir quand il rentrait, histoire de pouvoir l'engueuler. " De son français resté impeccable, Nico Claesen conserve un bel accent liégeois, trace de son passage au RFC Sérésien et, plus tard, au Standard de Liège. " À Seraing, si je n'avais pas appris le français, je n'aurais absolument rien compris. Je me retrouvais avec des gars comme Henri Bernardi, qui ne parlait que wallon et ne pétait pas un mot de flamand. Il me répétait sans cesse : " Tu vas comprendre ! Tu vas comprendre ! " En équipe nationale et à Sclessin, Claesen va également nouer de très bons contacts avec Michel Renquin, au point que ce dernier lui demande un jour de lui ramener un bouledogue du Limbourg. " Je suis d'abord allé me renseigner avec ma femme, qui s'y connaît bien en animaux, et le lendemain, on a pris ma voiture neuve et on est parti le chercher avec Michel. Le chien faisait déjà cette taille-là ( il montre un énorme écart avec ses bras, ndlr). On l'a mis dans le coffre, mais il a chié à crever sur tout le trajet, c'était incroyable ! " Forcé de tout nettoyer en revenant chez lui, Nico est loin d'imaginer la suite. Deux jours plus tard, Michel lui ramène le chien à l'entraînement : il n'en veut plus. En coup de rétro rapide sur sa carrière, l'ancien attaquant évoque son flirt avec le PSG à l'issue de la saison 1983-84. Une campagne qui l'avait couronné meilleur buteur de D1 belge avec Seraing. Si Francis Borelli, le président parisien de l'époque, justifiera par la suite l'échec des négociations en prétextant que " cet attaquant n'a pas le charisme indiqué pour réussir au Parc des Princes ", Nico a une autre explication : " Je me souviens surtout d'avoir opté pour Stuttgart parce que je regardais toujours Sportschau le samedi après-midi. Je ne connaissais rien du tout du championnat français. " Les transferts de Nico ne se sont jamais négociés avec un agent. En véritable businesswoman, c'est sa femme qui gérait les discussions. Au moment de rejoindre Tottenham, elle a ainsi refusé la maison offerte par le club. " Elle voulait qu'on l'achète et que l'on inscrive dans le contrat qu'elle nous serait remboursée au même prix au moment de mon départ si on ne parvenait pas à la revendre. Finalement, on l'a vendue pour le double du prix. " En fin de carrière, Claesen profite des jours sans entraînement à Saint-Nicolas puis Beringen pour débuter sa reconversion dans la construction. " Mon père m'avait appris le métier en me demandant, quand j'avais dix ans, de construire le chemin de pavés qui mène au garage. Le Limbourg adore la brique. Moi aussi. " Une fois retraité, l'ex-Diable Rouge s'offre toutefois une petite parenthèse foot en cumulant un job de scout pour les jeunes de l'équipe nationale avec un rôle de formateur dans une école de talents sportifs. C'est par la suite qu'il accepte de travailler puis de reprendre la gestion de la société de construction de son beau-père. " Ma femme est le véritable chef d'entreprise, mais c'est moi qui suis sur le terrain au quotidien. Toutes les semaines, je rencontre les architectes et les clients pour discuter des différents projets en cours. J'ai aussi un rôle dans la logistique et je suis encore actif dans la construction en tant que maçon. " Tous les dix ans, Claesen revend d'ailleurs sa maison pour en construire une nouvelle de ses propres mains...