Situé en plein coeur du centre-ville liégeois, le restaurant San Daniele ne désemplit jamais. Cet établissement est tenu par l'ancien défenseur du RFC Liège, Moreno Giusto. À l'image de l'homme, la cuisine y est généreuse, simple mais, surtout, savoureuse. C'est devant un bon verre de vin et avec beaucoup d'humour que le maître des lieux se racontera durant près de 5 heures. Rien que ça.
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Situé en plein coeur du centre-ville liégeois, le restaurant San Daniele ne désemplit jamais. Cet établissement est tenu par l'ancien défenseur du RFC Liège, Moreno Giusto. À l'image de l'homme, la cuisine y est généreuse, simple mais, surtout, savoureuse. C'est devant un bon verre de vin et avec beaucoup d'humour que le maître des lieux se racontera durant près de 5 heures. Rien que ça.Cependant, n'espérez pas le retrouver derrière les fourneaux, c'est sa maman qui s'occupe de cuisiner. "Je ne sais même pas me faire cuire un oeuf", rigole-t-il. "Moi, ce que je préfère, c'est le contact avec les gens, l'accueil." Ce resto, il le tient depuis 21 ans. Depuis la fin de sa carrière, en fait. "Je n'ai pas eu de vide puisque j'ai lancé, avec l'aide de mes parents, mon établissement un mois et demi après avoir arrêté le foot. Le nom ? C'est un hommage à la région d'où est originaire mon papa."S'il s'est lancé dans la restauration, c'est à cause - ou grâce - à ses parents. "Ils ont fait ça toute leur vie. Ils ont tenu deux ou trois établissements à Liège et m'ont aidé ici. D'ailleurs, ma plus grande chance dans la vie, ce n'est pas d'avoir été footballeur pro mais bien de les avoir eus eux", affirme-t-il. Si la salle est toujours remplie, Moreno en explique la raison. "Nous sommes sérieux mais aussi gentils, ouverts, aimables et nous avons le sens de l'accueil liégeois", glisse-t-il avec un clin d'oeil.Chouchou du publicOn en viendrait presque à oublier qu'en face de nous, c'est un joueur qui a presté durant près de 15 saisons en D1 (83-96). Toutes chez les Sang et Marine. "Je suis toujours resté fidèle à mon club, contrairement à mes femmes (rires)." Et de rembobiner : "Le choix du RFC Liège était simple : premièrement, c'était le club le plus proche du domicile de mes parents. Ensuite, il y avait Osvaldo Lesti qui jouait là-bas. Ce club n'hésitait pas à donner sa chance aux joueurs d'origine italienne, contrairement au Standard. J'ai démarré en équipe première quand le club, en proie à des difficultés financières, avait choisi de jouer la carte de ses jeunes", poursuit-il. "Avec quelques autres, j'ai eu la chance d'être là, performant et disponible. Pour mon entrée en matière, contre Anderlecht, je devais tenir Erwin Vandenbergh. Pas vraiment un cadeau ! J'ai même failli ouvrir la marque mais ma tête a trouvé la barre de Jacky Munaron."Sur les prés, Moreno Giusto n'était pas du genre à faire dans la dentelle. "Je n'étais pas un grand technicien", confesse-t-il au moment d'évoquer la rudesse de son jeu. "Mais j'étais efficace dans ce rôle-là. Des joueurs rugueux comme moi, qui font du défensif à 90 %, aujourd'hui, on n'en trouve plus."À Liège, il pouvait en tout cas compter sur le soutien du public. "J'étais le chouchou des spectateurs parce que je jouais avec eux. J'envoyais toujours le ballon dans les tribunes", glisse-t-il, malicieux. "Mais, par contre, Jacky Munaron vous dira qu'en finale de Coupe de Belgique, on a tous lancé notre maillot dans les gradins et que le seul qui est revenu, c'est le mien (rires)."Cinéma et canidésEntre les "Sang et Marine" et son restaurant, le lien est étroit. "Robert Waseige vient manger tous les mercredis. Il y a également un noyau dur d'anciens joueurs qui répondent régulièrement présents : Fred Waseige, Raphaël Quaranta, Pierre Drouguet, Luc Ernès et Didier Quain." On peut aussi régulièrement voir d'autres têtes connues, comme celle de Francis Schutten, aujourd'hui directeur de l'école des jeunes à Seraing et ancien directeur général du club.Hormis son restaurant, Morè cultive également une grande passion pour le cinéma. "Je possède la même voiture que Roger Moore dans Le Saint. Une volvo P1800 blanche. Depuis qu'il est mort, je reçois régulièrement des demandes pour la vendre. Mais il en est hors de question."Il y a peu, l'homme s'est même essayé au métier d'acteur. "Dans un téléfilm de Thierry Dory, Avenue Louise. Je joue un ouvrier du bâtiment étranger. J'ai quelques répliques ! Ça sortira au printemps prochain", sourit-il. "Mais comme le dit si bien Robert Waseige, j'avais déjà fait du cinéma toute ma vie à Rocourt (rires)."Indépendamment de cette passion pour le 7e art, Moreno Giusto est également un grand amoureux des chiens. "J'en ai plusieurs que j'ai recueillis à la SPA, avec l'aide de sa directrice, Madame Limme, ou que j'ai trouvés en rue."Et puis, évidemment, il y a l'Italie. "Trois fois par an, je pars à Musi, dans le Frioul. C'est un petit village dans les montagnes qui compte 80 habitants et... 14 cafés ! On en fait le tour et on n'est saoul qu'une fois, du début à la fin", rigole-t-il. Bonne humeur et bon vivant, c'est ça Moreno Giusto.PAR JULIEN DENOËL