"Pour beaucoup, c'est effectivement une décision surprenante", reconnaît Sepp De Roover, assis derrière son bureau du garage Land Rover/Jaguar Peeters à Herentals. "J'ai quand même fait une croix sur une belle petite somme d'argent. C'est précisément cet aspect-là qui m'a amené à prendre cette décision. Je n'avais pas envie de pomper l'argent du NAC sans l'avoir totalement mérité. Ni de me blesser et continuer à percevoir des sommes folles. Je n'ai jamais lié mes choix à l'aspect financier, choisissant toujours mes clubs en fonction de l'entraîneur, des coéquipiers, de la ville, des conditions de vie. La seule petite exception à la règle, fut Lokeren. Et, après coup, ce fut le choix le moins heureux."
...

"Pour beaucoup, c'est effectivement une décision surprenante", reconnaît Sepp De Roover, assis derrière son bureau du garage Land Rover/Jaguar Peeters à Herentals. "J'ai quand même fait une croix sur une belle petite somme d'argent. C'est précisément cet aspect-là qui m'a amené à prendre cette décision. Je n'avais pas envie de pomper l'argent du NAC sans l'avoir totalement mérité. Ni de me blesser et continuer à percevoir des sommes folles. Je n'ai jamais lié mes choix à l'aspect financier, choisissant toujours mes clubs en fonction de l'entraîneur, des coéquipiers, de la ville, des conditions de vie. La seule petite exception à la règle, fut Lokeren. Et, après coup, ce fut le choix le moins heureux."Depuis tout petit, De Roover est fasciné par les voitures. "Je collectionnais des modèles à échelle réduite. La mécanique, le design, le prestige d'une voiture : pour moi, c'est de l'art. Surtout chez Jaguar. Je n'aurais probablement pas succombé pour une autre marque." Il avait lui-même déjà piloté plusieurs modèles, c'est d'ailleurs de cette manière qu'il est entré en contact avec le concessionnaire Peeters à Herentals. "La marque a évolué, pour se rapprocher d'un public de plus en plus jeune et varié. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai été engagé. Je savais qu'ils cherchaient quelqu'un, j'ai posé ma candidature et j'ai apparemment laissé une bonne impression. J'ai débuté dans la fonction quelques mois plus tard."Sa trajectoire ? À 9 ans déjà, il quitte Geel pour poursuivre sa formation à Tilburg, dans les rangs de Willem II. Il y reste jusqu'à 15 ans, puis retourne à Geel pour 18 mois. Il n'a que 16 ans lorsqu'il a débuté en équipe Première sous la direction de Stéphane Demol. À l'époque, c'est encore un joueur de flanc offensif. Ce n'est que lorsque Guus Hiddink est venu le chercher un an plus tard, qu'il a compris que son avenir se situait à l'arrière droit.Au contrôle antidopage avec RonaldinhoÀ 18 ans, De Roover intègre le noyau A du PSV, où il s'entraîne avec des joueurs de classe mondiale comme Arjen Robben ou Alex. Mais c'est précisément durant cette période-là que l'évolution du défenseur belge subit un premier coup de frein. Il se déchire les ligaments croisés du genou droit. De Roover se rétablit, et après des prêts au FC Eindhoven et au Sparta Rotterdam, il aboutit au FC Groningue. Là-bas, dans le nord de la Hollande, tout semble rentrer dans l'ordre. Il devient titulaire indiscutable et fait également son trou chez les Espoirs belges. De Roover fait partie de l'équipe qui atteint les demi-finales des Jeux olympiques 2008 à Pékin, pour finalement échouer au pied du podium.Il est alors l'arrière droit titulaire dans cette équipe qui compte de futures stars comme Marouane Fellaini, Mousa Dembélé, Vincent Kompany ou encore Jan Vertonghen. Il n'a pas raté une minute du tournoi. Pourtant, il retient surtout les petites anecdotes, davantage que les exploits sportifs. Comme l'instant où il a pu discuter avec Ronaldinho après la demi-finale contre le Brésil, pendant qu'ils attendaient ensemble de se soumettre au contrôle anti-dopage.Les JO 2008, un souvenir inoubliable"Pékin restera toujours le plus beau moment de ma carrière footballistique", admet-il. "Ils ne sont pas nombreux, les footballeurs qui peuvent raconter avoir croisé des athlètes comme Usain Bolt et Haile Gebrselassie au village olympique. Cette même année, Dick Advocaat m'a convoqué pour la première fois chez les Diables Rouges. Ça m'a donné le sentiment que je pouvais viser plus haut. Peut-être pas le top européen, mais une bonne équipe de milieu de classement dans un bon championnat."Malheureusement, quelques semaines après ses débuts chez les Diables Rouges, le 14 novembre 2009 contre la Hongrie, le sort frappe de nouveau. Comme le médecin l'avait prédit, son autre genou le lâche lors d'un match avec Groningue. "Les ligaments croisés, l'articulation, le cartilage... la totale. Dès cet instant, j'ai compris que je pouvais faire une croix sur mes ambitions. Je sentais que je ne retrouverais plus jamais mon meilleur niveau."C'est aussi cette constatation qui a poussé De Roover à tourner la page du football, à 30 ans seulement. "Au bout du compte, j'aurai quand même été footballeur professionnel pendant 14 ans. Le ballon rond me passionne toujours autant, que ce soit comme acteur (il joue pour le plaisir, comme attaquant, à St-Dimpna en 3e Provinciale, ndlr) ou comme spectateur. Mais tout ce qui tourne autour ne m'a jamais intéressé : les interviews, les fan-days... Je n'aime pas trop me retrouver sous les feux des projecteurs."Pas le moindre regretC'est avec le sentiment du devoir accompli et sans rancoeur qu'il regarde désormais dans le rétroviseur. Dans son bureau, on ne trouve aucun souvenir de cette période-là. "Je suis toujours étonné du nombre de gens qui me reconnaissent encore. On s'en rend vaguement compte lorsqu'on est joueur, mais ce n'est que lorsqu'on a raccroché les crampons qu'on réalise à quel point on représentait quelque chose pour certaines personnes."PAR MATTHIAS STOCKMANS